Publié le 28 Apr 2023 - 20:08
ENTRETIEN AVEC PAPA MAHAWA DIOUF, PORTE-PAROLE BENNO BOKK YAAKAAR

‘’C’est un abus dangereux de parler de prisonniers politiques au Sénégal’’

 

Depuis quelque temps, on note un bouillonnement politique exacerbé par les tensions du même ordre qui minent la société sénégalaise. Pour ramener la sérénité, le chef de l’État a lancé un appel au dialogue qui tarde à trouver un écho favorable au sein de l’opposition. Dans cet entretien, le porte-parole de Benno Bokk Yaakaar revient sur les tenants de cette invite au dialogue. Il passe en revue les autres questions qui agitent le landerneau politique, notamment les arrestations d’opposants et de journalistes, la question de l'amnistie pour Khalifa Sall et Karim Meissa Wade, le départ d’Idrissa Seck de la coalition et les candidatures à la Présidentielle qui y foisonnent. Le directeur général de l’Agence sénégalaise de Promotion touristique (ASPT) fait aussi le point sur les avancées dans ce secteur du tourisme qui se remet de la pandémie de Covid-19. Entretien. 

 

Le président de la République, Macky Sall, vient de lancer un appel au dialogue à toutes les forces vives de la Nation. Qu’en pense sa coalition politique dont vous êtes le porte-parole ?

L’appel au dialogue de Son Excellence Monsieur le Président de la République, le président Macky Sall, n’est pas un premier acte. Chez lui, le dialogue est un style de gouvernance. Il faut se souvenir que tout le processus électoral actuel est le résultat d’un dialogue inclusif avec tous les acteurs. Et au-delà même de l’aspect purement politique, les grandes réformes de l’État font toujours l’objet de consultations larges et inclusives qui ont permis de conduire toutes les réformes importantes du Sénégal sous le régime du président Macky Sall. Donc, ce n'est pas surprenant qu’il appelle encore une fois au dialogue. Le dialogue fait partie ou, en tout cas, constitue l’ADN essentiel de notre modèle démocratique.

Donc, la coalition, naturellement, l’accueille avec un grand intérêt et salue effectivement cet appel de Son Excellence Monsieur le Président Macky Sall.

Dans l’opposition, l’on pose la condition que le président de la République donne des garanties de l’organisation d’élections libres et transparentes, libère les prisonniers politiques et déclare qu’il ne briguera pas un troisième mandat, avant de dialoguer. Que pensez-vous de cette position ?

De notre point de vue, il n’y a pas de conditions pour dialoguer. Le dialogue, c’est en toute circonstance. Des acteurs - qui partagent un bien commun : la nation, se doivent d'être tout le temps et en toute circonstance dans des dispositions de pouvoir parler, se parler, de la chose en commun et des affaires de la cité et surtout du destin national. Il n’y a pas de prisonniers politiques au Sénégal !  C’est un discours extrêmement dangereux. C’est un abus dangereux de parler de prisonniers politiques au Sénégal. Il n’y a personne aujourd'hui qui est arrêté dans le cadre de l'exercice de ses droits et libertés civiques et civiles ou de ses opinions politiques. Il n’y a pas de problèmes liés à un type d’engagement politique.

Maintenant, pour ce qui est des problèmes liés à la sécurité ou des actions qui sont en marge de la loi, c’est valable pour tout le monde et je pense que l’État doit garantir le respect de nos textes et des lois et règlements de la République sénégalaise. Voilà ce que j’en pense.

 Mais parler maintenant de conditions d’organisation d'élections transparentes et libres au Sénégal, c’est aussi un abus. Puisqu’il faut prouver qu’il n’y a pas d'élections libres et transparentes au Sénégal. C’est d’ailleurs curieux cette façon irresponsable de considérer que le système électoral est bien, lorsqu'on a des résultats plutôt bons à l’Assemblée nationale, lorsqu’on gagne de grandes villes du pays et après considérer que le système électoral n’est pas bon, lorsqu’on est en difficulté. Le système électoral sénégalais est, sans conteste, fiable et transparent. Donc, je pense qu’il nous faut ramener les choses à l'essentiel et accepter de discuter, puisque c’est dans la discussion, de toutes les façons, que nous pouvons gérer les choses collectives et les biens communs.

