Le calvaire sans fin de la famille Gano

A la rue 15x16, la famille Gano tente de tourner la page, après l'incendie survenu dans la nuit du 3 mars 2013 à la Médina. Entre misère et promesses non tenues, la famille mange son pain noir.
Saliou Gano continue de vivre le calvaire, après l'incendie survenu, dans la nuit du 3 mars, qui a emporté sa fille Mariama Gano et réduit en cendres sa demeure sise à la rue 15x16 de la Médina. Entouré de ses neuf enfants (2 filles 7 garçons), de ses deux femmes Dieynaba Gano, Néné Diallo et de la maman de cette dernière, cet homme de 43 ans, le visage déjà ridé, est aux abois. Malgré ''le défilé de nombreux médecins après la mort'', (d'après le titre à la une du journal paru le mardi 5 mars), Saliou Gano n'a pas encore entrevu le bout du tunnel.
Le monsieur au teint clair est originaire de Kolda. À ce jour, malgré toutes les promesses faites par les autorités venues les visiter après le sinistre, il n'a reçu qu'une enveloppe de 80 000 Cfa de la part de la mairie de Médina. Outre le chef de l’État Macky Sall, le maire de Dakar Khalifa Sall, Ousmane Tanor Dieng, Idrissa Seck, Arame Ndoye, Moustapha Niasse, Mansour Sy Diamil, Abdou Latif Coulibaly, etc. se sont rendus sur les lieux. ''Pendant un mois, on a logé à l’école Médina. C'est l'adjoint au maire Bamba Fall qui nous a pris en charge. On ne manquait de rien et nous lui en sommes reconnaissants.''
Un père de famille qui galère mais reste toujours croyant
Dans la petite chambre qu'il occupe à la rue 15x16, avec toute sa famille, il s'en remet à la volonté divine. ''Maintenant nous tous, nous nous retrouvons dans cette petite chambre qu'occupait ma deuxième épouse Dieynaba Gano et pour laquelle je paye chaque mois 25 000 Cfa'', explique-t-il avec amertume. ''L'incendie s'est produit parce que ça devait arriver. Nous rendons toujours grâce au Tout-Puissant, car le pire pouvait se produire'', répète Saliou Gano. Pour ce père de famille débrouillard, l'avenir s'assombrit de jour en jour. Il gagne sa vie en tant qu'employé dans un mini resto de la ville. Avec son maigre salaire, il dit avoir fait le tour de Dakar pour trouver une autre chambre et mettre sa famille dans de bonnes conditions. Mais malheureusement il n'en trouve pas. ''Mes deux femmes Dieynaba et Néné Diallo, et les petits enfants passent la nuit dans la même chambre''. Avec le reste, il va toutes les nuits squatter chez son grand frère.
Un enfant toujours traumatisé
Dans cette grisaille, il y a quand même une lueur d'espoir, puisque son fils Mamadou Samba Gano qui a été brûlée lors du drame a bien récupéré. ''Je remercie le président Macky Sall d'avoir pris en charge mon enfant, après l'incendie. Il a été hospitalisé pendant une semaine et a reçu tous les soins nécessaires''. La famille Gano espère encore sur le soutien de toutes les bonnes volontés. D'où le cri du cœur du père de famille. ''Nous en avons besoin'', dit-il. Il demande également de l'aide pour son fils qui a assisté impuissant à la mort de sa petite sœur qui a péri dans les flammes. ''Depuis l'incendie, il a horreur du danger. Toute la famille souhaite qu'il s'épanouisse, comme tous les autres enfants, sans aucun souci'', espère-t-il.
Foire d'arnaques
''Je vendais des beignets à l'avenue Blaise Diagne. Mais après tout ce qui s'est passé, je n'arrive plus à mener mes activités comme il faut. J'ai perdu tous mes bagages, je n'ai plus rien pour redémarrer mes activités'', confesse Néné Diallo, la maman de la fillette décédée. Des personnes, raconte-t-elle, sont venues aux funérailles de sa fille, sans la connaître. Par contre, d'autres en ont profité pour se faire de l'argent avec leur malheur. ''J'ai entendu que des dames se sont fait passer pour la maman de la fille décédée. Elles ont récolté de l'argent. Mon frère a également demandé à une de ses connaissances d'organiser des quêtes pour la famille. Mais depuis lors, elle a disparu. Je m'en désole vraiment. ''Nous demandons juste qu'on arrête d'utiliser mon nom à tort et à travers.''
AIDA DIENE
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