Publié le 29 Apr 2020 - 19:33
FOOT - COVID-19

Samuel Eto’o est pour le report de la Can-2021

 

Mettant en avant la santé des populations, Samuel Eto’o préconise le report de la Can-2021, prévue au Cameroun du 9 janvier au 6 février. Il rejoint ainsi la position du président de la Fédération sénégalaise de football, Augustin Senghor.

 

Face à la progression exponentielle de la pandémie de Covid-19, l’heure est à la raison. Malgré la grande passion de son pays pour le ballon rond et son impatience à abriter la prochaine Coupe d’Afrique des nations (Can), Samuel Eto’o se veut raisonnable. Le double champion d’Afrique (2000 et 2002), interrogé par France24, s’est dit favorable à un report de la 33e édition de la Can prévue du 9 janvier au 6 février 2021 au Cameroun.

‘’Le plus important, c’est la santé, et les instances du football africain l’ont bien compris. Je ne vois pas mon ainé, le grand frère Ahmad (président de la Caf, NDLR), risquer la santé des amoureux du ballon rond pour une Can’’, a déclaré le quadruple Ballon d’or africain (2003, 2004, 2005 et 2010), invité du ‘’Journal de l’Afrique’’ sur France24, ce lundi soir. Pour l’ancien attaquant du FC Barcelone, la priorité demeure la maitrise de la pandémie avant de penser à toute organisation d’une compétition de football.

‘’Le plus important, c’est qu’on soit hors de danger. Et nous aurons toujours le temps d’organiser cette Can. Elle est acquise pour le Cameroun donc, après, ce sera juste une question de date’’, a-t-il fait savoir. L’ancien international camerounais, par le biais de sa fondation, a décidé de venir en aide à 50 000 foyers dans son pays. Avec 1 705 cas confirmés, dont 58 décès, le Cameroun est le deuxième pays le plus touché d’Afrique subsaharienne, derrière l’Afrique du Sud (4 793 cas de Covid-19, dont 90 décès).

Samuel Eto’o est donc la 2e personnalité du football africain à se prononcer publiquement en faveur d’un report de la Coupe d’Afrique des nations 2021. Il rejoint ainsi le président de la Fédération sénégalaise de football (FSF) qui a plaidé, la semaine dernière, pour la révision du calendrier de la Caf, concernant la prochaine Can. Pour Augustin Senghor, il serait ‘’impossible’’ de tenir la compétition à la période initialement retenue, en raison de l’état d’avancement actuel des éliminatoires de la Can qui compte encore quatre journées à jouer (3e, 4e, 5e et 6e journées). ‘’Personne, dans le monde, ne peut dire qu’en septembre ou novembre, nous aurons gagné la bataille contre le coronavirus. C’est pourquoi il est très difficile de donner un avis tranché sur cette question. Mais ce qui est important, c’est qu’en ce moment, nous voyons si nous pouvons finaliser les qualifications’’, s’était inquiété Me Senghor.

Le scepticisme de Michel D'Hooghe

Après plus d’un mois et demi d’arrêt de toutes les activités, le monde du football scrute le ciel pour un possible retour sur les pelouses. Mais les prévisions ne sont pas tellement favorables à une reprise des compétitions. C’est du moins l’avis du président de la Commission médicale de la Fifa. Selon les propos de Michel D'Hooghe, dans un entretien avec BBC, rapportés par RFI, ‘’nous ne sommes pas prêts pour une reprise des compétitions de football’’. ‘’ ‘’Il y a un risque et ce risque n'a pas des petites conséquences. Ce sont une question de vie ou de mort (...) En tant que médecin, je n'ai pas à parler à la place des organisateurs de matches. Mais, pour le moment, d'un point de vue médical, je suis très sceptique’’, a analysé le médecin belge. Pour lui, la situation risque de se maintenir dans les semaines à venir et que les autorités nationales du football devraient plutôt ‘’essayer de se préparer à un bon début pour la saison prochaine’’.

Le responsable santé de la Fifa a aussi préconisé des mesures d’hygiène dans les terrains de football. ‘’Par exemple, d'éviter de cracher. Pourquoi devrions-nous voir ça dans le foot et pas dans d'autres sports ? C'est l'une des choses auxquelles il faudra réfléchir, parce que ce sera un vrai danger dans le futur’’, a prévenu M. D'Hooghe. ‘’J'ai bien peur que, pour avoir une solution complète, nous devions attendre d'avoir un programme de vaccination’’.

LOUIS GEORGES DIATTA

 

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