Publié le 25 Sep 2021 - 20:44
SAINT-LOUIS - MAGAL DE TOUBA

Les chauffeurs et les rabatteurs imposent leur loi aux pèlerins

 

Les talibés mourides ont pris d’assaut les différents sites  de départ  de la vieille  ville, à quarante-huit heures du grand Magal de Touba. Profitant du rush des clients,   des rabatteurs et des chauffeurs véreux  ont  augmenté les tarifs, au grand dam des pèlerins. A la gare routière de la commune ou dans les garages ‘’clando’’, il faut débourser un peu plus que le prix normal  pour trouver une place à bord des taxis ‘’7 places’’,  mini-cars ou bus en partance pour  la ville sainte de Touba.

 
 
Le 18 Safar à Touba est un moment spécial qu’aucun talibé mouride ne veut rater pour rien au monde. Raison pour laquelle ceux de Saint-Louis convergent, depuis quelques jours, vers les lieux de départ pour la cité de Cheikh Ahmadou Bamba. A la  gare routière de  la commune, sac à dos ou valise à la main, les talibés jouent des coudes et se disputent même quelquefois  pour trouver une place dans les véhicules  en partance pour la ville sainte. Un rush qui n’est pas sans conséquence, puisque les talibés ont vu les prix des billets flamber. Une hausse dénoncée par les clients qui la jugent anormale et injustifiée.
 
‘’Depuis presque une semaine, les rabatteurs et les chauffeurs malhonnêtes ont mis en place des méthodes peu orthodoxes pour augmenter le tarif des billets du Magal. Rien n’est toléré. Le plus petit sac à dos  est facturé cher. On impose aux parents de payer les places des petits enfants ou de descendre des bus. Ils ne font rien pour faciliter le voyage aux talibés. Mais les chauffeurs et les rabatteurs, en bons musulmans, doivent comprendre que le Magal  est une question de jours’’, a fustigé Thiané Mbaye, à bord d’un bus sur le point de partir.
 
A Diamaguène, derrière l’école Boly Diaw, la dame Awa Pène, tenant une fillette de 6 ans à la main, assimile le comportement des chauffeurs à de la pure méchanceté. ‘’En complicité avec les chauffeurs des bus et minibus, les ‘coxeurs’ abusent de la situation de rush de la clientèle.  Les exagérations qu’ils font dans les garages, sont très loin des enseignements de Serigne Touba.  Ils n’ont pas de pitié envers les talibés. Quelles que soient les stratégies mises en branle, la hausse des tarifs ne les rendra jamais riches. En temps normal, le billet Saint-Louis – Touba  s’élève à 3 000 F en bus. Mais aujourd’hui, il  faut débourser entre 5 000 et 7 000 F. C’est vraiment  regrettable, entre frères musulmans. Les chauffeurs et les rabatteurs doivent savoir raison garder et imiter Mame Bamba  pour l’amour qu’il avait envers son prochain’’, a-t-elle lancé.
 
Les regroupements de chauffeurs appellent au respect des tarifs homologués
 
Malgré les nombreuses complaintes sur l’augmentation abusive du prix du billet vers Touba, les milliers de talibés soutiennent pourtant que  rien ne les empêcherait de rallier la ville sainte.  ‘’Les  tarifs  ont monté  sans raison, mais pas  question de rater le grand Magal de Touba. C’est l’instant idéal que nous, talibés, avons  pour communier et prier avec nos  guides religieux. Un bon talibé mouride ne ménagera aucun effort pour répondre à l’appel de Serigne Touba, Khadimou Rassoul. Si le billet était à 15 000 F, les talibés mourides sont prêts à débourser, parce que le 18 Safar passe avant tout, pour eux. Mais cela ne dédouane pas les chauffeurs qui veulent se remplir les poches sur le dos des fidèles, surtout en cette période de Covid-19 où toutes les activités sont au ralenti’’, s’est plaint Masta Dieng. 
 
Pointés du doigt  par les talibés  d’être les seuls responsables  de leur souffrance sur les lieux de départ, les chauffeurs de bus et de mini-cars rejettent avec la dernière énergie  les accusations.   A en croire certains d’entre eux, la hausse des tarifs est justifiée et compréhensible.  ‘’A l’aller, on fait le plein, mais pour revenir chercher les clients dans les régions, on est  obligé de rouler à vide. Donc, il faut que les voyageurs nous comprennent, sinon on ne va pas s’en sortir  après le Magal. Aucun transporteur    ne travaille pour ensuite se retrouver avec des dettes de carburant’’, a tenté d se justifier le chauffeur Aliou Dème.
 
Pourtant, les responsables de syndicats et de regroupements de chauffeurs de Saint-Louis  invitent,  depuis plusieurs jours, leurs membres à respecter les  tarifs normaux pour le Magal de Touba. ‘’Les chauffeurs sont mis en garde et nous veillerons à ce que tout se passe dans l’ordre. Aucune dérive ne sera tolérée. Magal ou pas Magal, les billets ne doivent pas être augmentés comme on veut. Nous sommes régis par des textes à respecter et à faire respecter. C’est pourquoi on les invite à ne pas le faire, mais aussi à ne pas faire de surcharge. Maintenant,  ce qui se fait dans les garages ‘clandos’ ou occasionnels, on ne peut pas le contrôler’’, a signalé le président du Regroupement des chauffeurs de Saint-Louis, Birane Seck.
 
 Ibrahima Bocar  SENE (Saint-Louis)
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