Publié le 27 Mar 2024 - 23:39
PRÊTS FINANCIERS EN LIGNE

La filière chinoise se précise

 

Les victimes des « banques » en ligne étalent leur amertume sur les réseaux sociaux. Après « Ouest Crédit » et « Séné Prêt », c’est « Boom Prêt » qui est actuellement en train de sévir. Ce ne sont plus des montants conséquents qui sont proposés, mais des spots de 6.500FCfa. Un indice du désarroi financier que vivent beaucoup de Sénégalais…

 

« Boom Prêt », se présentant comme une « agence », octroie depuis quelques jours sur les réseaux sociaux des prêts de 6500 FCfa remboursables à 10.000 FCfa pour une durée d’une semaine. Au-delà de 7 jours, donc en cas de défaut de paiement, une amende de 1000 FCfa par jour est appliquée au « client ». Depuis ce mercredi, 27 mars, plusieurs initiatives de groupes WhatsApp ont alerté sur le caractère viral du phénomène, et expliqué comment le souscripteur est pris au piège. Les conditions du prêt sont la livraison de l’ensemble de ses données personnelles via une application envoyée par un lien qui enregistre tous vos contacts. Ce qui leur permet, en cas de défaut de paiement, d’entreprendre auprès de vos relations une opération de dénigrement, en leur expliquant que vous n’êtes pas digne de confiance, que vous devez de l’argent à « une banque », selon des victimes s’exprimant dans des groupes WhatsApp.  

Des observateurs avaient lancé 10 janvier 2024, une alerte cruciale concernant deux applications, « Ouest Crédit » et « Séné Prêt », disponibles respectivement sur le PlayStore et sur l’AppleStore, et proposant des prêts d’argent à des taux prohibitifs et dans des délais très courts. Ouest Crédit, dont le Directeur général est Chinois, compterait dans la région de Dakar 800 salariés disséminés sur quatre sites. Dans un quartier de la banlieue dakaroise), un site abriterait 150 opérateurs. « Ouest Crédit » propose des prêts de 500.000 FCfa remboursables dans un délai de 180 jours. Le 09 janvier, le ministre de l’Economie et des Finances, Mamadou Moustapha Bâ, avait réagi via un communiqué. « Ces pratiques devenues virales sur les réseaux sociaux sont [une] source d’arnaques auprès des populations. En conséquence, il est requis des populations de cesser toutes activités avec les institutions précitées et, le cas échéant, de se rapprocher de la direction générale du secteur financier ». Mais le phénomène ne s’est pas arrêté pour autant…

 Ces plateformes qui se multiplient mènent des opérations illégales de collecte d'épargne et d'octroi de crédits, mettant ainsi en péril les finances des utilisateurs. Une fois l’application téléchargée, on ouvre un compte en fournissant les informations demandées : nom, prénom, numéro de téléphone et ceux de deux proches avec la précision du lien de parenté, la copie de la pièce d’identité et un selfie.

À l'issue de cette procédure, un message contenant un code OPT (One-Time Password, mot de passe à usage unique) est expédié au numéro du demandeur pour attester de l'activation de son compte. Cependant, la réalité diverge considérablement des allégations véhiculées par les publicités qui inondent les médias sociaux. Lorsque ces pratiques trompeuses sont dénoncées, ces entreprises déploient rapidement des stratégies de réinvention : certaines applications ont changé leur nom ou leur logo sur les plateformes de téléchargement telles que le Google Play Store. Ainsi, Ouest Crédit se fait désormais appeler Prêtpourvous, tandis que sur les téléphones, elle se présente sous le nom de Beau Crédit.

Jean Pierre Faye, coordinateur du Collectif de lutte contre les crédits en ligne a soutenu que « le fait pour ces sociétés de disposer comme elles veulent des données personnelles de leurs utilisateurs a causé beaucoup de dégâts ». Selon M. Faye, interrogé par Apanews en janvier dernier, « certains ont perdu leur travail parce qu’on a appelé leur employeur, d’autres ont eu des problèmes de couple parce que leur mari a été contacté à titre de garant », a-t-il ajouté. C’est pour éviter que la situation ne devienne incontrôlable qu’il a pris l’initiative de créer un collectif comptant à ce jour une centaine de membres. Ils se disent tous victimes des structures de prêt en ligne. Une plainte a été déposée le 11 janvier dernier à la Brigade spéciale de lutte contre la cybercriminalité pour « harcèlement, collecte et utilisation de données à caractère personnel à des fins frauduleuses ».

Ass Birago DIAGNE

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