Publié le 8 Apr 2025 - 13:23

Mahammad Boun Abdallah Dionne ou la fierté d’être sénégalais

 

Aujourd’hui Samedi 5 Avril 2025, un an jour pour jour après la mort de l’ancien Premier Ministre Mahammad Boun Abdallah Dionne, nous nous souvenons avec beaucoup d'affection d’un homme qui s’est beaucoup battu pour le développement économique, les infrastructures et la bonne gouvernance du Sénégal. C’est dans cette logique de bonne gestion des affaires de la cité, qu’il faut placer sa détermination patriotique, durant son parcours vertigineux, des hautes sphères de l'administration à la primature, pour que la parole et la pratique politique se régénèrent et se reconnectent avec celles des citoyens. De même que son ambition panafricaniste, à travers son excellent ouvrage dans lequel il met en exergue la métaphore « du lion, du papillon et de l'abeille », de repenser avec optimisme l'identité africaine à rebours de l'impérialisme occidental.
 

La célébration du 1er anniversaire de son décès, est l'occasion, pour nous, d’exprimer notre profonde solitude, mais aussi de rendre hommage à l’infatigable serviteur d’Etat qu’il était   Egalement de ses vertus simples mais vraies, héritées de son terroir natal de Gossas, lesquelles ont fait qu’il a toujours fait preuve au niveau de toutes les hautes fonctions qu’il a occupées, d’un grand sens de l’État, de convictions au service de la patrie qui lui sont chevillées au corps, et d’une passion profonde pour le Sénégal. 
Mahammad Boun Abdallah Dionne, cet infatigable premier ministre

 

En matière de politique économique, industrielle et en ce qui concerne l'aménagement du territoire, nous avons tout à apprendre de Dionne. A preuve, son magistère à la station très exposée de Premier ministre regorge d'innovations et de projets visionnaires avec comme puce le Plan Sénégal Emergent (PSE). Plus concrètement, dans cette séquence, jamais dans l’économie, plutôt solaire et toujours dans l’action, notamment en se coltinant de durs combats les uns après les autres, parfois les uns avec les autres, il a su adopter des règles d’organisation, d’efficacité et d’efficience, qui sont devenues des marqueurs de l’action gouvernementale. Des programmes inédits en matière d’équité sociale et territoriale, sont devenus des fiertés sénégalaises : PUDC, PUMA, PROMOVILLES, BOURSES DE SECURITE FAMILIALE, PRACAS…De même que des infrastructures de transport en plein essor dans les pays développés : Train Express Régional (TER). Bus Rapid Transit (BRT), etc. Toutes ces avancées qui se sont enfilées comme des perles, ont fini d’éclairer d’une lumière exquise la face du Sénégal. Mahammad Boun Abdallah Dionne les a pilotées sans jamais s’inscrire dans la conflictualité, mais dans le dialogue, l’écoute et la concertation.
 

En effet, dans la tourmente sociale, il a su trouver, par l'écoute des autres, toujours les solutions pour apaiser le Sénégal. C’est pour cela, qu’il savait écouter (en stéréo et non en mono), entendre, et, surtout, il ne s'éloignait jamais de la vérité des autres. Sa vérité se forgeait par l'écoute de celle des autres. Cette attitude exquise car pleine d’humilité et d’humanité doit inspirer les générations actuelles et futures.
 

Sans faire le panégyrique de Mahammad Boun Abdallah Dionne, se référer à lui, c'est évoquer cinq longues années d’un chef de gouvernement qui a privilégié la discrétion et surtout les solutions concrètes plutôt que les coups de com. Se référer à lui (bis), c'est se rappeler qu'au fond, la seule mission de la politique, aujourd'hui encore, est de construire un présent et un avenir profitables au Sénégal et aux sénégalais.

In finé, toute sa vie, Mahammad Boun Abdallah Dionne a fait don de soi pour un Sénégal en marche résolue vers le progrès et la prospérité, dans la paix et la stabilité. C’est en cela qu’il était l'incarnation de ce qui devrait guider toute réflexion et toute action politique. En lui rendant hommage aujourd'hui, nous honorons la mémoire d'un homme d'État d'une grande humanité en même temps que nous vénérons une certaine idée du Sénégal. Nous sommes fiers d’être sénégalais à l’image de cet homme pudique, cultivé et discret. Notre gratitude pour une vie de devoir et de dévouement ne fait que continuer de grandir.

 

Par Alioune Badara NIANG

badouniangjunior@gmail.com

Section: 
DE LA PELOUSE À LA TERRE : Sadio Mané et le pari de la souveraineté agro-industrielle
DELESTAGES AU SÉNÉGAL : Et si nous protégions d’abord ce que nous avons deja ?
PARTI SOCIALISTE : Pour que l’héritage ne meure pas de silence
*SÉNÉGAL : Le FCFA a joué le rôle de bouée financière mais ne peut remplacer les marchés internationaux*
POUR UNE DÉMOCRATIE DE RÉSULTATS : Le Sénégal face à ses urgences économiques
LE CAP ET LA MÉTHODE : La Transformation Systémique
ÊTRE MEMBRE DU FONDS MONÉTAIRE INTERNATIONAL (FMI) ET AVOIR UN PRÊT Interrogations et suggestions
ACCORD SÉNÉGAL – FMI : Une fenêtre qu’il serait dommage de laisser se refermer
L’Éternité à Ndar
RAPPEL À DIEU DU DR AMADOU GUEYE DIOUF : Le bistouri rangé à jamais
SÉNÉGAL : La vérité, l’exigence de cohérence et la responsabilité de gouverner
Médina Gounass souffre d’un manque criant d’infrastructures sanitaires
NIGER : Une “mutinerie”, aux allures d’un coup d’État manqué
Réponse à la lettre ouverte de M. Yéro Metah
ALIOUNE BADARA CISSÉ : J’ai perdu un frère le Sénégal a perdu une voix, la République a perdu une conscience !!!
BAATU BËL BI - LA VOIX DE L'ESTUAIRE KIIRAAY et PASTEF face aux locales de 2027 : Ce que l'histoire électorale dit. Ce que la sociologie confirme. Ce que les chiffres démontrent
Au-delà des batailles du pouvoir, le peuple
Pourquoi une caisse noire du président ne devrait pas choquer 8 les citoyens sénégalais ?
COMMÉMORATION DE LA JOURNÉE AFRICAINE DE LA MÉDECINE TRADITIONNELLE, LE 31 AOÛT : Le paradoxe sénégalais
MON COMMENTAIRE DE L'OUVRAGE : L’École : mon choix, ma passion !