Vous dites qu’il n’y a pas de prisonniers politiques. Or, plusieurs arrestations d’opposants sont notées ces derniers mois, principalement des militants de Pastef. L’opposition dénonce, elle, des prisonniers politiques. Que répondez-vous à ces accusations ?

Vous le dites vous-même, ce n'est pas toute l'opposition. Votre question trahit un peu la réponse. C'est des membres de Pastef oui, qui militent dans un parti politique, mais qui ne sont pas, d'après les informations que nous avons jusque-là, arrêtés pour des raisons d’opinions politiques. Ils disent leur opinion politique tous les jours. Mais avoir des sources de financements illicites, ce n'est pas une liberté d’expression ; menacer les institutions de l'État, fabriquer des cocktails Molotov pour détruire des biens publics et privés, regrouper des commandos pour faire sauter des sites publics à l'intérieur du pays, ce n'est pas une opinion politique. Appeler une partie de ces jeunes à sortir, à s'organiser pour semer le chaos, empêcher la libre circulation des personnes et des biens, créer un chaos et du désordre un peu partout dans la capitale sénégalaise, on n'appelle pas ça une opinion politique, on n’appelle pas ça des idées politiques et ça ne s'appelle pas non plus un projet politique. C’est du terrorisme, c’est de la subversion.

Voilà pourquoi il ne faut pas faire de confusions. Il faut nous montrer qui est arrêté dans ce pays pour avoir donné des opinions politiques. Ça n'existe pas. La démocratie sénégalaise mérite un meilleur traitement de ce sujet que celui-là. Ce qui se passe, c'est clair : il y a eu un parti politique nommé Pastef qui a choisi, pour certains de ses membres, de s'exprimer en dehors du cadre de la loi. Et lorsqu'on s'exprime en dehors du cadre de la loi, la loi, en toute logique, s’abat sur soi dans toute sa rigueur, si nous tenons à rester dans un État de droit qui garantit la sécurité de tous.

Pour en revenir au dialogue, êtes-vous pour une amnistie de Karim Wade et de Khalifa Sall, et d’un renvoi des procès visant Ousmane Sonko après la Présidentielle pour apaiser les tensions ?

Nous n’avons pas d’avis particulier sur ces affaires judiciaires. Mais pour tous ces sujets-là, les acteurs politiques de ce pays peuvent en parler. C’est de cela qu’il s’agit. Mais nous n’avons pas particulièrement d’avis sur ce sujet. Mais si on a bien compris, l’esprit du dialogue, c’est d’être ouvert et qu’on discute finalement de tous les sujets en question qui sont raisonnables, de mon point de vue.  Et ces sujets en font partie.

Ces procès ne visent-ils pas l’inéligibilité du maire de Ziguinchor pour la Présidentielle ?

Il ne faut pas exagérer. Ce qui est certain, c'est que le statut d'acteur politique, le statut de maire, le statut même de député, quel que soit son statut, ça lui ne donne pas un blanc-seing. Ça ne dédouane pas des responsabilités des citoyens vis-à-vis de la loi. Je pense qu'il est trop rapide pour parler ou bien donner des vocations de ce genre à un procès. Les procès en cours, en tout cas, on connaît leurs objets, on ne peut pas prendre de supputations et les mettre à la place des réels objets. Les réels objets de ces procès portent des accusations de diffamation et de menaces de mort et de viols. C'est de cela qu'il s'agit. Si la conséquence, maintenant, au bout du procès, c'est une condamnation qui empêche l'homme politique en question de pouvoir être candidat, il ne faut pas inverser les choses. La cause, ce serait la condamnation et pas autre chose, hélas. Je pense qu’au-delà de tous commentaires superfétatoires, il faut retenir que le statut d’homme politique impose un devoir d’exemplarité.

