Publié le 28 Nov 2012 - 00:15
AÉROPORT LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR

Quand l’énigmatique AHS écrase la concurrence

 

L’aéroport Léopold Sédar Senghor est un microcosme où à peu près tout se sait. Un milieu où tout le monde se connaît. Seul semble faire exception l'énigmatique Aviation Handling Services (AHS) qui, dit-on, appartient à Karim Wade. Reportage.

 

Le calme règne à l'aéroport Léopold Sédar Senghor. L'ambiance n'est pas trop au rendez-vous. Les entrées et les sorties sont filtrées, en ce début d’après-midi. Toutes les discussions tournent autour de l'ancien ministre d’État Karim Wade et de son supposé Aviation Handling services (AHS). Mais on le fait le plus discrètement possible. Dans le hall, près de la porte de départ, un jeune travailleur daigne répondre à nos questions, mais à voix basse. Il ne veut pas se faire entendre par ses camarades. ''Vous voyez ce groupe là-bas. Ils travaillent dans la société de Karim Wade et gagnent beaucoup d'argent. Il sont très respectés'', informe-t-il, tout en dirigeant son regard vers un groupe qui passe.

 

De l'autre côté, vers la porte des arrivées, un autre travailleur ne cache pas sa joie de voir son ex-patron Karim Wade dans le collimateur de la gendarmerie. Ce père de famille a été expulsé d'AHS pour des raisons, dit-il, insignifiantes. Il vient de comprendre tout le mystère qui règne dans cette société. ''J'ai fais trois ans à l'AHS, mais je n'ai jamais connu le directeur. Charles Demolin (limogé pendant les élections) était présenté dans la société comme le directeur général, par intérim. On nous disait qu'on avait des concurrents. Donc, pour travailler à l'aise, il fallait que l'on soit le plus discret possible''. Ayant requis l'anonymat, il ajoute : ''Beaucoup de choses bizarres se passent dans cette société, que même les patrons ne maîtrisent pas.''

 

''Si Abdoulaye Wade était réélu, on aurait fermé boutique''

 

Si à AHS personne n'a voulu piper mot, à Sénégal Handling Service (SHS), on ne s'est pas fait prier pour décrire la situation. Des sources proches de la direction expliquent que les gens font l’amalgame entre les deux sociétés. ''Le SHS n'a jamais taillé de marchés juteux avec la collaboration de l'AHS. Nous avons été extrêmement lésés quand Karim gérait le ministère des Transports aériens. Il nous a causé beaucoup de tort. Il a réduit la fréquence des compagnies que nous assistons. Il s'agit, entre autres, de Bruxelles Airlines, Air Portugal et Air Europa. Les compagnies allaient vers l'autre société (AHS). Ils gagnaient tous les marchés qu'ils démarchaient eux-mêmes'', révèle-t-on.

 

Ces mêmes sources nous informent que, pour débarquer à Dakar, les compagnies recevaient des directives très strictes. ''Soit elles signent avec AHS, ou bien elles ne viennent pas à Dakar. Nous étions à genoux. Sénégal Airlines, c'est le SHS qui l'assistait, mais il s'est retrouvé finalement entre les mains d'AHS. Une société qui vient d'on ne sait où et qui a été créée par Karim Wade, mais son nom n'est pas déclaré parce qu'il a utilisé un prête-nom'', indiquent nos interlocuteurs. Toutefois, les dirigeants de SHS soulignent qu'ils n'ont dû leur survie qu'à leur professionnalisme. ''Nous sommes plus professionnels qu'eux. Et nous nous sommes battus pour demeurer, malgré les difficultés. Je vous jure que si Abdoulaye Wade était réélu, on aurait fermé boutique'', soulignent nos sources.

 

''Le plus petit salaire à AHS est de 400 000 francs''

 

Sous le couvert de l'anonymat, un autre travailleur précise que SHS est une société qui est né en 2002, des centres de AIR Afrique. Tandis que AHS a été monté une année ou deux après. Une autre personne renseigne qu'à AHS tous les travailleurs sont des patrons. Le plus petit salaire est de 400 000 francs. ''Si on arrive à épingler Karim Wade, dit-il, les travailleurs d'ASH vont pleurer. C'est une société qui recrute par connaissance et non par compétence. Et les salaires des travailleurs commencent à partir de 400 000 francs.''

 

 

Viviane DIATTA

 

 

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