Publié le 14 Mar 2012 - 23:39
CONTRIBUTION

Le dernier acte du Conseil constitutionnel

 

J’ai eu tort de croire en ces « sages » du Conseil Constitutionnel. Dans une lettre ouverte adressée à cette structure, je disais que le Judiciaire était « le dernier rempart de notre Démocratie, de notre République », après que l’Exécutif et le Législatif aient été « dévalorisés et décrédibilisés» au point qu’ils soient devenus méconnaissables dans leurs rôles respectifs.

 

J’ai eu tort, également, de croire que ce Conseil Constitutionnel était « la seule structure encore crédible dans ce pays ». Je le pensais vraiment. Mais c’était, peut-être, mal connaître les éléments qui le composent. A commencer par celui qui en est à la tête.

 

J’ai eu tort, enfin, de croire que ce dernier avait tiré fini de les enseignements nécessaires après les « erreurs d’appréciations » commises dans un passé encore récent. Il a raté la dernière occasion de se racheter. Une occasion en or. Que nenni. Sans compter les « gâteries » dont ont fait l’objet ces Messieurs, et qui, semble-t-il, n’ont laissé indifférent aucun d’entre ces juges.

 

Dans la même lettre ouverte, en date du 18 juillet 2011, je disais aux cinq « sages » qu’ils avaient « le redoutable honneur, après Dieu, de décider de ce que [serait] le pays » au lendemain de leur verdict sur la recevabilité ou non des candidats à l’élection présidentielle de 2012. Pour avoir recalé trois candidats (sans raison valable), sur une liste qui en comptait dix-sept au départ. Pour avoir, surtout, « fait passer » la candidature (contestée depuis toujours, parce qu’inconstitutionnelle) du Président sortant, ce fameux Conseil constitutionnel avait plongé le pays dans une situation déplorable. Ces gens-là ne sont moins responsables que personne d’autre dans tout ce qui s’est passé à la veille du premier tour de l’élection présidentielle du 26 février dernier.

 

Les cinq « sages » ont déçu plus d’un sénégalais. Ils ont déçu le monde entier, qui, jusque-là, regardait d’un autre œil ce grand pays (grand par sa vieille tradition de démocratie, malgrésa petite taille et sa situation économique pas très reluisante). Le peuple a sauvé l’honneur en envoyant les candidats au deuxième tour. Donnant du même coup, une autre occasion au Conseil constitutionnel de se redorer le blason. Ils ont égratigné notre légendaire démocratie. Et si on en est actuellement à ce stade des joutes électorales, ils y sont pour beaucoup. Sinon nous aurions connu, depuis longtemps, notre nouveau Président. Et cela nous aurait épargné prolonger l’attente quant à l’issue de cette compétition. Avec tout ce que cela comporte comme pression et comme tension à gérer encore. Personne ne voudrait qu’on dise ou fasse du tort à celui qu’il aime. Donc un homme responsable, qui a de la famille et des amis, devrait, à mon avis, éviter de prêter le flanc, en se gardant de dire ou de faire des choses pour lesquelles il pourrait être blâmé, pour que ceux-là qui sont derrière lui n’aient pas à en souffrir. La responsabilité de cet homme n’en est que plus grande encore lorsqu’il s’agit, comme c’est le cas, ici, d’une affaire aussi importante que celle de CONFIRMER le choix de tout un peuple quant à la personne qui doit présider à ses destinées. Ce n’est pas seulement aux hommes qu’il faudra rendre compte après, mais à Dieu aussi.

 

Et le Sage LOUQMANE disait ceci : «Que ton audace dans le péché soit proportionnelle à ta patience à endurer le tourment de Dieu ». A méditer. Messieurs les juges.

 

Pape O.B.H. DIOUF

mars 2012

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