Publié le 27 Jan 2023 - 16:19
DESTITUTION DE SON MANDAT PARLEMENTAIRE

Mimi Touré se rebiffe

 

Aminata Touré, désormais ex-députée de la quatorzième législature, n'a pas digéré sa destitution actée ce mardi par le bureau de l'Assemblée nationale. Face à la presse ce jeudi, l'ancienne tête de liste de BBY a contesté son "renvoi" de l'hémicycle et réitéré son opposition contre toute tentative de troisième candidature du président Macky Sall, entre autres questions.

 

Destituée de son mandat de député par le bureau de l'Assemblée nationale, la riposte de Mimi Touré n'a pas tardé. Hier, en conférence de presse, l'ancienne tête de liste de Benno Bokk Yaakaar a révélé qu’elle entend bien user des voies et moyens disponibles, afin de recouvrer son mandat. "Bien entendu, je saisirai toutes les voies de recours juridiques nationales et internationales pour mettre fin à cette injustice. Voilà une autre preuve des attaques du président Macky Sall contre notre démocratie que des générations de Sénégalais et de Sénégalaises ont bâtie dans la sueur et dans le sang’’, a souligné Aminata Touré. 

Revenant sur sa révocation, Mimi a rappelé qu'elle n'a jamais démissionné de sa formation politique qu'est l'APR et qu'en outre, elle a été investie par la coalition BBY et non par l'Alliance pour la République. "Pour votre juste information, je n'ai jamais écrit de lettre de démission, ni annoncé de démission de l'APR ou de Benno Bokk Yaakaar. Je n'ai même pas été entendue, ne serait-ce que par pur formalisme, par une instance, ni de l'APR ni de Benno Bokk Yaakaar dont je fus la tête de liste. Je ne suis pas députée investie par l'APR, mais par Benno Bokk Yaakaar et, comme je l'ai dit, je n'ai démissionné ni de l'APR ni de Benno Bokk Yaakaar. En un mot, c'est une forfaiture commandée par le président Macky Sall qui ne supporte pas la présence de son ancienne tête de liste que je suis à l'Assemblée nationale, qui a parcouru 5 175 km sous le soleil et la pluie". 

À un peu plus d'un an de la Présidentielle, la question de la troisième candidature de l'actuel président de la République a aussi été évoquée. "Aujourd'hui, cette quête d'un troisième mandat est une ligne de fracture dans ce pays, avec, d'un côté, ceux qui veulent préserver leurs intérêts personnels, quitte à brûler le pays, et, de l'autre, ceux qui sont déterminés à défendre notre démocratie, notre attachement aux valeurs de justice sociale, de paix, d'équité et de respect de l'autre. Dans ce combat, j'y laisserai mon dernier souffle, s'il le faut, car avec lui, je m'attends à tout, je dis bien à tout et je suis préparée à tout, parce que je considère que la vie n'a de sens que si elle est vécue dans l'honneur et en accord avec ses propres convictions", a martelé Aminata Touré.

Préserver les acquis démocratiques

Revenant sur le contexte politique actuel, Aminata Touré a interpellé le chef de l'État sur fond de recommandations. "Ce qu'on attendait du président de la République en 2023, à 11 mois de son départ, c'est de pouvoir rassembler toutes les franges sociales, culturelles, ethniques. Jeunes, femmes, hommes qui composent dans leur diversité cette nation, d'annoncer son départ et d'appeler à une concertation de tous les acteurs politiques sans exclusive pour un renforcement de notre démocratie et nos institutions en vue de son départ dans la paix et la stabilité du pays", soutient l'ancienne patronne du Cese.

La désormais ex-parlementaire regrette l'attitude de son ancien mentor qui, selon elle, est obnubilé par une troisième candidature. "C'est, hélas, la situation contraire que nous vivons. Jamais ce pays n'a atteint ce niveau de haine, d'abus du pouvoir, d'exclusion de sensibilités politiques différentes de celles du président Macky Sall qui veut nous imposer sa quête d'un troisième mandat qui serait une violation de la Constitution, ce socle de notre République. Il faut le savoir, le président Macky Sall compte nous imposer la force et rien que la force. Il compte imposer la force contre tous ceux qui se mettront en travers de son chemin vers le troisième mandat, juridiquement et moralement inacceptable. Dans sa coalition, tous ceux qui s'opposeront au troisième mandat seront exclus et traqués impitoyablement", renchérit Mimi.

‘’Si le président Abdoulaye Wade lui avait appliqué la même violence…’’

"Contre ses adversaires politiques, poursuit l'ancienne ministre de la Justice, il utilisera tous les moyens possibles pour les anéantir. Et pourtant, si le président Abdoulaye Wade lui avait appliqué la même violence, il ne serait pas aujourd'hui président de la République du Sénégal".

Pour contrecarrer les plans de son ancien mentor, Aminata Touré compte sur la conjonction des forces, afin de mettre en place une plateforme nationale susceptible de servir de rempart pour les acquis démocratiques. "Je lance un appel à tous les démocrates de ce pays, à tous les hommes, femmes, jeunes, vieux, travailleurs, pères et mères de famille, intellectuels, dirigeants d'entreprise, artistes, société civile et politiciens épris de justice en vue d'une mobilisation massive autour d'une plateforme nationale de défense de la démocratie, en vue de préserver nos acquis démocratiques", préconise l'ancienne Première ministre.

Elle ajoute : "Ensemble, défendons notre patrimoine commun, défendons notre réputation et notre image de grande démocratie. En ce qui me concerne, je m'engage solennellement à me battre jusqu'à mon dernier souffle et quoi qu'il m'en coûte."

Lors de son grand oral, Aminata Touré ne s'est pas privée d’inviter les forces de l'ordre et de sécurité à se mettre du côté du peuple. "C'est l'occasion de nous adresser solennellement à nos forces de sécurité qui sont nos enfants, nos frères, nos maris, nos amis, nos voisins, pour leur dire qu'ils sont des fils et filles du Sénégal, ce beau pays que nous partageons, pour leur dire qu'ils sont exclusivement au service du peuple sénégalais et pas au service des objectifs crypto-personnels du président Macky et il en est de même pour tous les corps de l'État, notamment la justice. Comme mère, j'exhorte nos forces de sécurité à préserver la vie et la sécurité de tous nos citoyens et en toutes circonstances", lance-t-elle.

Mamadou Diop

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