Publié le 18 Dec 2012 - 11:49
SON AUDITION INTERROMPUE IN EXTREMIS

Oumar Sarr couvert par son immunité parlementaire

 

Convoqué hier à la Section des recherches de la gendarmerie pour être entendu dans le cadre de l’enquête sur l’enrichissement illicite, le coordonnateur du Parti démocratique sénégalais Oumar Sarr n’a pu être entendu. Son audition a été reportée sine die pour des raisons qu’il explique en ces termes : ‘’La Constitution en son article 61 et le règlement intérieur de l’Assemblée nationale en son article 51 disposent qu’un député ne doit pas être poursuivi ni arrêté en session parlementaire’’.

 

Arrivé à la section des recherches à 9h, heure à laquelle il était convoqué, Oumar Sarr en est ressorti 4 heures plus tard, sans être entendu sur le fond. Aux enquêteurs qui l’attendaient sûrement de pied ferme, le député libéral dira d’entrée de jeu : ‘’Vous allez m’interroger, mais sachez que vous allez violer la loi.’’ Constant sur le fait qu’un ancien ministre ne doit pas être entendu par la Cour de répression de l’enrichissement illicite, l’ancien ministre de l’Urbanisme et de l’Habitat s’est néanmoins mis à la disposition des enquêteurs, sous réserve de ses deux remarques.

 

Les hommes du Capitaine Ibrahima Mbow, selon les dires du député Oumar Sarr, après concertation, ont fini par lui déclarer qu’ils ne pouvaient pas l’entendre en violation flagrante de la Constitution et qu’il était libre de partir. ‘’Ils ont dit que nous sommes en session parlementaire et que s’ils doivent m’auditionner, soit, ils vont attendre la fin de la session, soit ils écriront à l’Assemblée nationale pour demander la permission de me poursuivre en pleine session parlementaire’’, a confié le coordonnateur du Pds qui pense que ‘’les enquêteurs ont reçu des instructions émanant de l’Assemblée nationale pour le libérer’’.

 

‘’Je suis très impatient de les entendre sur le fond’’

 

Il était 12h moins 5mn quand Oumar Sarr est sorti de la section des recherches, sous les applaudissements de ses camarades et militants libéraux venus nombreux le soutenir. Le Groupe parlementaire libéral qui devait participer au vote du projet de loi portant modification de la loi organique sur la Haute Cour de justice, le même jour, a boycotté la séance pour venir soutenir le maire de Dagana. Celui-ci a demandé à ce que ‘’la loi soit respectée, que ces interrogations, ces convocations à la gendarmerie, ces harcèlements cessent’’. Car, a-t-il estimé, ‘’tout cela, c’est de la politique’’.

 

Diagne Fada crie victoire

 

Pour sa part, Modou Diagne a crié déjà victoire. Selon lui, ‘’l’interruption de l’audition d'Oumar Sarr donne raison au groupe des Libéraux et démocrates qui avaient dit que la Constitution avait été violée de même que le règlement intérieur de l’Assemblée nationale’’. ‘’C’est comme si les gens qui nous gouvernent ne connaissent pas la Constitution, les lois et règlements qui gouvernent ce pays’’, a-t-il persiflé, tout en soutenant qu'ils ont en face d'eux ‘’un exécutif qui ne respecte pas le législatif’’.

 

Ousmane Ngom appelle à une mobilisation contre le régime de Macky Sall

 

En chef de guerre, l’ancien ministre de l’Intérieur, Ousmane Ngom, a dit tout le mal qu'il pense de ce qu’il considère comme une violation de la Constitution, du règlement intérieur de l’Assemblée nationale et de la violation du droit d’aller et de venir des anciens ministres libéraux qui sont dans le viseur de la Crei, et du droit à la présomption d’innocence. Au-delà du Pds, ‘’ce sont tous les démocrates, tous les gens épris de paix et de justice qui doivent se mobiliser pour mettre un terme à ces violations, ces dérives extrêmement graves qui peuvent conduire notre pays dans des turbulences incommensurables’’, a déclaré Ousmane Ngom devant ses partisans.

 

Il a lancé un appel à ‘’tous les patriotes et démocrates épris de la défense des droits de l’Homme pour se mobiliser et pour faire face à ces dérives’’. Il a, en outre, annoncé que le ‘’le Pds a saisi hier la Cour suprême d’une plainte contre le Procureur spécial près la Cour de répression de l’enrichissement illicite pour crime de forfaiture’’.

 

 

ASSANE MBAYE

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