Publié le 19 Jan 2012 - 18:03
CAPITALE ÉCONOMIQUE DE LA GUINÉE ÉQUATORIALE

 Bata aux pieds des Lions

Bata, Guinnée-Équatoriale

 

Bata la vieille, Bata la neuve. La capitale économique de la Guinée équatoriale porte encore les stigmates de la colonisation espagnole à travers l’architecture hispanique très présente. Mais Bata est pourtant sur les pas sûrs de la modernité avec des immeubles, des routes et des édifices qui respirent le présent.

 

C’est dans cette ville de plus de 70 000 habitants que vont loger les Lions, et évoluer au stade flambant neuf de la ville à partir de samedi contre la Zambie. Au contraire de Malabo, capitale administrative, bâtie sur une île, la ville portuaire de Bata est rattachée au continent. Le commerce du bois et surtout le boom pétrolier, survenu au début des années 80, ont favorisé l’immigration des Africains de l’Ouest et du Centre.

 

Aujourd’hui, la conséquence de cet essor économique se fait sentir dans la cherté de la vie à Bata. Le kilo de la viande de mouton est à 6 000 francs Cfa, par exemple. Un poulet s’achète à 8 000 francs Cfa. Une canette de soda est à 1000 F, un piment s’échange au marché pour 200 francs Cfa. Pour autant, les salaires suivent puisque le salaire minimum est de 140.000 francs. Une domestique de maison (bonne) touche au moins 150.000 francs par mois.

 

 

Restaurant sénégalais ''Tonton Fall''

 

La cherté de la vie ne décourage point les immigrés, nombreux à Bata. Dans le centre-ville aux abords du grand marché, Guinéens, Maliens, et Sénégalais cohabitent. Sur Monte Bata, ils tiennent des boutiques de téléphonie, des quincailleries et de petits restaurants.

 

Celui de Tonton Fall ne désemplit pas aujourd’hui. Au menu, l’incontournable ''ceebu jën''. Mais aussi du riz avec une sauce à base de feuilles de manioc, et du poisson grillé. Fall, ''talibé de Serigne Touba'', est un des plus anciens Sénégalais de Bata. ''Cela fait 20 ans que je suis dans cette ville, confie-t-il. Je ne fais que de la restauration, actuellement je travaille avec le cuisinier qui doit gérer l’équipe nationale, c’est pour cela que je n’ai pas le temps''.

 

Son voisin malien, Mamoundou, lui, est content de voir débarquer les Lions du Sénégal logés non loin du restaurant Tonton Fall. Le Malien de 55 ans pronostique déjà une ''finale Sénégal-Ghana'' et ira au stade pour supporter ''ses frères''. Bertrand, Burkinabé, lui, prévient déjà Nina de la correction qui attend sa Guinée Équatoriale face aux Lions. ''3-0, minimum'', chambre-t-il devant la fille qui force son sourire. ''De toute façon, nous les Guinéens, nous savons que nous allons perdre tous les matches, avoue Manuel, chauffeur de taxi. On ne rêve pas, même notre président dit de ne pas nous enflammer''.

 

Ce qui est sûr à Bata, ‘’les Sénégalais seront reçus comme des rois'', jure le taximan dans un français approximatif. Cela tombe bien, les Lions arrivent aujourd’hui.

 

TROIS QUESTIONS A MAMADOU SOUMBOUNOU (VICE-CONSUL DU SENEGAL EN GUINEE EQUATORIALE)

 

Présent en Guinée équatoriale depuis 2004, Mamadou Soumbounou, hôtelier de formation, assure les fonctions de vice-consul du Sénégal à Bata. Il fait l’état des lieux de la présence des Sénégalais dans la capitale économique équato-guinéenne.

 

 

''Il y a environ 3000 Sénégalais dans toute la Guinée Équatoriale''

 

 

Excellence, combien de Sénégalais y-a-t-il à Bata, et comment vivent-ils avec le reste de la population ?

 

Il y a un peu plus de 1000 Sénégalais à Bata et environs, 3000 dans toute la Guinée équatoriale. Ici, les Sénégalais vivent en communauté, tout le monde se connaît. On s’appuie, on s’entraide à travers notre association et à travers le consulat.

 

 

Quel est le profil des immigrés sénégalais ?

 

A Bata, il y a des fonctionnaires comme moi qui suis directeur d’hôtel. Il y a également des entrepreneurs, des jeunes qui travaillent dans le bâtiment et des commerçants qui constituent la majorité des ressortissants sénégalais.

 

 

Quels sont les problèmes auxquels sont confrontés les Sénégalais de Bata ?

 

Le problème principal, c’est la carte de résidence. Tu peux avoir de l’argent, vouloir même investir ; tu peux ne pas avoir la carte de résidence. Tu peux payer les frais pour l’établissement de la carte et ne pas l’avoir.

 

C’est pour cela que le consulat s’est organisé en concertation avec le ministère des Affaires étrangères de la Guinée Équatoriale. Le consulat va recenser tous les Sénégalais sans carte de résidence qui doivent être près de 800, tous sans papiers. Car en Guinée, les contrôles sont fréquents et ils rapatrient tous ceux qui sont en situation irrégulière. Les rapatriements, c’est ce que nous voulons éviter.

 

 

Ndiassé SAMBE, envoyé special en Guinnée-Équatoriale

 

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