Publié le 26 Sep 2013 - 12:12
GESTION DE L'EAU DEPUIS 2002

Macky Sall omniprésent

 

 

Un contrat signé en 1996, six avenants et la promesse d’en obtenir un septième, la Sénégalaise des eaux  (SDE) est décidément dans son élément : l’eau. Et selon des informations dignes de foi, ce partenaire stratégique sur lequel compte l’Etat, a de beaux jours devant lui. L’avenant numéro 7, devrait rallonger le contrat de la SDE pour cinq ans, c’est-à-dire jusqu’en 2018, un an donc après la Présidentielle de 2017.

 

Ce qui est clair, c’est que ce débat ne se serait même pas posé  si le Président Wade avait réussi son coup en 2012. La Sénégalaise des eaux (SDE), qui est contrôlé à 65% par le privé français, avait en effet réussi à faire rédiger aux autorités d’alors, un contrat de concession sur 30 ans qu’EnQuête avait publié en exclusivité dans son édition du 16 juin 2011. Nous savons par ailleurs que  le ministre de tutelle d’alors, Oumar Sarr en l’occurrence, avait vu le dossier échapper à son contrôle pour atterrir à l’Agence nationale pour la promotion de l'investissement et des grands travaux (APIX) à l’époque dirigée par Aminata Niane. On ne sait d’ailleurs pas pour quelle raison précise parce qu’Oumar Sarr jouissait bien de la pleine confiance du Président Abdoulaye Wade. En tout état de cause, le dossier reste dans les tiroirs de la Présidence. Et il n’est pas impossible que le ‘’renard’’ Wade ait cherché à politiquement monnayer sa signature, pour obliger les Français à rester…solidaires. Il ne faut pas oublier que nous sommes en pleine campagne pour la  non candidature du Président Wade à la présidentielle de 2012.

 

Macky Sall au cœur des dossiers...

En tout cas, lorsque le Président Macky Sall arrive au pouvoir, il hérite du dossier. Mais il préfère prolonger juste pour un an le contrat de la société en attendant d’y voir plus clair. Pourtant le  Président Macky Sall maîtrise parfaitement le secteur de l’Hydraulique pour avoir été ministre de ce secteur. C’est en effet lui qui signe le 28 janvier 2002, l’avenant N°1 qui permet à la Sénégalaise des Eaux de prolonger d’un an le contrat d’affermage du secteur public de la production et de la distribution d’eau potable, ce, en se référant aux termes de base du contrat initial signé, comme précisé dans notre édition de lundi dernier, par le Premier ministre Habib Thiam, le ministre de l’Economie et des finances Papa Ousmane Sakho ainsi que celui de l’Hydraulique Mamadou Faye, à la date du 5 avril 1995.

On retrouve aussi la signature du ministre de l’Hydraulique qu’il fut sur l’avenant N°2 signé moins d’un an, après le premier. Dans les documents parcourus par EnQuête, on voit aussi la signature de Mamadou Samb, alors Directeur général de la Société nationale des eaux (Sones) ainsi que Frédéric Renard que l’actuel Directeur général de la Société des eaux (SDE) a remplacé. Au total, le Président Macky Sall a signé ou inspiré trois des six avenants qui permettent à la SDE de poursuivre l’exploitation et la distribution de l’eau au Sénégal, jusqu'à la date d'aujourd'hui. Et sans nul doute, la société est assurée d'obtenir le précieux sésame pour les 5 ans à venir, sauf si la situation se complique davantage pour prendre d'autres tournures.

Sones, l'instabilité continue

Ce qui est sûr, c'est qu'au niveau  du secteur de l'eau, des voix s'élèvent pour dénoncer l'instabilité chronique à la tête de la SONES, qui participerait à entretenir la crise. Six Directeurs généraux se sont en effet succédé à la tête de la boîte. Il s'agit d'El Hadj  Dieng Mamadou Samb ''Delco'' (Ndlr, qui s'est retrouvé ensuite conseiller d'Abdoul Mbaye à la Primature), Amadou Ndiaye, Cheikh Fall, Ibrahima Diallo, Abdourahmane Diouf et Anta Seck... Dans le lot, seuls deux ont le profil technique indiqué pour piloter une boîte comme la Sones et soutenir le bras de fer avec la SDE. Ce qui n'est pas pour déplaire à la société d'exploitation qui n'a sans doute pas envie d'avoir en face d'elle des interlocuteurs crédibles au poste de Directeur général.

 

 

 

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