Publié le 27 Aug 2012 - 23:09
INVITÉS À UNE AUDITION POPULAIRE

Les six députés de Guédiawaye ne sont pas venus

Aissatou Sow Diawara, l'une des députés

 

L’audition populaire initiée par le Forum civil et la coalition des organisations de la société civile de la banlieue n'a pas pu se tenir comme convenu, les six députés de Benno Bokk Yaakaar et du Parti démocratique sénégalais ayant jugé inutile de se déplacer.

 

Awa Mbodji, Awa Sow, Aïda Sow Diawara, Woré Sarr, Seydina Fall dit Bougazelli, Oumar Sy ont séché la séance d'audition organisée samedi par le Forum civil de Guédiawaye et la coalition des Organisations de la société civile (OSC) de la banlieue (voir EnQuête du week-end). «On voulait les (députés) rencontrer dans le cadre de la réconciliation entre citoyens et élus locaux, car on s’est rendu compte que depuis les élections législatives, il y avait un manque de confiance entre eux et la population», a expliqué Mouhamed Ndiongue, coordinateur du FC local. «Malheureusement ces députés n’ont pas jugé utile et nécessaire de se déplacer.»

 

Pour M. Ndiongue, ce faux-bond des parlementaires élus pour une législature de rupture donne raison à tous les citoyens qui se sont abstenus de voter lors des législatives du 1er juillet. «Et nous, nous disons que c’est suffisant pour déclencher un autre Mouvement du 23 juin qui partirait de Guédiawaye», a-t-il indiqué. «Nous ne voulons pas arriver à ce niveau, mais si les députés continuent de snober les citoyens alors qu’ils perçoivent leurs salaires grâce à notre argent, ils nous verront sur leur chemin.» Mouhamed Ndiongue, qui est également le secrétaire exécutif des OSC-banlieue, a dénoncé ce comportement eu égard aux salaires que ces députés reçoivent. «Aujourd'hui, ils doivent même démissionner. C’est écœurant pour les populations qui les ont élus.»

 

D'après lui, c'est par calculs politiciens qu'ils ont refusé de venir à la rencontre après concertations entre eux vendredi soir, pendant plus de deux heures chez l'un d'eux. «Selon nos informations, certains voulaient venir, d’autres non. Je pense que s’ils ne viennent pas, c’est pour des raisons politiques. Ces députés, à la fin de leur mandat, doivent ranger leurs bagages et aller faire autre chose. Car ils seront dans l’impossibilité de venir briguer à nouveau les suffrages de la population», a-t-il averti. «Nous allons prendre des dispositions par rapport à la nouvelle donne. Ils subiront de très fortes pressions des populations. Et s'ils sont des gens vertueux, ils démissionneront de leurs mandats.»

 

Cheikh Sarr, maire de Guédiawaye et présent à la rencontre dont le modérateur était l'écrivain Mody Niang, a promis de rendre compte à qui de droit dans la coalition Benno Bokk Yaakaar à laquelle appartiennent cinq des six députés concernés, Woré Sarr ayant été élu sur la liste nationale du Parti démocratique sénégalais.

 

 

 

 

AIDA SOW DIAWARA ET AWA SOW (DEPUTÉS)

 

«Ce que le Forum civil ne dit pas...»

 

Pour plus de précisions, EnQuête a joint hier soir deux des six députés brocardés par le Forum civil. D'abord, Aïda Sow Diawara a expliqué son absence par le fait qu'elle était au même moment à une manifestation sur la parité.

 

Du reste, elle s'en prend au coordinateur local du Forum civil qui, dit-elle, avait promis de venir la voir pour lui présenter en détails le projet d'audition.

 

«Pour M. Ndiongue, cette rencontre avec les populations de Guédiawaye n'a pas trop d'importance, car si tel était le cas, il se serait déplacé comme convenu...»

 

Autre député à justifier son absence, Awa Sow. «Je devais être à une manifestation du Réseau Siggil Jigéén. Et cela, Mouhamed Ndiongue le savait parce que je l'en avais informé bien avant.»

 

 

CHEIKH THIAM

Section: 
RÉVISION CONSTITUTIONNELLE-AMANDEMENTS DE LA MAJORITÉ PARLEMENTAIRE : Le gouvernement pour une concertation avec les acteurs politiques et de la société civile
RENVOI CODES DU TRAVAIL, CONDITIONS POUR LA RÉVISION DE LA CONSTITUTION : L’Assemblée déclenche la guerre
RÉVISION DE LA CONSTITUTION : Pastef dans un engrenage
THIES - REFORMES INSTITUTIONNELLES L’APR dénonce une « dérive »
POLITIQUE : Juan Branco, l’allié encombrant du Pastef
RECONFIGURATION POLITIQUE : Une drôle d'opposition
APRÈS LA DÉCISION DU CONSEIL CONSTITUTIONNEL SUR OUSMANE SONKO Le FDR appelle à la constitution d’un large front contre le pouvoir
RÉINTÉGRATION OUSMANE SONKO Le Conseil Constitutionnel clôt le débat
CANDIDATURE À L'ONU : Macky Sall poursuit sa campagne diplomatique en Europe
POUVOIRS DE L’ASSEMBLÉE NATIONALE Entre fantasmes et réalité
TENSIONS EXPLOSIVES AU PARTI SOCIALISTES : Une motion de confiance sur fond de violents affrontements
CRISE AU PARTI SOCIALISTE Des lendemains incertains dans la maison de Senghor
NOMINATION DE SUPERVISEURS ADJOINTS : Diomaye Faye muscle son appareil politique
POLITIQUE : Suspicions généralisées au sommet de l’État
L'AFFAIRE ASER OCCUPE LE DEVANT DE LA SCÈNE Du livre de Bachir Fofana à la conférence de Thierno Alassane Sall
ASSEMBLEE GÉNÉRALE PS DEMAIN : L’Union régionale de Dakar dénonce des appels à la violence
Alain Diouf remplace Aminou Lo…
Pastef-Les Patriotes
RÉINTÉGRATION D’OUSMANE SONKO : La compétence du Conseil constitutionnel à l’épreuve
DAKAR ARENA : Ousmane Sonko scelle sa rupture avec Diomaye Faye