Publié le 18 Feb 2025 - 18:16
ATELIER SUR LES RÉFORMES ÉLECTORALES

Le Gradec plaide pour une réforme électorale inclusive

 

Hier, à Dakar, le Groupe de recherche et d'appui au développement et à la démocratie (Gradec) a lancé un atelier consacré aux réformes électorales avec un accent particulier sur la participation des femmes, des jeunes et des personnes handicapées. En effet, cet atelier s’inscrit dans la mise en œuvre du projet "Saxal Jamm’’ pour l’amélioration des conditions électorales. 

 

En vue de renforcer les capacités des femmes sur les enjeux des réformes électorales en cours, le Gradec a initié le projet "Saxal Jamm". Selon le secrétaire général du Gradec, Ababacar Fall, ce projet vise à contribuer au renforcement de la gouvernance démocratique à travers un atelier d’échange et de consultation sur les réformes électorales. ‘’Le gouvernement a annoncé l'imminence de concertations pour discuter des réformes à apporter à notre cadre juridique. Nous avons saisi cette opportunité pour organiser une série d'ateliers destinés aux femmes, aux personnes handicapées et aux jeunes", explique-t-il.

 À cet effet, la première session a débuté hier avec les femmes et se poursuivra avec les jeunes et les personnes en situation de handicap. "Nous avons commencé avec les femmes et continuerons avec les autres groupes afin de garantir une participation inclusive", précise-t-il.

Par ailleurs, au cours de ces ateliers, il sera question d’analyser et de débattre de la pertinence des réformes à engager dans les textes juridiques. Comme l’a rappelé le directeur général des Élections lors de son intervention, "aucun système n'est parfait, d'où l'importance de ces échanges pour une amélioration continue".

En outre, l’atelier se veut être l’appui à un processus démocratique pour les femmes afin de les outiller sur les moyens de défendre leurs droits et leurs intérêts dans les instances de décision.  Il n’a pas omis de souligner les efforts mis en place par le Sénégal pour faciliter le processus électoral. ‘’Le Sénégal a fait quand même beaucoup d'efforts, beaucoup de progrès. Il n'empêche qu'après chaque élection, nous voyons des fois qu'il y a peut-être des choses qui sont à améliorer et donc ça explique effectivement qu'on puisse avoir des concertations pareilles pour discuter de ces améliorations à apporter", a-t-il déclaré.

Au-delà de la sensibilisation des femmes, cet atelier s'inscrit dans une dynamique plus large portée par la société civile qui joue un rôle fondamental dans la prévention et l'éducation électorale. Dans cette optique, le directeur général des Élections a insisté sur la révision ordinaire des listes électorales qui est en cours, d’où la nécessité d’une sensibilisation accrue.

"Nous, au niveau de la Direction générale des Élections, avons déjà lancé un programme de sensibilisation. Cette période est cruciale et demande un engagement fort de tous les acteurs concernés’’, dit-il en insistant sur le fait que l’atelier concerne ce volet. Il a salué la participation massive des femmes à cet atelier. ‘’Nous avons profité de l'occasion pour appeler les citoyens sénégalais, en particulier les femmes, les personnes handicapées et les jeunes à saisir l'opportunité qu'offre aujourd'hui la période de révision ordinaire des listes électorales pour aller s'inscrire et faire inscrire les jeunes’’.

Environ trois millions de Sénégalais sans données électorales

D’après le DG des Élections, il y a à peu près trois millions de Sénégalais qui détiennent la carte nationale d’identité biométrique CEDEAO sans données électorales. ‘’Dans chaque commune du Sénégal, il y a au moins une commission qui est instituée pour enregistrer les demandes qui se font au niveau de ces commissions-là’’. Il y aura aussi une caravane de sensibilisation, du 18 au 28 février et compte sur les journalistes pour faire la sensibilisation. ‘’La société civile nous accompagne à cet effet. Je pense que ça va durer six mois et les populations vont massivement s'inscrire sur les listes électorales.

En ce qui concerne les zones éloignées, il est possible d'augmenter ces commissions. Tout dépend de l'engouement.  (…). Mieux, il peut y avoir même ce qu'on appelle des commissions itinérantes, c'est-à-dire des commissions qui vont aller au niveau des foires, au niveau des marchés hebdomadaires pour pouvoir enregistrer les citoyens’’. D’après le DGE, des dispositions sont prises pour une sensibilisation intense, afin d’encourager les Sénégalais à s’inscrire en masse. ‘’C'est un projet très important. Tous les Sénégalais qui ont 18 ans ou qui devraient avoir 18 ans, qui ont 30 ans, avant de venir ici, peuvent aller à la commission. Tous les Sénégalais qui ont 18 ans, mais qui n'ont pas le droit de voter, peuvent aller à la commission’’, rappelle-t-il.

Ainsi, le projet "Saxal Jamm’’ se veut être le facilitateur pour la bonne marche des conditions favorables à la stabilité politique et à la cohésion sociale du Sénégal afin d'augmenter la participation politique des femmes, des jeunes et des personnes handicapées. ‘’C'est dans ce cadre qu'il est prévu trois ateliers de consultation et d'échange avec les femmes, les jeunes et les personnes handicapées pour les réformes électorales. Pour permettre une meilleure représentation des femmes dans les instances électives et semi-électives’’, a souligné le président du comité de pilotage du programme ¨Saxal Jamm¨ Babacar Guèye. 

Ils vont donc identifier les obstacles rencontrés par les femmes, les jeunes et les personnes handicapées dans le cadre de leur participation au processus politique et recueillir leurs recommandations qui alimenteront les propositions de réformes électorales.

Thecia P. NYOMBA EKOMIE

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