Publié le 29 Jun 2024 - 10:36
DPG

C'EST LE PM QUI A PEUR SINON Y'A RIEN...

 

Le débat sur la DPG du Premier Ministre fait à la une des quotidiens et reste le thème central des discussions de rue et de bureaux. La sortie du Président du groupe parlementaire Yewwi, vient rajouter de l’huile sur le feu quant à la nature caduque du règlement intérieur de l’Assemblée nationale édition Juillet 2021 donnant ainsi au PM la latitude de choisir quand il voudra à venir décliner la vision et les orientations de son gouvernement.

Toutefois, face à un vide juridique, argument défendu et démonté, un premier ministre démocrate, soucieux d'une alchimie entre l'exécutif et le législatif devrait favoriser toutes les synergies possibles pour rendre transparente l'action du gouvernement et permettre au peuple souverain d'interagir par le biais de ses élu(e)s au niveau de l’Assemblée nationale, car ce qui se fait pour nous sans nous, ce fait de facto contre nous.

Ci-dessous sont quelques points qui peuvent nous permettre de mieux apprécier le fait qu'un premier ministre, sous l'effet de l'éthique, de son intégrité morale et de son patriotisme devrait avoir hâte de venir faire sa Déclaration de Politique Générale à l'Assemblée Nationale:

1. POUR LE RESPECT DU DELAI RAISONNABLE

D’après la réalité sacrosainte de notre République, la déclaration de politique générale ne devrait pas dépasser le délai raisonnable suivant la pratique parlementaire. Et pour la bonne marche de la démocratie, le premier ministre peut souligner l'importance de respecter les valeurs symboliques de nos Institutions et de renforcer la séparation des pouvoirs. En faisant sa déclaration de politique générale devant l'assemblée nationale, il démontre son engagement pour une gouvernance transparente et responsable.

2. POUR LA VITALITÉ DE SA RESPONSABILITÉ POLITIQUE

En mettant en exergue son devoir de rendre compte des actions gouvernementales et sa vision politique à travers le PROJET, aux représentants du peuple Sénégalais, par une présentation de son programme, il prouve sa volonté d'assumer la lourde tâche de gouverner envers le pays et ses citoyens.

3. POUR LE DIALOGUE ET LA CONSULTATION

La tradition républicaine exige pour la concrétisation de la collaboration entre l'exécutif et le législatif, le dialogue et la consultation pour une meilleure prise en compte des aspirations du peuple sénégalais.

En présentant sa politique générale à l'Assemblée Nationale, il offre aux représentants du peuple l'opportunité de débattre librement des enjeux nationaux et de contribuer à la prise de décision.

4. POUR LA REVALORISATION DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Le premier ministre peut exprimer son souhait de renforcer l'image de l’Assemblée nationale en tant qu'institution sentinelle et vitale de la démocratie.

En y faisant sa Déclaration de Politique Générale, il démontre sa reconnaissance envers le pouvoir législatif donc, le peuple qui a fait qu'il soit et sa volonté de lui reconnaitre son pouvoir.

5. POUR L'INTÉRÊT NATIONAL

Le premier ministre peut souligner que sa Déclaration de Politique Générale vise avant tout à présenter ses engagements en faveur du développement et de l'intérêt national.

En exposant ses priorités et objectifs devant l'Assemblée nationale, il montre sa détermination à œuvrer pour le bien-être du pays.

6.  POUR LA CONFIANCE DES PTF

Au-delà de la population locale soucieuse de comprendre la direction du nouveau gouvernement, la DPG s'adresse également au PTF qui s'attendent à être clarifié sur la mise en œuvre du "PROJET". Depuis l'installation du Président Diomaye Faye la feuille de route du PROJET reste aérienne. Ainsi le premier ministre Ousmane SONKO  doit  saisir l'opportunité  pour apporter des reponses rassurantes afin que les PTF s'engagent à accompagner le PROJET

En effet, le rapport entre la déclaration de politique générale (DPG) du premier ministre et le débat d'orientation budgétaire (DOB) est étroit. En général, le premier ministre devrait d'abord présenter sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée nationale, en exposant ainsi la vision et   les grandes lignes de la politique gouvernementale. Il en sera suivi par le débat d'orientation budgétaire, au cours duquel le ministre des finances présente les grandes lignes de la politique budgétaire et financière du gouvernement pour l'année à venir. Cela permet de donner une vision plus globale de la politique gouvernementale avant d'entrer dans les détails financiers. Ce débat d'orientation budgétaire permet aux députés de se familiariser avec les projets de dépenses et de recettes du gouvernement, de poser des questions et de formuler des recommandations.

