De la bijouterie au hip-hop

Moussé Ndaw Lo ou General Diez dans le monde artistique a fini de faire ses petits pas dans la banlieue dakaroise. Après avoir conquis les plus grandes scènes musicales, il veut faire éclore son talent à travers son premier un album solo qu’il compte présenter avant la fin de l’année 2015. Un album purement concocté par ses ‘’idoles’’ dans son art, les rappeurs du groupe Keur Gui.
On le prendrait facilement pour Kilifeu de Keur Gui crew. Il est aussi noir que lui, un peu moins grand quand même mais a une barbe pareille à celle du duettiste de Thiate. Ainsi, style afro, barbe crépue, la démarche et même la tonalité de la voix rappellent, chez Moussé Ndaw Lô dit Général Diez, Kilifeu. Né à Dakar, le petit Lô quitte la capitale sénégalaise après la classe de CM². Ses parents l’amènent à Kaolack où il apprend le Coran. C’est dans cette ville qu’il découvre le hip-hop à travers les concerts animés par le célèbre groupe de rap Keur Gui qui était alors à ses débuts. Tout petit, Général les suivait partout, maîtrisant par cœur les paroles de leurs chansons. En ces temps, il était loin d’imaginer qu’il serait rappeur un jour.
Car, il s’est avant tout essayé à un tout autre art : la bijouterie. Plus tard, il finit par sympathiser avec les membres du groupe en prenant de l’âge. Il était toujours leur fan. Et quand General a voulu titiller le micro, il n’a pas convaincu son entourage et encore moins sa référence dans le milieu des cultures urbaines. Par ricochet, Kilifeu ne le prenait pas au sérieux tout au début de sa carrière. Il ne voyait à travers ce jeune que l’ami bijoutier. ‘’Quand Kilifeu a écouté mon premier single, il m’a automatiquement demandé d’aller m’occuper de mes bijoux. Comme quoi je n’aurais jamais ma chance dans la musique’’, se rappelle-t-il.
Tenace, Général ne se décourage guère. Et c’est le manager du groupe Keur-Gui, Gadiaga qui lui donnera sa chance de se produire sur scène et d’avoir même un cachet. Ce dernier a eu l’oreille plus fine que celle de Kilifeu. Et il n’a pas déçu. Avec ‘’garabou deum yi’’, il enflamme le public kaolackois ainsi que ses aînés dans le milieu dont Malal Talla alias Fou Malade et Simon Kouka. ‘’Simon est le premier rappeur à m’avoir emmené en tournée nationale alors que je n’avais pas un album et il m’a payé. Malal Talla quant à lui est comme un coach pour moi ; il apporte beaucoup dans mes productions’’, indique-t-il. Ainsi, pour un essai, ce fut un coup de maître. Cet underground s’en est sorti avec un immense succès qui s’est propagé dans toute la région.
Commence alors une carrière qui promet d’être riche. Aujourd’hui General est l’un des protégés du groupe Keur-Gui. C’est d’ailleurs le label de Kilifeu et Thiate qui doit produire son premier album dont la sortie serait imminente. Cela consacrerait un cheminement de 10 ans dans le milieu du hip-hop. Un art qui, pour lui, est le dernier auquel il se donnera en se fixant comme objectif : ‘’Dire la vérité, bannir ce qui est anormal dans la société à travers ma musique.’’
AMINATA FAYE (Stagiaire)