Publié le 28 Aug 2012 - 20:53
AVENIR DU SÉNAT

Youssou Ndour, d'hier à aujourd'hui

 

Dans le débat autour du maintien ou de la suppression du Sénat, Ousmane Tanor Dieng, Moustapha Niasse et les autres comme Abdoulaye Bathily ne semblent pas les seuls à faire dans le wax waxeet.

 

Presque tous ceux qui, aujourd’hui, sont au pouvoir ont retourné leur veste. Youssou Ndour, notamment, l’actuel ministre de la Culture et du Tourisme qui veut s’accommoder d’une institution qui participe à alourdir «le train de vie de l’Etat» qu'il s’était juré de réduire. C'était lors de sa déclaration de candidature à la présidentielle, en janvier dernier.Et dans la foulée, Youssou Ndour est allé à la rencontre d’Amadou Makhtar Mbow, pour, dit-il, signer la ‘’Charte de gouvernance démocratique’’ des Assises nationales. “Je m’engage à respecter les conclusions des Assises", avait-il déclaré.

 

‘’Les Assises nationales ont défini une nouvelle alternative et tracé la nouvelle voie pour un Sénégal meilleur. En venant adhérer aux Assises nationales, je prends l’engagement de respecter les principes, valeurs, règles, mesures et recommandations contenus dans la charte de bonne gouvernance et dans le rapport définitif des assises nationales’’, avait ajouté l’initiateur du mouvement Fekke ma ci boole. Or, parmi les ‘’recommandations’’ de la Charte de gouvernance démocratique des Assises nationales, il y a la suppression pure et simple du Sénat et son remplacement par un Haut conseil des collectivités locales, un organe qui n’a pas une fonction législative.

 

Mais aujourd’hui, Youssou Ndour a viré à 180° dans ses positions en moins de 9 mois dont 4 au pouvoir. Il défend en effet cette institution même s’il soutient qu’il ne veut ‘’pas entrer dans le débat autour de l’utilité du Sénat’’. Dans les colonnes de l’Observateur, la semaine passée, il déclarait : ‘’Mais si le chef de l’Etat devait maintenir cette institution, je suis pour qu’il la contrôle entièrement (…). Macky Sall doit avoir un homme de confiance comme dauphin constitutionnel, c’est important. On n’a plus le devoir, au Sénégal, de prendre des décisions qui pourraient nous conduire dans une situation critique et qui pourraient être une source d’instabilité. La deuxième personnalité de l’Etat doit être très proche du président de la République. Il faut des gages de sécurité. Cela relève de la pure logique politique.’’

 

BACHIR FOFANA

 

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