Publié le 28 Aug 2013 - 19:00
CROISSANCE ÉCONOMIQUE

L'apport de l’agriculture en chute libre

 

 

Naguère une des mamelles de l'économie sénégalaise, le secteur agricole est en peine. Et sa contribution à la formation du Produit intérieur brut (Pib) a nettement baissé depuis 1997. Mais, soutient la direction de la prévision et des études économiques (DPEE), le programme triennal d’investissements publics peut susciter un accroissement de 10,27% par an d’ici 2023.

 

L’agriculture sénégalaise en perte de vitesse. La part du secteur dans la croissance économique baisse d’année en année. Et d’après une étude de la Direction de la prévision et des études économiques (DPEE), ''la contribution de l’agriculture à la formation du PIB a sensiblement baissé durant les quinze dernières années''. Elle est même passée de 10,10% entre 1997 et 2001 à 7,86% entre 2007 et 2011’’, note la DPEE qui présentait hier à Dakar les résultats d’une étude sur la ‘’politique agricole, productivité et croissance à long terme au Sénégal : une analyse en équilibre général calculable dynamique’’.

Pourtant depuis son indépendance, le pays a développé plusieurs stratégies de développement agricole, souligne l’étude. Ces stratégies sont passées d’une politique interventionniste de l’État, dans les années 1960, au plan d’ajustement structurel dans la période 1980. Puis le Sénégal a entrepris un plan de Retour vers l’agriculture (REVA) en 2006 et la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (GOANA) en 2008. Et malgré toutes ces tentatives de redresser l’agriculture, la contribution du secteur à la croissance économique est quasi nul, représentant 0,1%.

Néanmoins, a souligné, le directeur de la DPEE, Pierre Ndiaye, l’agriculture demeure essentiel à la croissance de l'économie sénégalaise. ‘’Pour lutter contre la pauvreté, il faut vraiment miser sur l’agriculture. Elle a des effets très forts sur le reste de l’économie’’, a-t-il indiqué.

Difficultés énormes

Pour y arriver, le pays devra surmonter les difficultés liées, entres autres, à la vétusté des équipements, à l’état de dégradation des infrastructures, à la qualité des semences, au manque d’unités de stockage, et à l’insuffisance de crédits agricoles.

Le gouvernement tente d’apporter des réponses à tous ces manquements à travers un programme d’équipement du monde rural. Dans ce cadre, d'ailleurs, le ministre de l’Agriculture et de l’Équipement rural Abdoulaye Baldé a réceptionné, lundi à Pout, un lot de 16 000 outils sur un besoin estimé à 300 000 unités. Il y a aussi un programme de reconstitution du capital semencier pour lequel le gouvernement compte financer, chaque année, une enveloppe de 5 milliards de F Cfa.

Accroissement moyen annuel de 10,27%

En outre, le programme triennal d’investissements publics (PTIP) est aussi consolidé pour apporter des solutions durables au secteur agricole. L’étude de la DPEE relève même que le PTIP 2013-2015 a augmenté de 126,034 milliards de F Cfa par rapport au précédent (2012-2014). Et sa bonne mise en œuvre devrait ''susciter un accroissement annuel de 10,27% de l’activité agricole sur la période 2014-2023'', ont estimé les experts de la DPEE.

 

AMÉLIORATION DE LA PRODUCTIVITÉ 

Contribution mitigée des subventions d'engrais

La subvention à l’engrais contribue-t-elle à l’amélioration de la productivité agricole ? C’est la question que se pose le professeur d’économie, Abdoulaye Seck, à travers une étude réalisée dans la zone de la Vallée du fleuve Sénégal (Nord du pays). ‘’Les subventions à l’engrais n’ont pas contribué à améliorer de façon significative la productivité agricole’’, a révélé le professeur à la Faculté des sciences économiques et de gestion (Faseg) de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).

Selon Abdoulaye Seck, pour comprendre le pourquoi, il faut interroger la logique comportementale des agriculteurs sénégalais. ‘’Quand vous permettez à un agriculteur, qui a des problèmes financiers, de faire des économies en termes de dépenses par rapport aux intrants, l’idéal était qu’il puisse utiliser ces intrants, parce que le prix a diminué, pour acheter de nouvelles machines, pour embaucher de nouveaux agriculteurs. Mais, ce qu’on a pu constater n’est pas le cas ; il y a des gens qui font face à des problèmes financiers importants et toute économie que vous leur donnez, ils ne vont pas la réinvestir dans le tissu de production, mais ils vont l’utiliser dans la consommation’’, a expliqué le chercheur. Pour lui, cela est assimilable à un détournement de la subvention qui réduit la productivité.

Pour y remédier, M. Seck propose à l’État de mettre l’accent sur deux aspects importants : renforcer les organisations paysannes et intégrer le paysan dans la chaîne de production agricole. ''On s’est rendu compte que les agriculteurs qui sont appuyés par ces organisations tendent à être beaucoup plus productifs que les agriculteurs qui ne sont pas affiliés à ces organisations paysannes. L’agriculteur n’est pas aussi bien intégré dans la chaîne de production agricole qui doit les suivre de la fourche à la fourchette'', indique-t-il.  

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