Publié le 19 Jan 2012 - 18:24
MORT LORS DE MANIFESTATIONS

 Janvier, un mois funeste pour élèves et étudiants

 

Le mois de janvier est meurtrier pour les étudiants. Lundi dernier, Jean Michel Cabral, étudiant en 2e année en informatique appliquée à Sud informatique, a trouvé la mort à Ziguinchor, lors d'une énième grève revendicative au niveau de l'enseignement supérieur. L'étudiant a été fauché par les balles du militaire préposé à la garde du domicile du commandement de la Zone militaire 5.

 

Ce décès vient allonger la liste des étudiants qui ont trouvé la mort dans ce premier mois de l'année, lors de manifestations estudiantines. Car, en plus des 11, 19, 22 et 31 janvier, date de la mort de Balla Gaye, il faudra ajouter au tableau des journées noires (manière originale de commémorer la mort des étudiants), le 16 janvier qui marque la mort de l'étudiant étranger Jean Michel Cabral.

 

 

Cette mort tragique, il faut le dire, est symptomatique des tares de l'éducation nationale et plus particulièrement de l'enseignement supérieur. Car, à l'origine du mouvement d'humeur des étudiants, il y a certes, la protestation contre la grève des syndicats d'enseignants. Mais, surtout ces jeunes réclament depuis des jours, entre autres, l'augmentation du nombre d'enseignants, le paiement des arriérés de bourse et l'orientation de près de 200 nouveaux bacheliers laissés en rade.

 

La logique répressive face à ces doléances, en lieu et place de la concertation et du dialogue, renseigne sur l'impéritie des autorités incapables de trouver la parade face à cette crise multiforme. D'où le parti-pris du dilatoire et du pourrissement. ''Le mode de gestion des grèves d’élèves et d’étudiants par l’État qui a prévalu jusque-là est devenu classique. Ses phases constitutives sont : la répression, la négociation, l’intervention de médiateurs, des tentatives de corruption et enfin le dénouement'', écrit Arona Sy, maître assistant à la Faculté des sciences et technologies de l’éducation et de la formation de l'Ucad, dans une étude intitulée : ''Grèves scolaires et universitaires au Sénégal''.

 

 

Ainsi, cette mort de plus, cette mort de trop est l'aveu d’un échec. La faillite d'une politique éducative ''incohérente'', parasitée par l'immixtion de la politique, malgré les 40% du budget alloué au secteur. Car, les années académiques se suivent et se ressemblent depuis des décennies.

 

La lente et pernicieuse désagrégation des conditions d'étude dans les différentes universités et centres universitaires régionaux du Sénégal, en a fait des poudrières. Puisqu'à la surpopulation estudiantine, s'agrègent des conditions d'études exécrables dues au manque de salles de cours, à la dégradation des locaux. Que dire du manque d'enseignants dans les amphithéâtres ?

 

 

En attendant de trouver des réponses et des solutions, la ''gestion policière des crises'' enfile les morts comme des perles..., au mois de janvier.

 

 

Gaston COLY

 

 

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