Publié le 18 May 2023 - 13:05
LA MONTÉE DE LA DÉSOBÉISSANCE CIVILE AU SÉNÉGAL

Un défi pour la démocratie et la stabilité politique ?

 

La désobéissance civile est un sujet brûlant qui révèle les tensions entre le citoyen et l'État dans une démocratie. Alors que le droit de manifester est constitutionnellement garanti au Sénégal, la répression constante et les injustices flagrantes ont poussé certains à considérer la désobéissance civile comme une option viable. Après l'échec de la résistance violente du «GATSA GATSA» , la désobéissance civile est devenue un appel de plus en plus fort pour des opposants qui cherchent à faire valoir leurs droits. Mais comment l'État va-t-il répondre à cette forme de protestation?

Dans une société démocratique, la liberté d'expression et le droit de manifester pacifiquement sont des principes fondamentaux, mais au Sénégal, ces droits sont de plus en plus bafoués. La répression policière est devenue la norme, tandis que l'encadrement des manifestations est l'exception. La politique politicienne a pris le pas sur les valeurs démocratiques défendues lors du 23 juin sous Me Abdoulaye Wade.

Selon Gandhi, "face à une injustice flagrante, l'obéissance devient un crime". Cette pensée est partagée par d'autres grands défenseurs de la désobéissance civile tels que Henry David Thoreau et Martin Luther King. Ces figures historiques ont adopté une approche pacifique et consciente pour défendre leur cause et ont accepté les conséquences de leurs actions, y compris l'arrestation et la détention.

Il est important que cette désobéissance soit menée de manière pacifique et consciente pour ne pas causer de perturbations dans la société et éviter de tomber dans la violence. Au Sénégal, des extrémistes virtuels appellent à la violence et à l'intimidation sur les réseaux sociaux, allant jusqu'à menacer de brûler le pays. Cependant, la désobéissance civile ne doit pas être confondue avec la violence et la destruction. Elle doit être menée de manière pacifique, avec une stratégie réfléchie et en respectant les lois fondamentales. Les participants doivent également éviter de causer plus de tort que de bien, et s'opposer à des lois injustes spécifiques sans recourir à la violence.

Dans une société démocratique, le respect des droits fondamentaux du citoyen est essentiel pour garantir l'équilibre entre les pouvoirs de l'État et les libertés individuelles. Toutefois, au Sénégal, on assiste à un recul inquiétant de la démocratie, avec une répression brutale des manifestations pacifiques et un encadrement limitant la liberté d'expression. Face à cette situation, la désobéissance civile apparaît comme un moyen légitime pour les citoyens de faire entendre leur voix et défendre leurs droits.

Mais alors que le président Macky Sall appelle au dialogue et au respect mutuel, il est légitime de se demander si cette démarche est sincère ou simplement machiavélique. L'opposition craint que ces dialogues ne soient en réalité qu'une partie d'échecs truquée, visant à favoriser une troisième candidature du président en 2024. Dans ce contexte, la question se pose : la désobéissance civile est-elle le seul moyen pour les citoyens de faire respecter leurs droits et d'exprimer leur mécontentement ?

Toutefois, il est crucial que cette désobéissance civile soit menée avec conscience et en respectant les normes de la société pour ne pas perturber l'ordre public. Les participants doivent faire preuve de chasteté, adopter une position humble, suivre la vérité et cultiver le courage pour défendre leur cause avec succès.

En somme, la désobéissance civile peut se révéler un outil puissant pour les citoyens confrontés à des lois injustes ou à la violation de leurs droits fondamentaux. Cependant, pour être efficace et éviter la violence et la destruction, elle doit être menée de manière pacifique, consciente et respectueuse de la société.

Bassirou Beye

 

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