Publié le 25 Mar 2013 - 23:07
ORIENTATION ÉCONOMIQUE DU RÉGIME DE MACKY SALL

«Du flou», selon l'économiste et chercheur Ousmane Faye

 

De l'avis de l'économiste et chercheur Ousmane Faye, la direction économique empruntée par le régime de Macky Sall manque de clarté.

 

L'orientation de la politique économique du président Macky Sall est ''floue''. C'est l'avis de l'économiste chercheur, Ousmane Faye. Il en veut pour preuve toute la mauvaise publicité faite autour de la dette publique. ''Plus de 3 000 milliards de dette, cela ne veut rien dire pour un économiste'', précise ce chercheur. Parce que, poursuit-il, ce qui intéresse l'économiste, ''ce sont les ratios. C'est en terme de proportion du PIB, des exportations. Est-ce qu'on a des ratios soutenables ?''. De ce fait, ''on peut avoir une dette de 4 000 milliards de F Cfa, quand elle est soutenable par rapport au PIB. L'Uemoa donne des critères autour de 70% qui est le seuil critique. On est largement en-deçà de cela''.

 

Aussi, suggère-t-il de faire la différence entre les propos de campagne du candidat Macky Sall et la réalité du pouvoir. «Quand on est en campagne électorale, on peut utiliser cela, mais une fois au pouvoir il y a un langage à tenir, pour ne pas apeurer les prêteurs. Nous ne sommes pas capables de payer la dette et après, vous retournez sur le marché financier, les gens vont prendre une prime de risques''. Ce qui fait que le coût d'une levée de fonds devient beaucoup plus élevé. «Je ne dis pas que la structure de la dette est bonne. Mais on n'a pas beaucoup de marge de manœuvre. On est un pays sahélien sans grandes ressources. Ce qui fait qu'on est confiné dans des marchés'', souligne l'analyste.

 

Tenir un langage de vérité aux populations

 

Aujourd'hui, indique Ousmane Faye, la seule solution est de travailler pour avoir le profil de pouvoir emprunter sur d'autres marchés financiers. ''Travaillons à polir, à stabiliser notre économie, pour que nous puissions emprunter à de meilleurs taux d'intérêt. La base du prêteur est la crédibilité, la confiance», rappelle-t-il. D'ailleurs le gouvernement l'a expérimenté. «Quand il a fait le premier emprunt, il n'a pas eu ce qu'il voulait», dit-il.

 

Concernant la demande sociale, Ousmane Faye est catégorique. «Ce n'est pas possible de baisser des prix sur lesquels vous n'avez pas de levier. Ce serait préférable que le gouvernement se rapproche de la vérité des prix, car c'est un élément d'information». A l'en croire, il faut expliquer aux gens que nous ne déterminons pas les prix. Et qu'il y a des facteurs que nous ne contrôlons pas. Néanmoins, ajoute-t-il, avec la culture du teefanke (intermédiaire) qui est la nôtre, le gouvernement doit tout faire pour que le lien entre «l'offreur et le demandeur soit le plus direct possible. C'est le seul levier qu'il commande à 100%». Car, si on subventionne, on «reporte des dépenses ailleurs et ça finira par exploser comme ce fut le cas avec l'ancien régime concernant le gaz».

 

Abordant la question relative à la couverture maladie universelle, le chercheur souligne que deux questions n'ont pas été réglées. C'est l'universalité en terme de couverture nationale, et l'universalité en terme de soin. En langage plus prosaïque, le projet couvre-t-il tout le monde et pour tous les soins ? D'autant plus qu'il existe encore plusieurs sous programmes universels comme le Plan Sésame. «Les personnes âgées au Sénégal sont aux environs de 700 000. La dette pour le Plan Sésame tournait autour de 2 milliards par an et l'Etat avait des problèmes pour le faire bien fonctionner», affirme Ousmane Faye. Partant d'une population de 12 millions d'habitants, dont les 50% (soit 6 millions) sont pauvres, une question à poser est la suivante : «Peut-on penser que l'Etat est en mesure d'offrir un programme plus large ?»

 

PIERRE BIRAME DIOH

 

 

AVERTISSEMENT!

Il est strictement interdit aux sites d'information établis ou non au Sénégal de copier-coller les articles d' EnQuête+ sans autorisation express. Les contrevenants à cette interdiction feront l'objet de poursuites judiciaires immédiates.

 

 

Section: 
ARCOP – ENVIRONNEMENT : La commande publique fait sa mue
COOPERATION UNIVERSITAIRE EN AFRIQUE DE L'OUEST : Les recteurs appellent à l'action et à la diplomatie scientifique
DR MAMADOU NDIAYE (CONSULTANT EN SÉCURITÉ ALIMENTAIRE) "Le papier journal, c'est de l'encre et peut être extrêmement dangereux pour la santé"
DIOMAYE À NEW YORK : Une diplomatie active confrontée à une contrainte économique majeure
SM10 AGRO : Ousmane Sonko célèbre l’engagement agro-industriel de Sadio Mané
Paludisme
CROISSANCE ÉCONOMIQUE DE 6,5% EN 2025 : Le rôle clé du pétrole et du gaz
CHERTÉ DE L’ÉLECTRICITÉ – SENELEC – SUBVENTIONS : Les ménages paient la facture
DETTE DU SÉNÉGAL : Le FMI ne tranche pas entre restructuration et rééchelonnement
DIPLOMATIE, SOUVERAINETÉ ET OUVERTURE INTERNATIONALE : Le nouveau tournant diplomatique de Diomaye
Balance commerciale au mois de juillet
YAKAAR-TERANGA / RETRAIT DE KOSMOS ENERGY : L’Ofnac appelé à enquêter sur les 55 millions de dollars évoqués par le PM
PRIX DU PAIN : Les boulangers réclament la baguette à 210 F
FONDATION SÉNÉGAL SOLIDAIRE : Les 500 millions qui font débat
RESTRUCTURATION DETTE SÉNÉGALAISE : Les cadres de la majorité présidentielle répondent aux 191 universitaires
INCLUSION DES PERSONNES HANDICAPEES : La GIZ et l'APJAS renforcent les capacités des acteurs locaux à Thiès
RESTRUCTURATION DE LA DETTE : Pastef réclame la vérité et prévient sur la facture
LE CNP AU PALAIS DE LA RÉPUBLIQUE : Le patronat met ses priorités sur la table
Le CIS salue l’aboutissement des négociations avec le FMI
DETTES CACHÉES : La face visible de l'iceberg