Publié le 20 Jan 2026 - 12:17
PORTRAIT - MAMADY NDIAYE ALIAS BOY NDIAYE

Le pêcheur de Guet Ndar, “homme de la mer et du ballon”

 

Sous son maquillage aux couleurs nationales et son déguisement en faux lion, Mamady Ndiaye, 32 ans, incarne à lui seul la ferveur populaire qui a déferlé sur Saint-Louis après la victoire des Lions de la Teranga. Pêcheur depuis l’âge de 15 ans, il connaît les marées aussi bien que les matchs des Lions. Dimanche, il a troqué ses filets de pêche contre un drapeau, sa pirogue contre la fanzone du pont Faidherbe.

 

Dans la foule en liesse de la fanzone, ses cris d’encouragement se distinguent parmi tous les autres. Tellement sa voix porte dans les sons des tambours, sifflets et klaxons. « Quand Pape Gueye a marqué, j’ai sauté dans les bras de mon voisin avant de m’évanouir. Il m’a fallu quelques minutes pour revenir », raconte-t-il en riant. « On a eu peur quand le Maroc a mis le pied sur le ballon, soutenu par des décisions arbitrales partiales, mais au fond de moi, je savais qu’on allait gagner. Les Lions, c’est notre fierté, notre espoir », lance Boy Ndiaye avec des pas de danse endiablés.

Dans le quartier des pêcheurs de Guet Ndar, Mamady est connu pour sa bonne humeur et ses analyses footballistiques passionnées. Grand fan de Sadio Mané et inconditionnel du Real Madrid, il rassemble souvent ses amis devant la télé autour du thé pour discuter de football. Mais ce dimanche, la fanzone lui a offert un autre décor, mais la même ferveur. « Même la mer a dansé avec nous au coup de sifflet final », plaisante le pêcheur-supporter. « Cette victoire, c’est comme quand on rentre de la pêche avec des filets pleins : on oublie la fatigue, on chante, on rit, on remercie Dieu. »

Père de deux enfants, Mamady Ndiaye voit dans cette victoire un message pour la jeunesse de Saint-Louis. « Nos joueurs montrent qu’avec la discipline et la persévérance, on peut tout réussir. Ce n’est pas seulement une coupe qu’ils ont gagnée, c’est le respect du continent. »

Hier matin, alors que beaucoup dormaient encore après la nuit blanche, Boy Ndiaye était déjà sur le quai des pêcheurs, fredonnant encore l’hymne des Lions, le regard tourné vers l’horizon. « Le foot, c’est comme la mer. Il faut du courage, de la foi et un bon capitaine. Et Sadio Mané, c’est le meilleur capitaine qu’on puisse rêver, parce que grâce à son charisme, il a sauvé une finale continentale », conclut Boy Ndiaye.

IBRAHIMA B. SENE

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