Publié le 17 Feb 2026 - 10:27
RÉFORME PÉNITENTIAIRE

Yassine Fall annonce une prison de 2 500 places à Diamniadio

 

La question de la déshumanisation des prisons sénégalaises s’est invitée, hier, à l’Assemblée nationale, lors de l’examen du projet de loi n°09/2025 portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement de l’Observatoire national des lieux de privation de liberté (ONLPL).

Devant les députés, la ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Yassine Fall, a souligné que la mise en place de cet Observatoire répond à une recommandation formulée en février 2025 par la Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la torture, à l’issue de sa visite au Sénégal.

Selon la ministre, l’objectif central du dispositif est de prévenir et de faire cesser les traitements inhumains ou dégradants ainsi que les actes de torture. Elle a insisté sur le fait que ces violations ne se limitent pas aux violences physiques, mais incluent également la surpopulation carcérale, les conditions matérielles indignes et l’absence de prise en charge adaptée.

Reconnaissant que les conditions de vie des détenus doivent être « substantiellement améliorées », Yassine Fall a indiqué que son département a engagé un vaste programme de modernisation et de réforme du système pénitentiaire.

La Garde des Sceaux est revenue sur les visites officielles effectuées avec ses services dans plusieurs établissements pénitentiaires, notamment à la prison de Rebeuss et à la Maison d’Arrêt et de correction de Saint-Louis. Ces déplacements lui ont permis, selon ses propos, de constater directement l’état des infrastructures et les conditions de détention.

Elle a rappelé que le dernier rapport de l’Observatoire fait état de lieux de détention ne répondant pas encore aux normes et standards internationaux, tant en matière d’hébergement que d’hygiène, d’accès aux soins et de respect de la dignité humaine.

Parmi les mesures déjà engagées, la ministre a évoqué les grâces présidentielles accordées ces derniers mois par le Chef de l’État, contribuant au désengorgement des établissements pénitentiaires.

Elle a également annoncé la mise en œuvre d’un programme ambitieux de modernisation pénitentiaire, comprenant la construction de nouveaux établissements sur l’ensemble du territoire national. Le projet phare demeure la prison de Diamniadio, d’une capacité de 2 500 places, dont les travaux ont été relancés après une période d’arrêt.

L’objectif, selon elle, est de décongestionner les prisons existantes, de renforcer la sécurité des établissements et de les aligner progressivement sur les normes internationales en matière de droits humains.

À travers cette réforme, le ministère de la Justice affirme vouloir promouvoir une justice plus humaine, orientée vers la réinsertion sociale des détenus à l’issue de leurs peines.

 

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