Publié le 7 Apr 2015 - 19:40
VALIDATION DES ANNEES DE VACATION ET DE CONTRACTUALISATION

Les enseignants émettent encore des réserves

 

La validation d’une partie de l’expérience professionnelle acquise au cours de la période de volontariat ou de vacation et de contractualisation a été votée à l’unanimité, ce vendredi, à l’hémicycle. Néanmoins, les enseignants attendent l’effectivité des autres points pour décider de reprendre le chemin de l’école ce 13 avril.

 

Une semaine : c’est juste le temps dont dispose le gouvernement de Macky Sall pour convaincre les enseignants de retourner définitivement dans les salles de classe à partir du 13 avril prochain. En fait, le gouvernement doit, selon Mamadou Lamine Dianté, apporter dès à présent des solutions sur ‘’la formation diplômante de l’ensemble des enseignants, l’application des passerelles professionnelles et l’indemnité de logement des enseignants’’.

Ces points sont non ‘’négociables’’, d’après le Secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen secondaire du Sénégal (Saems/Cusems).  Raison pour laquelle, poursuit-il, les enseignants restent ‘’attentifs aux avancées’’ que le gouvernement se doit de faire sur ces questions. Il n’empêche que M Dianté a salué la réponse favorable apportée à la requête introduite par le gouvernement pour le vote de la loi n° 05 /2015 complétant la loi n°61-33 du 15 juin 1961 relative au statut général des fonctionnaires. Cette loi permet ainsi à 21 379 enseignants, de pouvoir bénéficier de la validation au même titre que les décisionnaires.

Toutefois, le Sg du Saems/Cusems dit attendre ‘’la signature dans les meilleurs délais du décret d’application par le président de la République ‘’rendant effective la promulgation de cette loi. M. Dianté espère par ailleurs que ce sera aux 2/3 afin de constituer les dossiers et les déposer au niveau de la fonction publique pour bénéficier de la validation.

Respect des protocoles signés

Prenant la parole, le président du groupe parlementaire Benno Bokk Yaakaar a invité le gouvernement à jeter les bases d’un redressement définitif de l’école publique sénégalaise. Très catégorique sur le sujet, Moustapha Diakhaté de marteler : ‘’Désormais, nous n’accepterons plus que des protocoles d’accords signés soient sources de problèmes’’, a-t-il fait savoir.

Pour sa part, le ministre de la Fonction publique, de la Rationalisation des effectifs et du Renouveau du service public, Mme Viviane Laure Elisabeth Bampassy, a salué cette mesure ‘’d’équité et de justice‘’. Elle a confirmé que le décret est préparé et sera ‘’soumis incessamment au président de la République.  Mieux, le ministre pense que le gouvernement doit veiller au respect des ‘’engagements pris et inscrits dans les protocoles d’accords‘’. C’est d’ailleurs, selon elle, la consigne et l’instruction fermes que le président de la République Macky Sall leur a données. Jugeant que les engagements qui sont inscrits dans le protocole d’accord de 2014 sont parfaitement réalisables, le ministre indique que sur les 34 points soulevés, les 20 points sont entièrement réalisés.

Elle a en outre précisé que cette validation est un point assez complexe. Ceci, parce qu’il fallait identifier le périmètre des agents qui peuvent en bénéficier et prendre en charge l’incidence financière.

PAIEMENT PROGRESSIF DES RAPPELS A PARTIR DU MOIS DE MAI

Le cadeau pascal de l’Etat aux vacataires et volontaires

Les vacataires et les volontaires peuvent s’approcher à partir du mois de mai du ministère de l’Economie, des Finances et du Plan (Mefp), afin d’y percevoir leurs rappels. Le ministre du Budget a été instruit à ce propos pour prendre toutes les dispositions pour un paiement progressif de ces rappels. L’information a été donnée ce vendredi par le ministre de la Fonction publique Mme Bampassy. A l’en croire, ‘’le paiement des rappels est une des facettes des lenteurs administratives‘’.  C’est d’ailleurs pour cela qu’il constitue un des points sur lesquels le gouvernement continue de travailler, pour favoriser un climat apaisé. Au chapitre des autres impairs relevés, le ministre a dit que  cinq questions majeures cristallisent l’attention.

En dehors de la validation qui connaît peut-être son épilogue, il y a les lenteurs administratives qui sont une préoccupation car étant de nature à retarder grandement le ‘’déroulement normal des carrières des agents de l’Etat‘’ dont plus de 60% sont des enseignants. Il y a aussi la délivrance des actes d’administration, les actes d’intégration et les actes de radiation. Et même si ces retards s’expliquent, le ministre croit qu’ils ne se justifient pas.

Et c’est pour ‘’apaiser le climat social et donner un gage de bonne volonté‘’ qu’un plan de résorption des actes appelés  ‘’opération coup de poing qui s’est déroulée du 9 au 31 mars 2015‘’ a été mis en œuvre. Ainsi, au 1er avril 2015, 3 310 projets ont été élaborés et concernent 26 319 enseignants. Cette opération a mobilisé, d’après le ministre, une trentaine d’agents dévolus à cette tâche. Le mois d’avril sera alors consacré à la signature de l’ensemble de ces actes pour mettre fin à cette préoccupation.

Mme Bampassy a en outre promis que les lenteurs administratives auront une solution pérenne et définitive avec la dématérialisation de ces actes. Un calendrier de mise en œuvre permettra de numériser toutes les fiches des agents de l’Etat se trouvant dans le fichier central qui existe depuis 1978 et concerne l’essentiel des données relatives à la carrière des enseignants. Ce fichier est en voie d’être numérisé au plus tard le 17 avril 2015.

Avec la dématérialisation de ces procédures, d’ici à quelques mois, les agents de l’Etat n’auront plus à quitter leur région pour venir à la fonction publique pour un suivi de leur carrière.

Aminatou AHNE

 

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