Publié le 16 Oct 2014 - 09:16
EBOLA OU GAZA

Quelle priorité pour la communauté internationale ?

 

L’actualité de ces derniers jours est dominée par deux événements, à savoir l’épidémie d’Ebola qui ravage une partie de la sous-région ouest africaine, et la situation post-crise à Gaza.

Ces deux événements, à première vue, n’ont aucun lien, aucun rapport de cause à effet car se passant dans des régions du monde distantes de 5400 km. La magie de la télévision les a pourtant réunis sous l’angle étroit d’un faisceau de lumière de la caméra aussi intense que les rayons d’une imagerie à résonance magnétique.  Le simple d’esprit que je suis ne peut s’empêcher de faire l’analyse comparative et de s’interroger sur la position de la Communauté Internationale sur les deux crises.

Ebola a fait plus de 4000 morts depuis le début de la maladie au mois d’avril 2014. L’OMS demande un milliard de dollars pour endiguer définitivement l’épidémie qui menace d’emporter 20 mille Africains d’ici la fin de l’année ; on lui en  offre 250 millions.

Au Caire, Abbas demande, pour reconstruire Gaza partiellement détruite par les bombes israéliennes, 3 milliards de dollars. Il en obtient 5,5, et en prime une visite express du secrétaire général des Nations Unies, parti apporter aux Gazaouis le soutien moral indéfectible de la communauté internationale. Il leur assurera sans doute que leur ville sera toujours retapée à neuf à chaque fois que Tsahal y déversera ses tonnes de bombe.

La provocation peut continuer… C’est du moins l’interprétation qu’on peut se faire de la déclaration de Ban Ki Moon à la conférence du Caire sur la Palestine ouverte le 12 octobre 2010. « En 2009,  nous nous étions réunis ici pour la reconstruction de Gaza dévastée par trois guerres en six ans, aujourd’hui nous sommes à nouveau ici pour reconstruire Gaza. Le cycle construction- destruction se poursuit. » (Source : Le Monde.fr.)

On aurait pu penser qu’en la matière la réparation incombe à celui qui est à l’initiative du conflit (cas de l’Allemagne pour la seconde guerre mondiale), ou à celui qui détruit (Israël en l’occurrence), mais non. A ceux-là, l’on a rien demandé et l’on ne demandera rien. La communauté internationale est suffisamment riche et généreuse pour pouvoir se passer des « maigres » ressources des deux protagonistes du conflit israélo-palestinien. Il faut préserver aux uns les ressources nécessaires à la production des missiles de la provocation et aux autres celles indispensables à l’arsenal de destruction. Sans quoi,  que réparera-t-on demain ?

A côté de cela, Ebola continue à faire son petit bonhomme de chemin, parsemé de cadavres que l’on ne ramasse plus, tant le décompte macabre est monstrueux et les moyens de les enterrer sans risque de contagion dérisoires. Au Libéria, les professionnels de la santé, totalement déboussolés faute de pouvoir exiger des moyens de protection efficaces que leur pays est incapable de leur donner, sollicitent une assurance vie pour prémunir leurs enfants d’une famine inéluctable en cas de décès. Ils obtiennent une promesse de licenciement. On pourra toujours compter sur des équipes qui descendront de Mars pour les remplacer.

1 milliard de dollars ! C’est ce qu’il faut pour sauver des dizaines de milliers de vies et empêcher les pays de la sous-région de sombrer dans le chaos économique et,  plus tard,  dans la guerre.

Les réunions et les sommets se multiplient pour témoigner à l’Afrique la compassion des grands de ce monde, mais les priorités sont ailleurs. Les priorités sont à Gaza.

Sadaga Ndao

BP 3006, Dakar

SENEGAL

 

 

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