Publié le 5 Dec 2024 - 19:37

Et si on interdisait aussi la météo critique ?

 

Alors, voilà ! Le régime pastefien commence fort : une liste officielle des médias « agréés » vient de tomber, et comme par hasard, tous ceux qui osent ne pas chanter les louanges du gouvernement se retrouvent dehors. Une manière subtile de dire : « Si tu veux parler, parle de nous en bien, ou tais-toi pour toujours. »

Mais soyons optimistes, peut-être que la prochaine étape sera d’interdire aussi la météo si elle annonce des nuages sur Dakar au lieu du soleil permanent promis par le gouvernement. Après tout, qui a besoin d’opinions diverses quand une seule vérité suffit ? La leur, bien sûr.

On pourrait en rire, mais c’est franchement inquiétant. La liberté de la presse, ce n’est pas juste des journalistes qui parlent dans des micros, c’est la voix des citoyens, le miroir d’une société, le garde-fou contre les abus de pouvoir. En muselant les médias critiques, ce n’est pas seulement des rédactions qu’on fait taire, c’est tout un peuple qu’on prive de son droit à la vérité.

Alors, à quoi devons-nous nous attendre maintenant ? Une application officielle pour valider nos conversations privées ? Une liste des pensées autorisées ? On rigole, mais la pente semble glissante, et le bas de la descente n’a rien d’amusant.

Il est temps de rappeler que gouverner, ce n’est pas contrôler, c’est convaincre. Une démocratie où tout le monde applaudit, c’est juste une pièce de théâtre mal jouée. Et pour le Sénégal, un pays fier de ses traditions de liberté, c’est une mauvaise plaisanterie qu’il faut arrêter avant qu’elle ne devienne une tragédie.

Alors, pastefiens et critiques, libérez les micros. Le peuple sénégalais a besoin de toutes les voix, pas juste d’un solo.

 

Ibrahima Thiam, Président du mouvement Un Autre Avenir

#senegalkese

 

Section: 
PAYER LA BOURSE, STABILISER LE CALENDRIER UNIVERSITAIRE La réforme de l’enseignement supérieur et le défi du service public
Pour un Nouveau Modèle Pédagogique des Programmes d’Enseignement dans les Universités et des Instituts Supérieurs de Formation au Sénégal.
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?
NÉCROLOGIE : Christian Valantin : mémoire de notre histoire institutionnelle et diplomatique et emblème de l’unité culturelle du Sénégal
DIOM, FOULLA AK FAYDA : L’ADN immuable du sport sénégalais
CAN 2025 : Puisse la communion durer...
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA FIFA Finale de la CAN 2025 : Quand l’impartialité devient un impératif politique mondial
SENEGAL–MAROC : Héritage commun, destin solidaire au-delà des rivalités sportives
“Zéro talibé mendiant dans la rue’’ : objectif inatteignable ?
MAROC - SENEGAL : Quand la politique tue le football !
L’île de Gorée est un lieu de révolte, de liberté et de dignité, mais pas seulement un site de mémoire victimaire de l’esclavage
PROTÉGER LE PATRIMOINE MANDINGUE Un enjeu stratégique pour l’influence culturelle du Sénégal en Afrique de l’ouest tique culturelle peut véritablement faire sens. Culture, narratifs et influence à l’ère du numérique et de l’IA
Lettre ouverte à Monsieur Amadou BÂ, Ministre de la Culture du Sénégal
Notre souveraineté à l’épreuve de la dette
LIVRE - PAR TOUS LES MOYENS : Dix voix féminines sur le monde
La politique de l'oubli et la défiguration urbaine : Une analyse historique des blessures de Dakar
Attention, nous sommes sur une pente glissante
Piratage massif des Impôts et Domaines : Le pire arrivera si l’État ne fait rien