Publié le 21 Apr 2013 - 20:05
DETTE AFRICAINE

''Odieuse à près de 60%'', selon deux économistes

Léonce Ndikumana et James K. Boyce ont fait l'économie de leur livre, ''La Dette odieuse de l'Afrique'', hier devant les étudiant du Bordeaux Management School (Bem) de Dakar. Selon les deux co-auteurs, ''près de 60% de la dette africaine peut être qualifiée d’odieuse''

 

Afin de camper le débat, Léonce Ndikumana et James K. Boyce ont procédé à la définition des concepts. Selon les deux économistes, la dette odieuse peut se décliner en une tragédie en trois actes pour les populations africaines. Il s'agit du vol et du détournement des fonds empruntés, du coût d’opportunité de cette fuite des capitaux , c'est à dire le renoncement aux gains que l’investissement des fonds détournés aurait pu générer, enfin du remboursement coûteux du service d’une dette virtuelle (en termes de réalisations) pour les populations africaines.

 

De leur avis, il y a trois conditions à remplir pour qualifier ainsi la dette. D'abord c'est l'absence de consentement car les populations ne sont pas au courant. De même elle se caractérise par l'absence de bénéfice public, du moment où cette dette contractée à des fins publiques est utilisée pour servir des intérêts privés. Également, les conditions précitées sont clairement connues des créanciers. Autrement dit, ''les banquiers complices octroient la dette en sachant que l'argent sera détourné'', révèlent-ils. ''La dette odieuse qualifie la dette contractée au nom de la population par un gouvernement à des fins acceptables (financement du développement, soutien budgétaire…), puis détournée par les hauts fonctionnaires de ce gouvernement à des fins criminelles'', résument les deux professeurs.

 

 

Évoquant l'usage de cet argent détourné, ils disent qu'il peut servir au placement dans des comptes privés au sein des centres financiers off-shore, mais aussi au maintien d’un régime dictatorial/militaire et au financement de la répression. Ce qui fait dire aux auteurs que pour chaque dollar que l’étranger prête à l’Afrique, ''environ 60% en ressortent sous forme de fuite de capitaux''. De ce fait, ''près de 60% de la dette africaine peut être qualifiée d’odieuse'', s'alarment-t-ils. C'est pourquoi ils estiment que le monde ''est endetté vis-à-vis de l'Afrique et non le contraire''.

 

Léonce Ndikumana est professeur d’économie à l’Université du Massachusetts à Amherst, États-Unis. Entre 2006 et 2011, il fut haut-fonctionnaire à la Banque africaine de développement (Bad), où il a eu à occuper, à partir de 2008, le poste de Directeur de la recherche. Il est diplômé de l’Université du Burundi et titulaire d’un doctorat de l’Université Washington à Saint-Louis (Missouri), États-Unis.

Son collègue, James K. Boyce, est professeur d’économie dans la même université où il encadre le programme sur le développement. Il est auteur de plusieurs ouvrages et articles de recherche sur des thèmes se rapportant à l’économie du développement. Il est diplômé de l’Université de Yale et titulaire d’un doctorat de l’Université d’Oxford, Royaume-Uni.

 

PIERRE BIRAME DIOH

 

 

AVERTISSEMENT!

Il est strictement interdit aux sites d'information établis ou non au Sénégal de copier-coller les articles d' EnQuête+ sans autorisation express. Les contrevenants à cette interdiction feront l'objet de poursuites judiciaires immédiates.

 

 

Section: 
Mode de financement
REDUIRE NOTRE DEPENDANCE AUX IMPORTATIONS MEDICALES ETRANGERES : Les pistes de solutions du Pr Issakha Diallo
ÉCONOMIE SOUS PRESSION, UNIVERSITÉ À REFONDER, JOJ 2026 Diomaye Faye fixe ses priorités
PIB DU 4E TRIMESTRE 2025 : Une progression de 4,3% notée
IMPACTS GUERRE IRAN : Alerte rouge sur les productions de riz
RÉFORMES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES : Diomaye presse le gouvernement et recentre l’action sur la jeunesse
Riz local
GESTION FADP : Le Jub jubal jubanti à rude épreuve
MISE AUX NORMES DES INFRASTRUCTURES AÉROPORTUAIRES : L’AIBD tient son salon d’honneur réfectionné
SÉCURITÉ ALIMENTAIRE ET CLIMAT : La Banque mondiale injecte 23 milliards F CFA pour des solutions agricoles innovantes
STABILISATION DE LA BRÈCHE ET RELANCE DE L’ÉCONOMIE BLEUE L’ANAM mobilise les acteurs et les partenaires
EMPRUNT DE 650 MILLIONS : Cheikh Diba s’explique !
TRANSPORT - CROISSANCE DÉMOGRAPHIQUE ET URBANISATION CROISSANTE Les voies d’eau comme solution
RENCONTRE INTERNATIONALE DES COMITÉS D’ÉTUDE DU CIGRE Dakar, carrefour mondial de l’expertise électrique
OPACITÉ DE LA DETTE : 650 millions d’euros levés en secret pour maintenir la solvabilité de l’État
MALNUTRITION ET PALUDISME DANS LE MONDE : En 2024, 4,9 millions d'enfants de moins de 5 ans sont morts
ANSD
GOUVERNANCE EXTRACTIVE : Le Sénégal confirmé comme leader mondial de la transparence
IMPORTATIONS FRAUDULEUSES DE POULETS : Rouge de colère, ce que compte faire l'IPAS
COMMERCE EXTÉRIEUR Les exportations du Sénégal chutent de 50 % …