Publié le 30 Aug 2021 - 19:49
RECURRENCE DES ACCIDENTS AU CENTRE-VILLE

Les Kaolackois réclament des aires de stationnement et de repos

 

Les populations de Kaolack digèrent mal l’accident qui a occasionné quatre morts, en plein centre-ville, le 15 août dernier. Un collectif ‘’Stop aux camions en centre-ville’’, né après les événements, invite les autorités à agir le plus vite possible et réclame des aires de stationnement.

 

Le collectif ‘’Stop aux camions en centre-ville’’ a montré son mécontentement face à la recrudescence des accidents des camions gros-porteurs dans le Saloum. Ce collectif est né, quelques heures après l’accident atroce qui a eu lieu en plein centre-ville, le 15 août dernier. Il voulait organiser une marche pacifique, mais le préfet de Kaolack, Cheikh Ahmet Tidiane Thiaw, l’a interdite. A la place, les initiateurs du collectif ont tenu une conférence de presse hier, à Kaolack.

Pape Sarr Bitèye, membre fondateur du collectif, dénonce la récurrence et la violence des accidents qui se produisent en plein centre-ville, du fait des camions qui empruntent la route nationale (RN1).

‘’L’accident du 15 août dernier, nous l’avons toujours en tête. C’est difficile à oublier ; c’est toujours dans nos cœurs’’, a déclaré Pape Sarr Bitèye, à l’entame de son propos. Il trouve abusif, l’acte posé par le chauffeur de camion gros-porteur malien qui roulait en agglomération. En plus d’avoir heurté le taxi, il l’a trainé sur 200 m. ‘’Honnêtement, une personne normale, consciente, ne fait jamais cet acte pareil’’, s’est-il exclamé. ‘’L’urgence, poursuit-il, est de régler ce problème définitivement’’.

Ainsi, préconise Pape Sarr Bitèye, ‘’il faut des aires de stationnement, le plus rapidement possible, pour empêcher les accidents. Il faut aussi une voie de contournement’’. ‘’Nous savons que cette dernière va prendre du temps, mais des routes comme celle qui longe le stadium, allant à la Chambre de commerce, est disponible pour une réhabilitation. Kaolack est une zone économique, un carrefour’’, souligne Pape Sarr Bitèye. Qui souligne que ‘’1 200 camions gros-porteurs passent, tous les jours, à l’intérieur de la commune. C’est énorme’’.

Selon lui, de l’entrée de la ville, jusqu’à la sortie, il n’y a pas de panneaux de signalisation qui indiquent la vitesse à rouler. ‘’Nous sommes obligés de faire une alerte. Nous ne sommes pas là pour attiser le feu, pour saper la conscience des populations pour qu’elles fassent des actes regrettables. Nous alertons et nous allons toujours le faire’’, rapporte-t-il.

Parmi les solutions, il demande le dragage du port sec qui peut obliger les gros-porteurs à rester à Kaolack, ce qui va créer des emplois. L’initiateur du collectif, Alioune Badara Diop, de renchérir qu’il faut aussi des ralentisseurs, des aires de repos, afin de minimiser les accidents.  Il précise que le collectif n’est pas né pour stigmatiser les chauffeurs maliens. ‘’Nous avons mis en place ce collectif pour porter des revendications. Nous sommes petits pour détériorer les liens qui lient les deux pays’’, dit-il. Avant de faire remarquer que ‘’98 % des accidents sur le corridor Dakar - Bamako sont généralement causés par des camions sénégalais’’.

Ainsi, leurs réclamations, ajoute-t-il, sont légitimes, car toutes les autorités étatiques, la population, les journalistes empruntent ce tronçon. A ses yeux, nul n’est à l’abri.

‘’Nous ne céderons pas à l’intimidation’’

Revenant sur la marche qui leur a été refusée par le préfet, Pape Sarr Bitèye a ajouté : ‘’Nous avons fait ce qu’il fallait. Il y a trois choses qu’il a avancées, pour ne peut pas autoriser la marche. L’une des raisons est qu’il n’y a de lieu d’habitation des requérants, dans la déclaration de marche. Ce qui n’est pas du tout possible. On ne peut pas faire une enquête de moralité, à la police, sans que l’on vous demande votre nom, votre domicile. On nous a refusé cette marche, parce qu’il ne voulait pas qu’on l’organise. C’est tout simplement cela. La marche n’arrange pas certaines autorités. C’est comme s’il y a une intimidation. Quand nous l’avions rencontré, il nous a dit que ce n’était pas la peine d’organiser la marche’’, mentionne-t-il.

Face à cette situation, ils décident de ne pas céder à ‘’des intimidations’’, d’unir leurs forces, d’apporter leur contribution et d’accompagner la population. ‘’Il est temps que les autorités viennent en aide aux populations. Il n’est pas nécessaire d’attendre deux ans pour établir un programme’’, assène-t-il.

Aida Diéne

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