Publié le 7 Apr 2023 - 08:41
INTERNATIONAL- FRANCE (F)

La pouponnière de Clairefontaine

 

Première internationale française à devenir maman durant sa carrière, Amel Majri est aussi devenue ce lundi la première joueuse à participer à un rassemblement de l’équipe de France avec son bébé. Un vent de fraîcheur à Clairefontaine qui va contraindre la FFF à se mettre au niveau de ses concurrents en matière d’accueil de la maternité.

 

De retour en équipe de France pour la première fois depuis septembre 2021, Amel Majri n’est pas venue seule. Sur les traditionnelles photos de la montée des marches de Clairefontaine, la milieu de terrain lyonnaise avait glissé un petit indice : un biberon dépassait de son sac à dos. En juillet dernier, elle était devenue la première internationale à devenir maman durant sa carrière, en donnant naissance à la petite Maryam. Neuf mois plus tard, son bébé l’accompagne dans l’antre du football français, signant à nouveau une petite révolution dans le football féminin français, qui n’avait jamais vu un U1 être invité à un rassemblement.

Cette volonté d’accueillir les mères et leur enfant est toute récente de la part de la FFF. En février dernier à l’occasion du prestigieux Tournoi de France, Corinne Diacre avait déjà ouvert la porte à Manon Heil et son petit Maylan. « La maman sera autorisée à emmener son enfant, si elle le souhaite, avait répondu la désormais ex-sélectionneuse en conférence de presse. Il faut que l’on travaille encore sur certaines conditions, mais la Fédération a réfléchi au sujet et est complètement favorable. » Une évolution également liée à la marche forcée enclenchée par plusieurs joueuses de D1 Arkema ayant sauté le pas de la maternité au cours des deux dernières années.

«   Peut-être qu’un jour on se retrouvera avec quatre ou cinq bambins »

Malgré la proposition faite par la fédé, Manon Heil avait finalement décidé de laisser son fils à la maison. « Corinne Diacre m’a appelée pour me proposer de l’emmener en sélection, mais j’ai fait le choix personnel de ne pas l’emmener cette fois, expliquait dans une interview pour Ouest-France

 la gardienne de Fleury qui vivait à 26 ans sa première convocation chez les Bleues. Je sais qu’il est bien à la maison avec son papa et que ça va me permettre de souffler, d’être pleinement dans mon stage. » Si elle ne disputera pas la moindre minute sous le maillot tricolore, étant troisième gardienne, elle devient tout de même la première maman en activité à être appelé en équipe de France. Un scénario encore inenvisageable il y a de ça dix ans, lorsque les joueuses tricolores croisaient les Norvégiennes poussettes à la main dans les travées des stades de l’Euro 2013. Dans un championnat français qui manque cruellement de modèles en matière de maternité, où seules quatre mamans sont joueuses en activité, cette récente ouverture de la FFF sur le sujet sonne le début de la fin d’un tabou qui a trop longtemps duré. Et Amel Majri compte bien en profiter. Au détour d’une interview pour So Foot, l’internationale revenue de sa grossesse et de sa blessure au ligament croisé en janvier dernier confiait qu’elle ne savait pas encore si elle amènerait sa fille au château de Clairefontaine, si elle venait à être convoquée : « Avant on avait peur, mais de voir que ça peut se faire, se mettre en place, qu’on en parle positivement… C’est une décision personnelle d’être enceinte, mais pour se projeter, ça donne plus de confiance. »

Celle qui est en lice pour être élue joueuse du mois de mars de D1 Arkema a finalement fait le choix d’amener sa petite de neuf mois, soutenue vivement par Hervé Renard. « C’est indispensable de donner une structure aux joueuses qui ont des enfants en bas âge, a répondu sans détour le successeur de Corinne Diacre dès sa première conférence de presse à Clairefontaine. Amel a une petite fille de neuf mois, il est difficile pour une maman de laisser son enfant très jeune à la maison, même si c’est son métier. » Le nouveau sélectionneur insiste même et demande à ce que la France rattrape son retard pour organiser l’accueil des enfants à Clairefontaine. « Il faut arriver à ce qu’il y ait une structure spécialisée pour ça, c’est-à-dire avec une nounou, avec un espace pour que les enfants puissent s’amuser, poursuit le manager lui-même papa de quatre enfants. Psychologiquement, ça a une importance capitale, que tout le monde se sente bien avec des règles. Et puis peut-être, qui sait, un jour, on se retrouvera avec quatre ou cinq bambins parmi nous. Mais du moment que tout est bien organisé, ça ne pose aucun problème. » La FFF n’a pas communiqué depuis sur ce qui avait été mis en place pour accueillir Maryam, habituée à être dorlotée par sa nounou personnelle, présente au quotidien pour filer un coup de main à l’athlète de l’OL.

Des modèles à copier

En étant particulièrement à la bourre sur cet accueil de la maternité, la fédération française ne manque pas d’exemples sur lesquels s’appuyer pour structurer sa propre politique. Au dernier Euro par exemple, ce ne sont pas moins de six mamans qui garnissaient les rangs de la sélection islandaise. Par accord de circonstance avec les joueuses, la fédération avait accepté de prendre en charge la moitié des frais de déplacement et de logement des proches venus garder les nourrissons de moins d’un an. Ainsi le petit Ragnar, fils de Sara Björk Gunnarsdottir, avait fait chacun des déplacements avec son papa, autorisé à venir grossir les rangs du contingent nordique. Mais le modèle ultime, mentionné par Hervé Renard, reste les États-Unis.

La fédération américaine a créé sa première politique maternité en 1996 à l’occasion des Jeux olympiques d’Atlanta et continue de l’améliorer au gré des nouveaux petits arrivants. Dans sa dernière convention collective, parue en juin 2022, U.S. Soccer dédie tout un article à l’accueil des enfants, prévoyant notamment la prise en charge totale de jusqu’à trois baby-sitters par rassemblement pour les bambins de moins de cinq ans et le financement des voyages pour les enfants de 6 à 10 ans souhaitant faire le déplacement avec leur maman. Un encadrement que l’on pourrait retrouver un jour en équipe de France ? « On veut développer le football féminin alors il faut l’accompagner jusqu’au bout, prévient Amel Majri, qui souhaite ouvrir la voie. C’est des sacrifices, mais ce qui fera la différence, c’est l’environnement au quotidien. »

Sofoot.

 

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