Publié le 6 Mar 2024 - 23:42

SI LE CONSEIL CONSTITUTIONNEL PERSISTE DANS SES ERREMENTS, ALORS, IL FAUT LE DISSOUDREPAR TAMBA DANFAKHA

 

Le conseil constitutionnel a bel et bien failli dans sa mission en acceptant :
*le contrôle des parrainages, sans se donner les moyens techniques de contrôler les signatures des parrains ou marraines et d'éviter d'altérer les données informatiques fournies par les candidats.
*de recevoir des déclarations sur l'honneur des candidats sans se donner la peine de vérifier leur conformité avec la réalité.

Et, ce même conseil constitutionnel a abusé de ses prérogatives en interprétant le code de la nationalité française dans un sens qui n'est pas le sien : le candidat Karim Meissa Wade a perdu sa nationalité française dès l'instant où il a obtenu sa déclaration de perte de nationalité.

Plus grave, ses seules références devaient être le droit sénégalais et non le droit français et, au moment où il devait décider de savoir si Monsieur Karim Wade n'avait plus la nationalité française, le conseil constitutionnel disposait de la preuve qui selon lui prouvait cette perte.

Le conseil constitutionnel ne pouvait pas non plus écarter le candidat Karim Wade et le candidat Ousmane Sonko pour des motifs contradictoires : pour l'un la raison invoquée est l'arrivée tardive d'un complément d'information et pour l'autre c'est pourtant l'arrivée tardive d'un complément d'information qui sert d'alibi.

Est-il nécessaire de rappeler que le conseil constitutionnel n'est pas une juridiction ordinaire, qu'elle n'a ni une vocation pénale ni une vocation civile pour réprimer ou réparer des torts matériels causés par des tiers sur d'autres tiers, son rôle est d'arbitrer entre les acteurs politiques pour éviter que la compétition pour le pouvoir ne dégénère au détriment de la paix civile et de la cohésion nationale.

Cela est, d'ailleurs, rappelé par le conseil constitutionnel lui-même dans son avant dernier arrêt.

Dès lors que des acteurs politiques majeurs sont écartés par lui, sur des bases contestables et injustes, le conseil constitutionnel a créé les conditions de contestations post électorales aux conséquences destructrices pour nos populations.

Ce n'était pas son rôle, ce n'est pas ce qui est attendu des sages du conseil constitutionnel.

Le chef de l'état avait parfaitement compris que le conseil constitutionnel avait trahi la mission que le peuple sénégalais lui avait assigné et il avait donc eu raison d'arrêter le processus électoral pour éviter à notre pays des lendemains sanglants et malheureux : c'est ça qui est attendu de lui et non de se soumette à la volonté du conseil constitutionnel, surtout quand celle-ci peut nuire à notre pays.

En refusant, comme le lui demandait les requérants, de réajuster la date de l'élection présidentielle, l'espoir était apparu que le conseil constitutionnel a pris conscience de ses propres errements et s'est, par conséquent, donné un moyen de se rattraper.

Le chef de l'état qui a appelé à un dialogue national a reçu hier les propositions de la majorité des acteurs politiques de notre pays, propositions qu'il envisage de soumettre au conseil constitutionnel pour solliciter son avis.

On appelle cela de l'élégance républicaine.

Le dialogue national a, pour moi, atteint tous ses objectifs car toutes les forces vives de la nation y étaient représentées.

Et, selon moi, les participants du dialogue ont été magnanimes et raisonnables en s'interdisant d'altérer les droits acquis par la minorité des acteurs politiques qui avait choisi de boycotter.

Dès lors que le dialogue national a permis la prise en compte des intérêts de tous, le conseil constitutionnel devrait adopter les propositions qui lui sont soumis sans réserves.

Mais, si d'aventure, le conseil constitutionnel choisit de ne pas modifier la liste des candidats déjà validée (en fait il l'a déjà modifié en acceptant le retrait de Madame Rose Wardini), alors, il faudrait croire que ses membres, supposés être sages, auront franchi le Rubicon.

Si, j'avais été à la place du chef de l'état, je trouverai, aussitôt, les moyens légaux de dissoudre, sans aucune hésitation, le conseil constitutionnel pour haute trahison des intérêts nationaux.

Le chef de l'état peut agir de la sorte parce qu’il en a l'obligation morale, mais, surtout, il agirait au nom de la majorité des sénégalais qui ne souhaite pas que des élections soient organisées au Sénégal, sans Karim Meissa Wade et sans Ousmane Sonko ou avec le premier ministre Amadou Ba comme candidat du pouvoir actuel.

Puisse Allah swt veiller sur notre pays.

Tamba Danfakha

Président Coalition Priorité Emploi

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