Hier (avant-hier), Ousmane Sonko a réitéré ses accusations de tentative d'assassinat par empoisonnement. Il promet d'y revenir bientôt avec les preuves. Quel commentaire en faites-vous ?

Comme d'habitude, Ousmane Sonko nous a habitués à des déclarations sans fondement et comme d’habitude, il nous promet des preuves qui ne sortiront jamais. Donc, nous ne pouvons pas nous fier aux promesses de preuves d’Ousmane Sonko.

Depuis la semaine dernière, l’on a constaté la mise en place d’un mouvement des forces vives du Sénégal F-24. Son principal objectif est de barrer la route à une troisième candidature de Macky Sall. Quel regard portez-vous sur ce mouvement qui regroupe des organisations de la société civile et des partis politiques ?

Oui, nous avons vu cette organisation hétéroclite avec une partie qui est constituée d'hommes politiques, en vérité qui se dit de la société civile et que nous n’entendons que sur des questions politiques, voire politiciennes. Je pense qu'ils sont libres de s'organiser, mais au bout du compte, il ne leur appartient pas à eux de définir qui va être candidat ou pas. C'est incroyable tout de même, et on ne peut pas exiger le respect de l'État de droit et soi-même développer une culture qui va à l'encontre de ces principes-là.  Et donc choisir soi-même le candidat qu’on veut (...). Il appartient aux institutions républicaines de valider les candidatures. 

En vérité, le début du désordre et le début de l'attaque contre l'État de droit et la démocratie, c’est lorsqu'on commence à s'attaquer à nos institutions. Le Conseil constitutionnel valide les candidatures et le moment venu, en fonction de ceux qui sont candidats, il validera les candidatures qui sont constitutionnellement acceptables et tout le monde devra tout simplement l'accepter.

Mais ce n'est pas par la menace, par la bravade, par la subversion et l'insurrection qu'on peut imposer sa volonté à tout un peuple et à tout un modèle démocratique.  Et ça, que ce soit F24 ou une autre organisation, de notre point de vue, ça doit être pareil.

Est-ce que Macky Sall est le candidat de la coalition Benno Bokk Yaakaar en 2024 ?

La coalition BBY ne s’est pas encore prononcée sur le sujet.  Mais le moment venu, les différentes composantes de la coalition s’exprimeront naturellement sur la question. Mais ce n'est pas encore à l'ordre du jour.

Idrissa Seck vient de quitter la mouvance présidentielle. Qu’en pense la coalition Benno Bokk Yaakaar ?

Je pense qu’en démocratie, c’est justement l’expression des opinions, la formation libre d'alliances, de séparation. C'est ça qui fait respirer la démocratie. Des gens qui quittent, vous parlez d’Idrissa Seck qui, il y a deux ans, a répondu à l'appel de Son Excellence Monsieur le Président de la République à serrer les rangs, pour traverser une zone de crise exceptionnelle. Lui-même est revenu sur le sujet pour expliquer les raisons de cette alliance. Au bout de deux ans, le président Idrissa Seck a apprécié la situation politique et choisi lui-même de sortir de cette alliance dans les termes que lui-même a dits. Donc, nous le constatons et nous le respectons. Je pense que c'est ça qu'on peut dire là-dessus. 

En toute conséquence, effectivement, nous avons constaté la démission du groupe parlementaire de son député à l'Assemblée nationale et la sortie du gouvernement de ses ministres, plus précisément le ministre en charge de l'Élevage et celui des Sports. C'est ça la démocratie, c'est ça la marche d'une démocratie apaisée où les gens se parlent, peuvent être d'accord ou ne pas l'être. Mais ça se dit et ça se défend dans les idées. Et ce sont les Sénégalais qui choisissent librement leurs dirigeants.

Comment jugez-vous ce compagnonnage au bout des deux années qu’il a duré ?

Le moment du bilan est là.  Mais je pense qu’il faut laisser le temps au temps. Les événements sont en train de se dérouler sous nos yeux. Il faut laisser les choses s'installer. On aura effectivement le temps d'apprécier le compagnonnage et les perspectives.

