Publié le 18 Dec 2012 - 19:42
PAIX EN CASAMANCE

SOS Casamance demande la levée des mandats d’arrêts contre deux dirigeants du MFDC

 

Le président de SOS Casamance, une association basée en France, Amadou Sylla, a demandé, mardi, à Paris, à l’Etat sénégalais de lever les mandats d’arrêt internationaux lancés contre Salif Sadio et Kourouma Sané, deux dirigeants du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC, rébellion armée), estimant qu’une telle décision favoriserait la résolution pacifique de la rébellion armée dans la région méridionale du Sénégal.

 

"Le maquis [le MFDC] a posé un geste fort en procédant à la libération unilatérale et sans condition de huit otages qu’il détenait. Nous avons là une fenêtre d’opportunité pour une solution pacifique, nous ne pouvons pas la rater", a déclaré M. Sylla dans un entretien accordé à la PANA. Pour le responsable de SOS Casamance, "la balle est désormais dans le camp du gouvernement sénégalais qui doit poser à son tour un acte aussi fort que la libération de huit otages". "Jamais, au grand jamais les conditions de dialogue entre l’Etat et le MFDC n’ont été autant réunies que cette fois-ci. En levant ses mandats d’arrêt contre Salif Sadio et Kourouma Sané, l’Etat du Sénégal va rassurer le maquis et conforter la dynamique de paix", a-t-il estimé.

 

Le président de SOS Casamance a par ailleurs estimé que les négociations entre le MFDC et le gouvernement sénégalais devraient s’ouvrir sans conditions et sans tabou. "La rébellion ne semble pas avoir bougé de sa position initiale: obtenir l’indépendance de la Casamance. Le pouvoir, de son côté, n’a pas varié sur le sujet: la souveraineté et l’intégrité du Sénégal ne sont pas négociables. En dépit de ces positions tranchées, nous estimons que des négociations doivent s’ouvrir sans tabou et sans aucun préalable", a soutenu M. Sylla.

 

Il a souligné que l’aile la plus intransigeante du MFDC, celle de Salif Sadio, était prête à s’asseoir à la table des négociations avec le gouvernement sénégalais. "Du côté du maquis, l’aile de Salif Sadio, naguère la plus intransigeante, est dans de bonnes dispositions d’esprit ; c’est elle qui a procédé à la libération des otages. Saisissons cette chance pour aller aux négociations. Le lieu de ces négociations ne nous semble pas être un enjeu ; pourvu qu’elles se tiennent", a encore dit le président de SOS Casamance.

 

Alors qu’il n’était encore que candidat à la présidentielle, Macky Sall avait présenté à Paris un plan de sortie de la crise casamançaise, prévoyant une implication totale de la Guinée-Bissau et de la Gambie, deux pays voisins du Sénégal, dans le processus de paix. Le plan insiste également sur la nécessité d’associer les chefs religieux et les acteurs de la société civile à la recherche d’une sortie négociée à la rébellion armée en Casamance. Il prévoit en outre un vaste plan de développement social et économique de la Casamance, s’appuyant, notamment, sur le désenclavement terrestre, aérien et maritime de la Casamance, région coupée du reste du Sénégal par la Gambie.

 

Depuis 1982, la Casamance connaît une rébellion armée indépendantiste qui a provoqué de nombreuses pertes en vies humaines. Après une flambée de violences au début de l’année 2012, les affrontements entre l’armée sénégalaise et les rebelles du MFDC ont fortement baissé en intensité. La libération en novembre dernier de six militaires, d’un gendarme et d’un civil par le maquis est venue confirmer le dégel entre les belligérants.

 

Afriquejet

 

 

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