Publié le 12 Jul 2015 - 05:06
LIBRE PAROLE

Le Sénégal dans tous les sens

 

Incontestablement notre pays, le Sénégal, est malade de sa direction politique. Et cette maladie a infecte tous les secteurs de notre vie quotidienne, installant non seulement un climat politique malsain où des conflits permanents opposent des hommes et femmes de même obédience, mais déconcertant par là l’opinion publique toute entière. Bien entendu, on ne saurait dresser ici l’inventaire de tous les événements auxquels le peuple sénégalais fait face aujourd'hui. Mais, simplement nous voulons alerter les consciences devant cette boucle d'asservissement infernal. C'est notre destin collectif qui semble subir ici des pressions incommensurables, œuvres de politiciens égoïstes qui ne cherchent qu’à satisfaire leurs besoins personnels.

Quelques bonnes questions

Est-ce vrai que nous sommes en danger ? Que pensez-vous qu’il arriva ? Que dire de la crise généralisée, cette vague de rébellions qui agite pratiquement toutes les chapelles politiques,  particulièrement le Parti démocratique sénégalais (Pds), l'Alliance des Forces Patriotiques (Afp) et le Rewmi ? Qu’en est-il de ces grèves cycliques de syndicats logés dans des secteurs sensibles comme l'Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Santé, des Impôts et Domaines et même de la Justice ? Comment apprécier l'attitude de ces maires de communes irresponsables - toujours les mêmes - qui, incapables d'apporter a leurs populations des avantages appréciables, jouent au dilatoire ? Comment qualifier les errements de certains de nos députés ? Leurs rêves se sont-ils brises ? Pourquoi nous, sénégalais, n'affichons plus cet enthousiasme que naguère, lorsqu'il s'agit surtout de défendre des vertus républicaines ou citoyennes ? Sommes-nous conscients des guets-apens vers lesquels une nouvelle race de politiciens veut nous entraîner ?

Rendre le pays ingouvernable

Pour peu le thermomètre social monte d’un cran, s'installe spontanément un désordre indescriptible. Parfois, tout se passe comme si une tyrannie agissait sur notre façon de penser et d'agir, sur nos reflexes individuels et collectifs. Beaucoup de nos compatriotes, moins imprègnes de cette évolution irréversible, inscrite dans le sens de l'Histoire, ne voyaient pas cette courbe se dessiner. En désespoir de cause, les ressorts de leur reflexe identitaire ont certainement lâché au profit, malheureusement, de l'inconscience d’un corps politique dont le seul souci est rendre le pays ingouvernable. Au demeurant, cette " mise en abîme " du pays, qui sonne aujourd'hui comme un besoin de vengeance, expose les libéraux et les rewmistes. Ils en sont les plus virulents. Il n’est pas interdit de penser que ces basses manœuvres sont commises sous les ordres d'un coordonnateur désigné ! A l'orgueil des uns et la jalousie des autres, ils ont enrôlés des citoyens qui, souvent, manifestent eux aussi une haine exacerbée contre le président Macky Sall. D’ailleurs, tous ne ratent jamais une occasion de confondre ce Sénégal-ci comme un vaisseau sans boussole. Que non ! Peut-être le seul tort du président Sall est de vouloir relever des défis d'émergence à travers son Programme Sénégal Emergent (Pse). Et pourtant l'entreprise est audacieuse et noble le dessein.

Les effets pervers d'une manipulation

A tous égards, c’est trop évident pour le faire constater, ce vacarme trouve son amplification dans une certaine presse devenue, aujourd’hui une tribune électorale permanente. Si la presse n’existait pas, nous dit-on, nos pays régresseraient dans les ténèbres. C'est juste. Mais aujourd'hui, dans beaucoup de pays africains, plus que le notre, l'angoisse des populations se trouve justement dans cette presse-là, si injustement soumise aux effets pervers d’une certaine manipulation politicienne. Elle est devenue (cette presse-ci) un instrument à fabriquer des crises et de les entretenir. Le contraire est à prouver. On trouverait beaucoup à redire sur ces émissions lugubres, politisées à l’excès, avec comme finalité l'endoctrinement des populations.

Aussi, ne croyons-nous pas trahir, du tout, notre pensée en indexant cette "opposition sans âme" qui, les deux pieds dans l’eau, a véritablement un problème de leadership. Cela dit, il appartient aux sénégalais d’apprécier ces alliances tout azimut et fronts " attrape-tout ", animés par des fantassins perdus dans le désert, courant désespéramment à la recherche d'une oasis salvatrice. Pauvres soldats, vous voilà dotés, certes, d’une facilite à regrouper vos compatriotes, quelle molle vertu, puisque vous êtes constamment en butte à de pulsions contraires. Ce complot ne saurait dévier l'itinéraire de notre démocratie qui a, si souvent, indiqué la route à suivre.  Ce n'est non plus en ranimant les cendres d'une certaine révolution citoyenne que les égoïsmes politiques ou les égarements d’un mouvement "déjà dans la marre" l'emporteraient sur l'intelligence des sénégalais.

Vaincre le mal-être

Dans cette duperie politique, beaucoup de compatriotes s'effraient de voir se dessiner un Sénégal à deux vitesses, un Etat ingérable. Le meilleur moyen d'écarter ce risque c'est de s’éloigner de la gabegie et d’éviter l'arrogance. Car, là où l´impatience et la colère populaire sont présentes règne l'empire des révoltes. Sur ce, un changement de mentalité, une prise de conscience de nos jouissances personnelles et de la médiocrité de nos jouissances collectives sont nécessaires. Il va sans dire que les partisans du président Macky Sall, surtout ses proches, font faire leur propre autocritique, en domptant leurs impulsions. Plus d’humilité et de sobriété comme le veut leur mentor. De même, les syndicalistes, réputés si bon manœuvriers, et les étudiants, en tant qu’individus et, plus particulièrement, en tant que membres d’un groupe, de ne plus se substituer en " bétail électoral ", à la solde des politiciens.

Voilà donc les enjeux et les acteurs en place. Voilà aussi les fautes qui pourraient nous exposer à la folie de cette nouvelle race de "vautours politiques" qui, dans l’ombre de leurs passions, sont capables de détruire le Sénégal. Pour l'intelligence des sénégalais la cause est entendue.

Pape Thiam

  Medina, Dakar

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