Il est donc peu probable et inapproprié pour nous les députés de cette 14ème Législature qu'un ministre des Finances puisse être invité à présenter un débat d'orientation budgétaire sans avoir préalablement reçu la déclaration de politique générale du nouveau premier ministre.

Il est connu que la déclaration de politique générale est souvent considérée comme un préalable indispensable pour comprendre les objectifs et les priorités du gouvernement,  elle sert de cadre pour les discussions budgétaire subséquentes.

Mais toutefois, d'après la déclaration du groupe parlementaire Yewwi, le règlement intérieur de l’Assemblée nationale edition Juillet 2021, distribué à tous les députés de cette 14ème Législature est caduc, raison pour laquelle le premier ministre n'a pas l'obligation de venir faire sa déclaration dans les 90 jours impartis et a le choix sur la date qui lui conviendra.

Pourtant, c'est ce même règlement intérieur que nous évoquions pour faire venir le PM Monsieur Amadou Ba à 5 jours de la date limite des 90 jours. C’est ce même règlement intérieur reconnu subitement faux à la date du mercredi 26 juin 2024 qui est servi comme prétexte pour un premier ministre apparemment pas prêt à venir affronter ses anciens collègues de la deuxième institution du pays.

Pour l’intérêt de nos populations et le sens de notre rôle de suivi et de contrôle de l’action gouvernementale, nous serons patients à vous accueillir à la date que vous aurez choisie, car cette DPG ne peut être qu'une information sur votre vision politique si elle existe, les enjeux politiques d'opposition responsable et constructive sont ailleurs.

 

Mme MARIETOU DIENG

DEPUTE NON INSCRITE 14EME LÉGISLATURE

Section: 
DU TERRAIN DE FOOTBALL AU CORPS FÉMININ : Quand une défaite sportive révèle les normes sociales du corps au Sénégal
APPEL HSF POUR 40 MIGRANTS SÉNÉGALAIS EMPRISONNÉS EN MAURITANIE “Ils meurent à petit feu”
MOBILITÉS HUMAINES- SPORT ET CULTURES : Une coupe du monde raciste, xénophobe et discriminatoire !
CONCILIER LES AMBITIONS SOUVERAINES DU PEUPLE AVEC LES EXIGENCES DE RIGUEUR DU FMI Un exercice cornélien pour le nouveau gouvernement ?
De la nécessité d’une réforme de l’enseignement à la nécessaire rééducation de l’intelligentsia au Sénégal
MES CONSEILS AU DUO DIOMAYE-SONKO : Tout est possible !
Lettre ouverte à Monsieur Bacary Sarr, Ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement
CONCERTATIONS NATIONALES : L’économie ne peut plus attendre
AU-DELÀ DES RÉFORMES : Refonder l’éducation sénégalaise pour bâtir le capital humain du XXIe siècle
SÉNÉGAL : Quand gouverner sans la majorité devient le défi démocratique
Petite reflexion sur la figure messianique au Sénégal
Au fond des pensées d’un homme
Abdoulaye Wade, ou la grandeur d’un destin sénégalais
De l’exigence de résultats et les raisons de douter
Observations*
Hommage au Professeur Mouhamadou Moustapha Kassé
Le sort des femmes, une préoccupation saillante dans le bilan du Président Wade
EROSION CÔTIÈRE : Extraction frauduleuse de sable marin, inaction locale de protection des plages et propositions
Le Président Wade à cent ans
DU SALOUM AUX MARCHES INTERNATIONAUX : Et si le prochain champion sénégalais était aujourd’hui un paysan ?