Publié le 27 Dec 2013 - 18:07
ARTS- SCULPTURE ET PATRIMOINE

Cheikh Diop Makhone, un monument tombé dans l’oubli

 

Une visite guidée de l’exposition ‘’suxali’’ (ndlr renaissance) a été organisée hier au King Fahd palace qui reçoit l’événement au profit de la presse. C’est une exposition d’œuvres de fils et petits-fils du sculpteur Cheikh Diop Makhone.

 

Cela vaut actuellement le coup de faire un détour dans le hall du King Fahd Palace. De sublimes œuvres d’art y trônent majestueusement. Toutes des sculptures en bronze réalisées par les héritiers de l’artiste Cheikh Diop Makhone. Une visite guidée suivie d’une conférence de presse a été organisée hier sur les lieux de l’exposition baptisée ‘’suxali’’.

Une expo ouverte, depuis le 21 novembre dernier et qui se poursuit jusqu’au 20 janvier. Cheikh Diop Makhone, malgré son talent reconnu, reste anonyme, pour la plupart des Sénégalais. Pourtant son nom mérite de figurer aux deux panthéons (ndlr : futur Musée des civilisations noires et la Place du souvenir africain) que le Sénégal compte dédier à ses illustres hommes.

Cheikh Diop Makhone est l’auteur de plusieurs sculptures que les Dakarois admirent tous les jours. Qui ne s’est pas une fois émerveillé devant la statuette de Lat-Dior qui trône majestueusement au centre international du commerce extérieur du Sénégal (Cices) ? Et ce n’est pas la seule. Des exemples de ce genre, il y en a encore beaucoup que l’on pourrait citer. Le savoir-faire de cet artiste natif de Diourbel avait conquis le premier Président sénégalais Léopold Sédar Senghor.

C’est ainsi qu’il en avait fait son sculpteur attitré et lui commandait tous les cadeaux que le Sénégal devait offrir à ses hôtes étrangers. ''Cheikh Diop utilisait une technique artistique qu’on ne trouvait pas au Sénégal et il y excellait. Il utilisait la cire perdue'', s’est même émerveillé l’artiste tapissier Pape Ibra Tall dans une vidéo en hommage à son collègue.

Embouchant la même trompette, le plasticien Kalidou Kassé a déclaré : ''j’ai été séduit, quand j’ai vu ce travail bien fait, raffiné et élégant''. Comme Senghor, Abdou Diouf, à son tour, avait décelé le potentiel extraordinaire chez cet artiste. Il avait soutenu son travail à sa manière. Mais aujourd’hui, Cheikh Diop est tombé dans l’anonymat total.

Pour faire son héritage, sa famille a décidé d’ouvrir les ateliers ''Makhone Diop et fils''. Ils veulent également, à travers cette initiative, valoriser le travail de trois générations d’artistes. Tout a commencé avec Cheikh Diop et s’est poursuivi avec son fils Makhone Diop. Le témoin est aujourd’hui passé aux petits-fils qui ont réalisé les 48 œuvres que reçoivent les cimaises du King Fahd palace.

Devant les journalistes, l’aîné des petits-fils, Issa Diop, a fait part des souhaits de la famille. ''On veut à nouveau avoir des commandes publiques. Les gens viennent acheter dans nos ateliers pour aller revendre, alors qu’ils peuvent venir directement le faire. On veut aussi exposer et participer au prochain sommet de la Francophonie’’, a-t-il exprimé. 

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