Publié le 15 Dec 2012 - 05:20
ARTS - EXPOSITIONS ''PARTCOURS''

Captivantes Photorek

 

Captivantes et accablantes. C'est ce double sentiment qui anime tout assistant des projections de photos, démarrées avant-hier au centre Aula Cervantes du Camp Jeremy, en face de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).

 

Les exposants Elise Fitte-Duval, Mamadou Gomis, Matar Ndour et Javier Acebal ont, grâce à leurs clichés, mis en relief le quotidien dakarois à travers ses espaces publics et sa banlieue, dans le cadre de l'initiative ''Partcours : l'art dans la cité'' dont le top a été donné le mardi pour une durée de six jours.

 

Figurant parmi les 16 espaces culturels d'exposition, le centre Aula Cervantes accueille donc le concept Photorek qui montre la situation ''accablante'' des habitants de Guédiawaye en train de se débattre dans les inondations, selon Élise Fitte-Duval, photographe martiniquaise établie à Dakar. Laquelle à travers le thème ''Vivre les pieds dans l'eau'' met à nu la misère vécue ces dernière années par les populations de cette localité. Le décor des habitations dans les eaux verdâtres, des routes impraticables, est sinistre et insoutenable.

 

Moins morose, le photographe professionnel Mamadou Gomis promène son objectif dans les quartiers de Pikine pour immortaliser ''La vie au quotidien'' : affluence autour des marchés, des boutiques, des daaras (écoles coraniques). Pour sa part, son collègue Javier Acebal, photographe espagnol, s'est évertué, à travers ses photos ''vivantes'' et pleines de ''couleurs'', à mettre en exergue le côté festif et chaleureux de la vie au Sénégal, en particulier dans la banlieue dakaroise, à l'en croire.

 

''J'ai voulu monter, contrairement aux images de guerre et de famine véhiculées en Occident, qu'en Afrique, au Sénégal en particulier, il y a de la joie et du bonheur. Ces photos montrent des danses sénégalaises, Thiakhagoune et autres, les tenues élégantes et bigarrées des femmes dans les cérémonies de mariage et de baptême'', a expliqué Javier Acebal.

 

De son côté, Matar Ndour se singularise par ses photographies en noir et blanc dédiées à la ville cosmopolite de Guédiawaye. Selon lui, le noir et blanc donne ''envie de regarder les photos'', toutes les ''émotions'' que l'on veut partager avec les gens s'y dégagent parfaitement. Il se réclame adepte d'un ''dualisme'' qui se veut ''complémentaire''. Il se dit inspiré par cette phrase du célèbre musicien franco-camerounais Manou Dibango pour qui ''on ne peut pas peindre du noir sur du blanc, ni du blanc sur du noir. L'un a besoin de l'autre, d'où la dualité complémentaire''.

 

En fait, cette exposition s'inscrit aussi dans le cadre du projet Photorek, programmé entre septembre et décembre 2012 et consistant en une série de projections mobiles de photographies, soutenu par le service culturel de l’Ambassade d'Espagne au Sénégal et le Trias culture, entreprise de gestion de projets culturels et artistiques liés aux technologies numériques. A visiter entre 19h et 22h et jusqu'au 15 décembre.

 

 

Louis G. DIATTA et Aïcha Waly DOUMBIA

 

 

 

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