Publié le 5 Nov 2024 - 23:44
PREMIÈRE SORTIE DEPUIS SA LIBÉRATION

Bougane Guèye Dany relance le combat politique

 

Après plus d'une semaine de détention à Tambacounda, Bougane Guèye Dany a marqué son grand retour, ce lundi. Le président du mouvement Gueum Sa Bopp/Les Jambaars n'a pas perdu grand-chose de son “tranchant”.

 

Après son séjour carcéral à Tambacounda, Bougane Guèye Dany ne perd pas de temps. Ce lundi, le leader de Gueum Sa Bopp, même s'il a “modéré” son langage vis-à-vis du président de la République notamment, ne change pas grand-chose dans le fond de son discours. D'emblée, il a reconduit la même approche en s'attaquant au président de Pastef.

“J’invite le Premier ministre Ousmane Sonko à publier dans les 24 heures sa déclaration de patrimoine. Vous serez surpris. Je l’invite à dire dans les 24 heures et publiquement s’il va criminaliser l’homosexualité une fois à l’Assemblée nationale et nous confirmer ou infirmer s’il est titulaire d’un compte bancaire à l’étranger”. Bougane estime que l'ancien maire de Ziguinchor “met le pays en danger”.

Il renchérit : “Notre économie s’est écroulée. Les institutions sont fragilisées. L’image de la justice est balafrée. Le Sénégal touche le fond ! Face à toutes ces crises, le président de la République doit prendre ses responsabilités.’’

Dans sa déclaration, Bougane a sollicité l'intervention du président de la République pour qu'il calme les ardeurs de son Premier ministre. ‘’Le chef de l’État, chef suprême des armées, Bassirou Diomaye Faye, doit prendre ses responsabilités pour mettre un terme aux agissements d’Ousmane Sonko contre les militaires et contre les opposants”.

À en croire le leader de GSM, “le Premier ministre doit cesser de parler des sujets relevant de la sécurité publique dans ses meetings”. Pour ce membre de la coalition Sàmm Sa Kàddu, l'attitude du président du Pastef relève de “ l’irresponsabilité”. Sur cette lancée, Bougane soutient que les dernières révélations du chef du gouvernement ne sont pas exactes. “Nous tenons à dire aux Sénégalais qu’il n’y a jamais eu un rapport qui incrimine un général de l’armée. C’est faux ! Tout comme, il n’y a aucun compte bancaire contenant 1 000 milliards. C’est faux !”.

Apparemment inquiet de la situation nationale, BGD n'a pas hésité à solliciter une intervention étrangère. “Nous lançons un appel aux partenaires du Sénégal sur la situation d’une grave fragilité dans laquelle se noie petit à petit notre pays, tant au plan politique que financier. Nous appelons la communauté internationale à la vigilance, car ce pays vit une situation inédite qui doit attirer toutes les attentions. Nous interpellons l’Union africaine, la CEDEAO, les Nations Unies”.

Bougane solde ses comptes…

Bougane a bien évidemment commenté son séjour carcéral. Le moins que l'on puisse dire est que le candidat de la liste Sàmm Sa Kàddu, nonobstant cette épreuve, n'envisage pas de se montrer tendre envers le pouvoir. “Après douze jours de privation de liberté, je réaffirme ici mon engagement à œuvrer pour le développement de mon pays, d’où ma conviction. Il n’y a ni vainqueur ni vaincu dans le procès de mercredi dernier à Tamba. La justice a juste prouvé qu’elle reste le dernier rempart pour le respect de nos libertés individuelles souvent menacées par des initiatives politiciennes”. Monsieur Guèye laisse entendre qu'il est victime d'un acharnement politique. “En moins d’un mois, j’ai fait l’objet de deux arrestations. C’est la preuve tangible que je fais l’objet de persécution orchestrée par Ousmane Sonko et Pastef, dont je suis la cible principale. Ils tentent vainement de m'empêcher d’exercer pleinement mon droit en tant qu’opposant. J’ai été victime d’arrestations illégales, de détentions arbitraires, d’interdiction de circuler librement dans mon pays”. L'opposant a aussi soldé ses comptes avec la gendarmerie nationale. “Le communiqué sanctionnant mon arrestation est truffé de contrevérités et toutes les vidéos le prouvent. Je n'exclus pas d’ailleurs, avec mes avocats, de porter plainte contre la gendarmerie”.

 

 

Mamadou Diop

 

Section: 
OUSMANE DIAGNE SUR LES CRITIQUES CONTRE LA JUSTICE : “Qu'on ne compte pas sur moi pour exercer la moindre pression sur les magistrats du siège”
UN AN DE BASSIROU DIOMAYE FAYE : Un président au-dessus de la mêlée
PRÉSIDENTIELLE GABONAISE 2025 : Un meeting mobilise la diaspora gabonaise au Sénégal
INTERPRETATION DE LA LOI D’AMNISTIE : Les péchés d'Amadou
LOI INTERPRÉTATIVE DE L'AMNISTIE : Un précédent dangereux, selon le maire de Latmingué
Thierno Bocoum sur la loi interprétative
L'APR sur la loi Amadou Ba
PRÉSÉLECTION POUR LE RECRUTEMENT  SPÉCIAL DE 2 000 ENSEIGNANTS : Les volontaires communautaires se sentent lésés
POLÉMIQUE AUTOUR DE LA LOI AMADOU BA : La société civile appelle à des concertations préalables
MODIFICATION AMNISTIE : La loi de la division 
CONDAMNATION DE MARINE LE PEN ET DE NICOLAS SARKOZY : République des juges ou affirmation de l’État de droit
PROPOSITION DE LOI PORTANT INTERPRÉTATION LOI D'AMNISTIE Anta Babacar Ngom rejoint le front de la contestation
Cdeps vs Amadou Ba
MARINE LE PEN INELIGIBLE : Sa participation à l'élection présidentielle de 2027 compromise
PORTRAITS CROISES D’AMADOU BA (PASTEF) ET PAPE MALICK NDOUR (APR) : Les nouveaux « gladiateurs » de l’arène médiatique
INTERDICTION DE SORTIE DU TERRITOIRE : Mansour libre de voyager
CONSEIL NATIONAL DE DÉVELOPPEMENT DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES : 5 milliards supplémentaires alloués aux collectivités
UN AN DE GOUVERNANCE DE BASSIROU DIOMAYE FAYE Entre engagement, défis et espoirs
UDIT FINANCES PUBLIQUES L’APR demande à rencontrer le FMI pour donner sa version
PIT