Publié le 18 Dec 2012 - 10:00
1ER FESTIVAL DES FORMES ET RYTHMES DU MONDE

 Sobo Badé en fête jusqu’au 31 décembre

 

C’est au Sobo Badé de Toubab Dialaw, demeure d’un monument de l’histoire culturelle du Sénégal, Gérald Chenet, que se déroule du 15 au 31 du mois courant le Festival des Formes et Rythmes du Monde. Cette rencontre artistique pluridisciplinaire, construite autour du métissage des influences, a vu son coup d’envoi donné ce week-end.

 

 

Toubab Dialaw vit, depuis le 15 et jusqu'au 31 décembre, la 1ère édition du Festival des Formes et Rythmes du monde. Initié par Giscard Bouchotte (un commissaire d’exposition de métier), ce festival inédit au Sénégal se veut un lieu de rencontres artistiques autour du métissage : «Le thème de l’événement est l’inévitable créolisation du monde. C’est en venant à Toubab Dialaw, et particulièrement à Sobo Badé, qu’il y a eu en moi comme un déclic en voyant la majesté des prémices, idéals à la rencontre de diverses influences artistiques dans un respect et un enrichissement mutuel», a déclaré le commissaire. «Cependant, l’idée était de ne se spécialiser dans aucune discipline artistique mais, au contraire, d’encourager la diversité car, ne se consacrer qu’à la danse ou à la musique est, pour moi, réducteur», a ajouté Bouchotte.

 

L’événement, qui compte la participation d’artistes tels que Fou Malade, Sencirk, Oumar Ndiaye “Xoslu man”, Ken Bugul, Amadou Elimane Kane ou encore la troupe Ndiambalane, a débuté ce samedi sur un concert de world music fusion porté par le guitariste mexicain Daniel Carlos Santos. Lauréat en 2012 d’une bourse de l’Unesco, l’artiste en résidence depuis trois mois au Sénégal a offert une prestation autour du mariage de ses instruments, à savoir la guitare acoustique et la guitare-harpe, et de ceux traditionnellement joués en Afrique comme le riiti, la calebasse, le balafon et la kora.

 

Précédant ce concert, la projection du court-métrage “Lomé Vivina” de la cinéaste togolaise Marie Samantha Salvy avait achevé d’imprégner un public, venu relativement en masse, de l’esprit de la rencontre, à savoir la communion de genres et d’êtres venus d’horizons différents. L’ouverture s’est ainsi faite à l’Engouement, temple de la Culture situé à 1 km de l’hôtel Sobo Badé, sur la scène d’un théâtre en plein air dont l’architecture, faite d’un entrelacs de bâtisses en briques rouges aux plafonds concaves, portait l’empreinte du propriétaire des lieux et hôte du festival, Gérald Chenet.

 

Membre du comité d’organisation du festival, Chenet n’a pas hésité à souligner l’importance de la rencontre. «Ce festival, qui célèbre le rythme, encense par la même occasion la vie car le rythme est l’ossature des formes que l’on retrouve partout dans la nature et en nous-mêmes. Nous sommes donc ici pour déclamer - par le chant, la danse, la sculpture, peu importe – notre joie et notre reconnaissance d’appartenir au cycle du vivant», a souligné l'hôte de l'événement. Le gîte et le couvert sont, enfin, deux des détails qui assurent aux festivaliers un dépaysement total durant cette quinzaine, avec le restaurant de Sobo Badé offrant à sa clientèle un menu exclusivement bio (le Ndàmbe du chef est exceptionnel), et l’hôtel dont l’eau vient d’un puits local, sans oublier l’électricité tirée de panneaux solaires...

 

 

SOPHIANE BENGELOUN (ENVOYÉE SPÉCIALE)

 

 

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