Comment voyez-vous l’avenir de Benno avant la Présidentielle ?

Nous avons une grande confiance en la coalition BBY et en la qualité des femmes et des femmes, des coalitions et des sous-coalitions, des partis politiques qui composent BBY. Je rappelle que, de toutes les coalitions, c'est celle qui a le plus duré dans le temps et qui est la plus grande coalition de l'histoire politique de notre pays. Si ces records ont pu être battus, c'est parce que la coalition est composée de femmes et d’hommes d'État aguerris, d'hommes d'État expérimentés et également de grands patriotes qui savent mettre l'intérêt général et l'intérêt du Sénégal au-dessus de toute autre préoccupation. Et le contexte, aujourd'hui justement, appelle de la part de tous les acteurs politiques à ce dépassement-là.  Puisque l'enjeu c'est le Sénégal. Le contexte sécuritaire est très préoccupant. Il est très sérieux et appelle à une mobilisation de tous les citoyens autour de l'essentiel. Ça veut dire que notre modèle démocratique, notre pays est sous les projecteurs, regardé pour son modèle démocratique, pour son modèle de société, mais également pour l’arrivée du pétrole et du gaz qui constituent un enjeu géostratégique. Tout cela appelle à une forme de conscience politique nouvelle qui fasse que les acteurs doivent s’assurer que les choix que nous faisons ont un impact décisif sur l'avenir du Sénégal, aujourd'hui et demain. C'est à cela qu’invite la coalition BBY et principalement le président de la coalition Son Excellence Monsieur le Président Macky Sall.

Vous dites cela, mais on a vu qu’en dehors d'Idrissa Seck, d'autres membres de BBY ont déclaré leur candidature. Ne craignez-vous pas que cette question du troisième mandat ne constitue un point de crispation, au point de faire imploser la coalition ?

Vous savez, il ne faut pas sous-estimer la réalité du système démocratique sénégalais. Et l'expression libre des ambitions politiques, c'est l'essence même de notre système démocratique.

Donc, que des gens aient l'ambition de dire qu'ils veulent être candidats, ça fait partie de la normalité des choses. Mais retenez que pour la coalition BBY, le sujet n'est pas encore traité par la Conférence des leaders. Nous restons sereins sur l'essentiel et l'essentiel, c'est le travail au service du peuple sénégalais confié à la majorité BBY et qui est en train de le mettre en œuvre sous le leadership éclairé de Son Excellence Monsieur le Président de la République.

On a le sentiment d'une traque des journalistes, avec des convocations et des arrestations qu'on n'avait jamais vues dans ce pays. S'agit-il d'une tentative de musèlement ?

Je pense que s’il y a un ADN essentiel qu’on peut identifier dans le système démocratique sénégalais : c’est la liberté de la presse, d’opinion et de conscience. Si les journalistes de ce pays étaient agressés, ça se saurait. Nous avons des journalistes qui, chaque jour, expriment librement leurs points de vue. Je pense que la liberté de la presse, d’opinion ne subit pas de contraintes au Sénégal. Bien au contraire, je pense qu’il faut faire des efforts d’encadrement de cette liberté.

Maintenant, des problèmes de diffusion de fausses nouvelles, qui concernent certaines journalistes, dans le paysage audiovisuel sénégalais, médiatique sénégalais, c’est une réalité. Il faut aussi que l’État encadre, parce que si nous n’encadrons pas la liberté de la presse, le risque principal, c’est de la perdre, puisque la menace ne vient tout simplement pas du pouvoir politique. Il y a les pouvoirs économiques, les influences de toutes sortes qui nécessitent qu’on encadre davantage, de notre point de vue, ce sacro-saint acquis de la liberté de la presse. C’est important. Personne ne peut museler la presse sénégalaise, le principe de la liberté d’expression au Sénégal. Ça fait partie de notre marque essentielle comme modèle démocratique, d’opinion, de liberté.

