Publié le 21 Dec 2022 - 13:29
RÉVOCATION DE SON CONTRÔLE JUDICIAIRE

Pape Alé Niang retourne en prison

 

Le journaliste Pape Alé Niang est une nouvelle fois placé sous mandat de dépôt par le juge du deuxième cabinet, hier. Son avocat Me Khouressy Ba soutient qu’il n’y a pas lieu de dramatiser les choses, car ses collègues et lui vont introduire sous peu une demande de mise en liberté provisoire. L’avocat propose que le bracelet électronique lui soit imposé, du fait de son état de santé fragile.

 

Le journaliste Pape Alé Niang est à nouveau placé sous mandat de dépôt. Alors qu’il a bénéficié, il y a de cela une semaine, d’une liberté provisoire, le patron de Dakarmatin a été cueilli mardi, dans la soirée, chez lui par les éléments du Groupe de recherches et d’interpellation (GRI). Il lui est reproché de ne pas respecter les termes de son contrôle judiciaire en se prononçant sur les termes de son audition, lors du live de Mollah Morgan sur Facebook.

Surpris par ce qui se passe, son avocat Me Khouressy Ba soutient que c’est la première fois qu’il assiste à une révocation d’un contrôle judiciaire. Selon la robe noire, les faits pour lesquels son client est arrêté mardi soir n’ont rien à voir avec l’objet de sa mise sous contrôle judiciaire. ‘’C’est un excès de pouvoir manifeste,  un abus de droit, une voie de fait. Le procureur ne peut pas interférer dans le cours des choses. Le juge ne devait pas l’accepter. D’ailleurs, il y a eu un débat sur cette question. Le juge a dit que c’est une question à laquelle la chambre devrait être saisie pour donner une réponse’’, a renseigné l’avocat.

Même s’il reste convaincu que le procureur de la République ne peut pas interférer dans un dossier de l’instruction, il soutient que celui-ci a le droit, en vertu du pouvoir que lui confère l’article 171 du Code de procédure pénale, de saisir le juge pour un nouveau réquisitoire pour lancer des poursuites sur le fait que le directeur de la Police judiciaire a été attaqué.

En outre, il annonce qu’une autre demande de mise en liberté provisoire va être introduite, dans les plus brefs délais. ‘’Il ne faut pas dramatiser la situation, puisque Pape Alé Niang, en tant qu’inculpé, garde l’intégralité de ses droits et il bénéficie de la présomption d’innocence. À tout stade de la procédure, il peut demander la mise en liberté provisoire. À partir d’aujourd’hui, nous pouvons saisir le juge. Nous le ferons aujourd’hui ou demain. Et si le juge l’estime nécessaire, il peut assortir sa décision du contrôle judiciaire’’, a affirmé Me Ba.

À cause de l’état de santé fragile de son client, il pense que le bracelet électronique peut lui être imposé.

Pour rappel, c’est le 6 novembre 2022 que le journaliste Pape Alé Niang a été arrêté pour la première fois. Il lui est reproché les faits de divulgation d’informations non rendues publiques par l’autorité compétente de nature à nuire à la défense nationale ; recel de documents administratifs et militaires ; diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques.

Réaction de Pape Alé Niang

Pape Alé Niang a réagi suite à sa nouvelle interpellation. Le journaliste dénonce une tentative de le faire taire à tout prix. ‘’J’informe l’opinion nationale et internationale que je fais l’objet d’un acharnement et d’une persécution abominables et abjects de la part du régime de Macky Sall. Ils ont décidé de me faire taire à tout prix, en exerçant une violence inouïe sur moi jamais vue dans un régime démocratique qui respecte les Droits de l’homme. Face à cela, je me nourris d’une détermination qui me permet d’endurer la souffrance.

Je n’implore pas de soutien. Tout soutien doit être sincère et chevillé au respect de la démocratie, des Droits de l’homme et les principes qui régissent l’exercice de mon métier de journaliste. En attendant, ils n’ont qu’à creuser une tombe dans ma cellule pour m’ensevelir. Car j’ai décidé de me battre jusqu’au bout. J’observe une grève de la faim pour dénoncer, ma détention arbitraire et injuste. Je confie ma famille, mes enfants au bon Dieu’’, écrit-il.

Un message largement partagé hier.

MAGUETTE NDAO

Section: 
CRISE À L’UCAD APRÈS LA MORT D’ABDOULAYE BA Le Conseil académique suspend les amicales, le Collectif étudiant dénonce une “dérive autoritaire”
Détention de 18 sénégalais à Rabat
Un touriste français porté disparu dans le nord-est
UNE VEDETTE DE LA MARINE NATIONALE A CHAVIRÉ À L’EMBOUCHURE DU FLEUVE SÉNÉGAL HIER : Trois militaires portés disparus
SAINT LOUIS : EN SOUTIEN À LEURS FRÈRES ÉTUDIANTS Les élèves dénoncent les violences policières
ICS ET LES TERRITOIRES : L’État appelle à un dialogue inclusif
VIOLENCES POLICIÈRES Un avocat porte plainte contre des agents du commissariat central
AFFAIRE FARBA NGOM : Les avocats dénoncent un “piratage d’État”...
CÉRÉMONIE D’ADIEU DU CHEF D'ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL DES ARMÉES SORTANT L’hommage au général Mbaye Cissé
Crise dans le secteur de la santé
CYBERSÉCURITÉ : Sénégal numérique signale des tentatives de cyberattaques et restreint temporairement certains services
NÉCROLOGIE - GEORGES DÉTHIÉ DIOP S’ÉTEINT APRÈS LE JOURNAL DE 7H La RFM en deuil
AJS
TRAGÉDIE À L’UCAD Le Collectif des Amicales engage une bataille judiciaire contre l’État
ACTES CONTRE NATURE, OBTENTION D'UN BIEN INDU PAR LE BIAIS D'UN SYSTEME INFORMATIQUE… Deux personnes en garde à vue à la Sûreté urbaine
Tensions à l’UCAD
La BRS de Dakar saisit 56 kg de cannabis À Keur Massar
Adha dénonce une “répression meurtrière”
Violences à l’UCAD
SÉNÉGALAIS DÉTENUS AU MAROC Me Patrick Kabou dénonce de graves entraves aux droits de la défense