Publié le 25 Jun 2015 - 05:31
COOPÉRATION SENEGAL-USA

232 milliards F CFA injectés en 5 ans

 

La revue conjointe entre le gouvernement du Sénégal et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) a permis de constater l’excellence de la coopération entre les deux parties.

 

La coopération sénégalo-américaine se porte à merveille. Le niveau de performance est excellent sur l’ensemble de presque tous les indicateurs. Le partenariat affiche des statistiques satisfaisantes dans les quatre principaux domaines d’intervention que sont la santé, la croissance économique (agriculture), l’éducation, et la bonne gouvernance. Parmi la pléthore de programmes conjoints sur le plan sanitaire, le succès dans la lutte contre le paludisme est le plus prégnant avec une réduction de la prévalence de 5,9% en 2005 à 1,2% en 2014.

Un domaine-phare de la coopération qui se traduit par la célérité de la réaction sénégalaise contre le virus Ebola. En ce qui concerne l’agriculture, plus de 78 000 foyers ont bénéficié des programmes de ‘Feed the Future Naatal Mbay’. D’ailleurs, le ministre de l’Economie qui avait présidé la revue conjointe  avec la coopération italienne la semaine passée estime que ce secteur est essentiel. ‘’L’agriculture occupe une place importante dans notre économie et avec le PSE, nous voulons l’autosuffisance en riz. Il va de soi que notre politique de coopération mette l’accent sur les questions agricoles.’’ 

Des interventions qui sont toutefois ponctuées de problèmes, surtout dans le domaine de l’éducation. L’instabilité dans ce secteur inquiète les acteurs de ce partenariat. ‘’Les troubles scolaires dues aux grèves des enseignants et inspecteurs  menacent les succès de nos objectifs conjoints pour l’éducation. Elles mettent en danger les chances des enfants  d’acquérir le savoir dont ils ont besoin pour exceller à l’école’’, s’alarme James Peter Zumwalt. Et cela malgré une dotation de 600 mille manuels de lecture dans les écoles publiques ; 70 mille guides au partenariat pour l’amélioration de la lecture et des mathématiques à l’élémentaire (PALME) visant 10 mille 405 élèves ; l’équipement de 18 collèges de proximité ; la réhabilitation de deux centres régionaux de formation du personnel de l’éducation (CREPE), et la formation  de 1 015 nouveaux professeurs de français et mathématiques des Cem.

Ce programme bilatéral a commencé une année après l’indépendance du Sénégal et s’est intensifié pour atteindre un montant cumulé de près de 1 095 milliards de F CFA.

Pour le quinquennat 2010-2015, 232 milliards F CFA ont été engagés dont 69 milliards 700 millions pour la seule année 2014. Le ministre de l’Economie et des Finances a lui-même déploré, outre l’instabilité, ‘‘la perturbation du dispositif de formation des enseignants par la non-disponibilité des formateurs, le retard dans la mise en place de cercles de qualité, les abris provisoires, et la remontée des pièces justificatives’’. Le projet Power Africa initié récemment par le président Obama, devrait constituer un autre axe d’intervention pour  bénéficier au secteur énergétique sénégalais, a fait savoir l’ambassadeur.

‘‘Le gouvernement ne peut supprimer les heures sup’’

Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a profité de la rencontre d’hier avec l’Ambassadeur des Usa à Dakar pour éteindre la question incendiaire de la suppression annoncée des heures supplémentaires dans un contexte de front social assez agité. Amadou Ba a levé toute équivoque à ce sujet. ‘‘Le gouvernement n’a pas le droit, il ne peut pas les supprimer, ça n’a pas de sens ! Ce que nous voulons, c’est qu’elles soient perçues par ceux qui les effectuent. Un audit est en œuvre à la direction du budget pour que les états qui nous parviennent ne passent pas comme lettre à la poste’’, annonce-t-il en précisant que l’automaticité des fichiers a fait que des agents en ont bénéficié dans les états de ce mois.

Des manquements que son ministère se propose de corriger.  ‘‘L’octroi d’heures supplémentaires obéit à des règles. On a considéré tous, indûment, qu’elles étaient des compléments de salaire aussi bien pour ceux qui les effectuaient que ceux qui ne les faisaient pas. Nous apportons les corrections poste par poste car il y a eu beaucoup de manquements, de dérapages et d’exagération’’, a-t-il révélé. ‘’Cette mesure de rationalisation ne concerne pas les secteurs de la santé et la sécurité où l’on travaille en continuité’’, précise-t-il.

O.L. Diop

 

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