Cette affirmation est inexacte. Cela ne relève pas la réalité. Nous avons le Cored, le Synpics, différentes organisations professionnelles qui veillent sur la liberté d’expression et la liberté de conscience au Sénégal. Les médias, pour les créer au Sénégal, c’est libre. Il y a tous les tons. Il y a des médias ouvertement hostiles à l’État qui, chaque jour, ont leurs lignes éditoriales, expriment leurs pensées parfois même, pour certains, il y a des dérives de mon point de vue qu’on pourrait mieux encadrer. Mais cela ne donne pas non plus le droit à dire tout ce qu’on veut sur tout le monde, accuser des gens et ne pas fournir la preuve, ne pas fonder ses informations données sur des faits. Toute responsabilité, toute liberté, tout droit est encadré par des devoirs et des responsabilités. C’est de cela qu’il s’agit. Est-ce que dire qu’on a une liberté de la presse signifie qu’on doit laisser tout le monde dire tout ce qu’il veut et sur qui il veut ? Je ne pense pas que le principe de la liberté de la presse et d’opinion soit tout à fait cela. 

Donc, pourquoi les décideurs se braquent-ils contre les hommes et femmes de médias ? Quand on sait que du temps de Wade, les attaques contre le régime d'alors étaient plus violentes. On se rappelle des brûlots de Latif Coulibaly.

Vous avez tort. Sous le régime de Wade, on a, à l’époque, vu des médias subir des pressions, même physiques. Il n’y a maintenant plus de plaintes pour diffamation, etc., contre la presse. Ici, sous le régime du président Sall, c’est parce que les dérives sont allées très loin qu’il faut même réagir pour encadrer la liberté de la presse et, là, préserver d’autres formes de menace liées aux nouvelles libertés sur les réseaux sociaux. Et qui appellent aussi à de la responsabilité.

Or, ce dont il s’agit ici, c’est des accusations non fondées. C’est des principes généraux qui ont trait à la sécurité du pays et même des délits basiques. C’est juste des faits délictuels qui n’ont rien à voir avec la liberté de conscience, d’opinion. Pour être clair, Walf fait aujourd’hui son travail chaque jour, a une ligne éditoriale qui est la sienne et qui ne gêne pas du tout les gens, mais les gens qui sont incriminés sur ces sujets le sont pour des questions de diffusion de fausses nouvelles et d’exigence de justifier, pour ne pas dire, de donner les preuves de ces accusations. C’est de cela qu’il s’agit. Et pas autre chose.

On assiste à un retour à la normale dans le domaine du tourisme qui avait été durement frappé par la Covid. Étant un acteur clé, pouvez-vous nous faire un topo de ce qui a été fait et donner des chiffres de ce renouveau ?

La Destination Sénégal opère un nouveau changement dans son approche marketing et communication sur les marchés émetteurs. Cette nouvelle démarche axée sur le réseautage B2B se fonde sur l'innovation et les solutions digitales. La stabilité, le modèle de référence dans la coexistence pacifique des communautés et des religions confortent la réputation du Sénégal, ‘’pays de la Teranga’’, terre d’accueil et d’hospitalité. Ces acquis considérables sont des atouts majeurs en termes de promotion sur l’ensemble de nos marchés émetteurs.

Sur le tourisme international, nous collaborons avec plusieurs partenaires qui ont une grande expérience sur les destinations touristiques de niveau mondial. L’ASPT participe également à des événements professionnels au niveau international, permettant le développement et la consolidation des relations avec les partenaires de la Destination Sénégal, mais également d’offrir un cadre de travail pour le secteur privé sénégalais.

À partir de ce mois de mai, plus de 6 000 agences de voyages italiennes et 200 opérateurs formés sur les produits touristiques du ‘’pays de la Teranga’’ commercialiseront, à travers un nouveau catalogue, l’ensemble de l’offre touristique et des attraits de la Destination Sénégal.

Sur le marché allemand, la Destination Sénégal compte s’allier avec le groupe Tui, leader dans le secteur mondial dans le tourisme, promoteur du groupe Riu Hotels & Resorts afin de consolider la relance.

