Publié le 18 Jul 2025 - 13:49
Les agences de notation

La FIFA des investisseurs

 

L’agence Standard & Poor's (S&P) vient de dégrader la note du Sénégal de "B" à "B-" avec perspective négative. Les agences (S&P, Moody's et Fitch, principalement) font des notations et classements comparables à ceux de la FIFA dans le football. On peut changer le classement d’un pays juste parce qu’il a perdu un match important mais sa valeur intrinsèque peut rester intacte. C’est le cas du Sénégal pour la notation souveraine qui reflète l’opinion des agences sur la capacité de l’Etat à honorer ses engagements aux échéances prévues.

B- avec perspective négative :  baisse de note mais mention inchangée

Si votre note passe de 11 à 10 vous avez toujours la même mention (passable). Sur l’échelle de S&P les notes "B+", "B" et "B-" correspondent à la même mention "Très spéculatif", c'est-à-dire un risque élevé de non remboursement de la dette dû à la vulnérabilité aux changements des conditions économiques et financières. Si on descend encore, on tombe dans la mention "risque élevé".

L’agence S&P prévoit 23 étages pour arriver au sommet (contre 21 pour Moody's). La différence vient du fait que S&P a ajouté 2 niveaux au sous-sol alors que Moody's commence par le rez-de-chaussée. Le Sénégal passe du 9e au 8e étage sur les 23. La perspective négative veut dire qu’il y a une forte probabilité de révison à la baisse de cette note, si les tendances actuelles se poursuivent. Cela s’explique par la hausse du ratio dette/PIB qui a atteint 119% et la dégradation mécanique des ratios de liquidité, c’est-à-dire la possibilité de payer le service de la dette à partir des recettes budgétaires et des recettes d’exportations.

Situation préoccupante mais gérable

En football,  il n’est pas rare de voir un pays mal classé par la FIFA gagner contre un pays bien classé. Avoir une note plus faible que les autres pays ne signifie pas que tous les investisseurs vont chosir ces pays au détriment du Sénégal. La diplomatie économique doit permettre de montrer aux investisseurs que notre pays est un élève qui a obtenu une bonne note et qui a vu  le professeur lui enlever des points pour mauvaise conduite (problème de transparence dans la gestion des finances publiques) ou bavardage (déclarer publiquement des informations sensibles qu’on devait traiter discrètement).
Nous avons, structurellement, la capacité de relever les défis économiques et d’assurer une bonne gestion des finances publiques pour accroître les marges de manœuvre budgétaires et réduire le taux d’endettement. Au prochain examen (prochaine notation), nous pouvons améliorer notre note.

Pr Abou KANE
FASEG/UCAD 

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