Publié le 12 Feb 2026 - 13:37

Crise dans le secteur de la santé

 

Le secrétaire général de l’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé et de l’Action Sociale And Gueusseum, Mballo Dia Thiam, était hier l’invité des “Mercredis” de l’Association des Journalistes en Santé, Population et Développement (AJSPD).

Face à la presse spécialisée, le syndicaliste est revenu sur les points de blocage des négociations avec le gouvernement et a justifié la grève de 96 heures en cours. D’emblée, le patron d’And Gueusseum a tenu à préciser que les revendications actuelles ne constituent pas de nouvelles doléances. « Nous n’avons pas de questions nouvelles. Il s’agit seulement pour le gouvernement d’apurer le passif social. Il a hérité d’un actif, mais il doit aussi s’occuper du passif », a-t-il déclaré.

Au cœur des tensions figure le paiement de l’indemnité de logement aux personnels des établissements de santé, notamment ceux recrutés depuis mai 2022. Selon Mballo Dia Thiam, ces agents n’ont toujours pas perçu cette indemnité, alors même que deux décrets ont été pris : l’un octroyant l’indemnité de logement, l’autre visant à corriger les disparités. « Les 8 milliards même qui avaient été dégagés pour le compte de ces travailleurs avaient été ensuite retirés. Donc, nous attendons cela », a-t-il soutenu. Il précise que le différend porterait notamment sur l’interprétation du protocole initial, que le gouvernement aurait limité à certaines catégories, alors que, selon le syndicat, l’indemnité devait concerner l’ensemble des personnels éligibles, qu’ils soient fonctionnaires ou non-fonctionnaires.

Pour le syndicaliste, cette indemnité participe d’une politique de lutte contre la pauvreté au sein du secteur. « Il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas de justice sans équité », a-t-il insisté, rappelant que le ministre des Finances demeure l’autorité habilitée à débloquer les subventions nécessaires. Au-delà de la question financière, And Gueusseum évoque également les blocages relatifs aux passerelles dans les plans de carrière. « Nous avons négocié, nous avons eu des accords. Un accord s'applique. Maintenant, nous n’avons que la grève. Et la grève, c’est l’arme du travailleur.

Elle est encadrée et nous avons respecté toutes les étapes avant d’y arriver », a expliqué Mballo Dia Thiam, affirmant que le mouvement n’est « pas de gaieté de cœur ». Le syndicat n’exclut pas un durcissement du ton si aucune avancée n’est enregistrée. Après l’annonce d’un sixième plan d’action et une grève de 96 heures, And Gueusseum prévoit d’évaluer la situation dans les prochains jours. À défaut de réaction de l’État, le mouvement pourrait s’étendre au boycott des réunions de coordination, des formations et de certains programmes de santé, avec, en perspective, une rétention des données sanitaires. « Nous sommes dans une perspective de lutte et de radicalisation », a averti le leader syndical, estimant que l’État dispose des moyens nécessaires pour satisfaire les revendications des travailleurs de la santé.

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