En France, notre premier marché émetteur, le même modèle de vente avec le voyagiste Promovacances Karavel, promoteur de la marque FRAM, consolide le dynamisme de la Destination Sénégal. 

Dans le cadre de ces partenariats avec les voyagistes, il est prévu l’organisation d'éductours (voyages de familiarisation) visant à former et apporter une connaissance de la destination auprès des agences de voyages et des professionnels du tourisme issus de nos marchés émetteurs. Ces éductours seront axés autour des thématiques telles que le patrimoine et la culture, la “Teranga” qui fait l’excellente réputation de notre pays, mais également l’offre nature, découverte liée à l’écotourisme.  Des campagnes digitales conjointes et des sessions de formation se tiendront à partir du mois de mai, en Italie, en Espagne, en Allemagne, mais également au Sénégal.

Pouvez-vous nous donner des chiffres qui témoignent de ce renouveau, de cette embellie et nous parler des perspectives ?

Suite à la relance post-Covid, le flux de voyages et de touristes vers le ‘’pays de la Teranga’’ s’est développé avec l’ouverture de nouvelles lignes charters en provenance de la France (Lyon, Marseille et Bordeaux), de la Belgique, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, le Portugal… mais également de nouveaux marchés émetteurs : le Luxembourg, ainsi que la Slovaquie.

Ainsi, l'aéroport international Blaise Diagne de Dakar (AIBD) enregistrait, en 2022, plus de 2 millions 500 passagers dont près de 1,5 million de touristes.

Au niveau national, afin de poursuivre nos efforts de promotion du tourisme interne à travers l’initiative ‘’Taamu Sénégal’’ entamés en 2020, nous avons lancé la deuxième phase de la campagne ‘’Taamu Sénégal’’ le 19 mars passé. Les actions de communication prévues dans le cadre de cette campagne 2023 ont déjà commencé, avec notamment une présence accrue sur le digital et la mise en œuvre de voyages influenceurs. L’évaluation de la première phase ‘’Taamu Sénégal 2020-2021’’ a été effectuée avec les acteurs du tourisme et a permis de constater une réelle dynamisation des flux touristiques par les Sénégalais et les résidents étrangers au Sénégal.

La campagne “Taamu Sénégal 2023” met, quant à elle, l’accent sur des expériences et activités touristiques, des émotions, des envies de découverte et de voyage s’appuyant sur une offre à la fois renouvelée et diversifiée de produits touristiques. Il s’agit d’inciter davantage les nationaux, les résidents, la diaspora à découvrir les expériences touristiques exceptionnelles de la Destination Sénégal à vivre seul, en couple, entre amis ou en famille. La campagne de communication mass-médias et des actions de street-marketing vont également bientôt démarrer avec l’ensemble de nos partenaires permettant de toucher notre cible.

L’ASPT prépare également l’organisation du Forum national sur le tourisme religieux, une première au Sénégal. Il se tiendra les 16 et 17 mai 2023 au musée des Civilisations noires. Hier, jeudi 27 avril, le ministre du Tourisme et des Loisirs, Monsieur Mame Mbaye Niang, recevait, l’ASPT et le comité scientifique du Forum national sur le tourisme religieux composé des représentants de toutes les communautés religieuses, les acteurs locaux et les acteurs de l’industrie du voyage, du tourisme et des métiers de l’hospitalité. Avec le professeur Mounirou Sy, Président du comité scientifique du forum, nous avons présenté à Monsieur le Ministre Mame Mbaye Niang les enjeux socioéconomiques que représente ce produit touristique. Le format de l’événement, l'agenda prévu ainsi que les thèmes à aborder ont également été présentés. Monsieur le Ministre Mame Mbaye Niang a magnifié la dynamique et l'approche inclusives de la méthodologie adoptée par le comité en impliquant l'ensemble des acteurs du secteur ainsi que les communautés religieuses. Il s'est enfin engagé à porter le projet auprès du chef de l'État pour la réussite de cet important événement.

PAR MOR AMAR

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