Publié le 1 Oct 2015 - 09:05
OPINION VICTIMES DE LA BOUSCULADE DE LA MECQUE «RAMASSÉES AU BULLDOZER»

Qui s’obstine à vouloir intoxiquer l’opinion musulmane, avec tant de maladresse ?

 

Après la sanglante tragédie, survenue jeudi 24 septembre dernier, à uneétapeimportante du Pèlerinage, des sites occidentaux, particulièrement «wikistrike.com» et «nouvelordremondial.cc» semblent toujours se délecter de la publication sur leur portail d’une photo de l’esplanade dédié à «Ramy-al-Jamra» (la lapidation symbolique de Satan), montrant un bulldozer qui serait en train de ramasser des cadavres de la bousculade meurtrière. Le plus sidérant est que les articlesd’accompagnement – truffés d’amalgames sur la politique intérieur du pays d’accueil– soutiennent cette thèse saugrenue avec une si déconcertanteassuranceque de nombreux internautes sont tombés, de bonne foi, dans le panneau, non sans avoir «partagé»la photo incriminée, qui fut reprise à profusion dans les réseaux sociaux, dansunmême haro d’indignation.

Il ne viendrait assurément à personne l’idée de dédouaner le pays organisateur multiséculairedu Pèlerinage, l’Arabie Saoudite, qui auraindubitablement péché par une négligence technique coupable, déplorée sous tous les cieux, particulièrement dans les pays de la Oumma islamique, où le summum de la protestation aura été atteint par l’Iran, dont 230 nationaux y ont laissé leurs vies. Mais pourquoi diable, sous prétexte de partager la douleur de la Oumma islamique, s’obstine-t-onà jeter de l’huile, au point de monter de toutes pièces une saillante contre-vérité, dans l’intention manifeste de semer la zizanie dans les esprits !

Un crime n’étantjamais parfait, les auteurs de cette manœuvre d’intoxication auront, dans leur excès de zèle, lamentablement «trébuché » sur deux flagrantes évidences:

1.    Ceux qui se sont donné la peine de «zoomer» l’image de propagandeauront aisément pu se rendre compte que la pelle du bulldozer ne contient aucun corps humain, mais plutôt des détritus, comme il y en a toujours à lapelle après un événement aussi important,occasionnant la convergence de centaines de milliers d’individus sur un même site;

2.     Tout le monde sait qu’après la bousculade meurtrière de 2005 (qui avait fait 251 victimes) l’Arabie Saoudite avaitdécidé d’entamer une série de travaux d’agrandissement des infrastructures, pour améliorer la mobilité des pèlerins. De nouveaux pontsfurent construitssur plusieurs niveaux, dont le 5eétage fut achevé en 2009 ; pendant que la finition des toitures et la consolidation des piliers furent achevées en 2010.C’est justement à l’occasion de ces grands chantiers que la stèle (bien visible sur la photo des propagandistes) avait complétement disparu du paysage de Mîna ! En effet, le nombre de pèlerinss’agglutinant autour de cette stèlepour accomplir la «Ramy-al-Jamra»ne cessant de croitre à chaque édition, il était fréquent, lors de l’acte de lapidation, que des pèlerins manquassent la cible(étroite),pour blesser involontairement des pèlerinssitués ducôté opposé (voir photo de l’ancienne stèle).

Aussi, pour mieux sécuriser les pèlerins, les autorités saoudiennes décidèrent de substituer cette stèlepar un muret ovale(voir photo actuelle), permettant ainsi auxpèlerinsde disposer d’une plus large surface de lapidation, tout en favorisantà un plus grand nombre de pèlerins de pouvoir, en toute sécurité, se regrouper tout autour. Cette nouvelle configuration a l’avantage supplémentaire de faire tomber toutes les pierres jetées par les pèlerins au même endroit, facilitant ainsi leurramassagepost-pèlerinage.

Autrement dit, dans leur précipitation à colporter leur«information» malsaine,les propagandistes ont mis une photo comportant l’ancienne stèle, datant d’avant les travaux de 2005 ! Etqui avait été,à cette occasion, démantelée et remplacée par un large muret ovale - qu’il est loisible à quiconque de voir dans toutes les photographies récentes oureportages télévisuels du pèlerinage actuel.

Qui cherche donc à manipuler qui, et à quelles fins ? Tout porte à croire que cetteregrettable tragédie du Pèlerinage 2015 est apparuecomme une aubaine, pour certaines obédiences obscures,pour semer la zizanie dans les rangs de la Oumma islamique, qui ne cesse d’enregistrer depuis quelques années une croissance exponentielle!Qui devrait inciter à la vigilance et à la lucidité !

Mame Mactar Guèye

Vice-président de Jamra

mamemactar@yahoo.fr

Section: 
Vous n’avez même pas honte : récit d’une fraternité trahie
Refus de l’intangibilité absolue du titre foncier et fondement juridique d’une politique de récupération des biens publics irrégulièrement appropriés
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions
(SUR)IMPOSITION DES RAPPELS DES ENSEIGNANTS, ENTRE FANTASMES, AMALGAMES ET COMMUNICATION HASARDEUSE : Des solutions à portée
PAYER LA BOURSE, STABILISER LE CALENDRIER UNIVERSITAIRE La réforme de l’enseignement supérieur et le défi du service public
Pour un Nouveau Modèle Pédagogique des Programmes d’Enseignement dans les Universités et des Instituts Supérieurs de Formation au Sénégal.
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?