Publié le 29 Aug 2012 - 23:01
OBJECTIF DE LA DIPLOMATIE SÉNÉGALAISE

Sauver Saliou Niang à tout prix

 

Prises de court par l'exécution des deux ressortissants sénégalais Tabara Samba et Djibril Ba, les autorités sénégalaises n'entendent pas assister impuissantes à l'exécution de Saliou Niang, un troisième ressortissant sénégalais ayant reçu la peine capitale en Gambie.

 

La pilule est amère et ne passera pas. À l'instar de la Présidence de la République qui a demandé au président gambien Yaya Jammey de surseoir à toutes les exécutions de personnes condamnées à mort, le Ministère des Affaires étrangères a fait cas de sa ''consternation'' et de son ''indignation'' devant ''une application de la peine de mort entourée d’opacité et à l’insu des autorités sénégalaises'', qui a conduit à l'échafaud neuf personnes condamnées à mort, dont deux Sénégalais, monsieur Djibril Ba et madame Tabara Samba, dans la nuit du 26 au 27 août 2012, en république de Gambie.

 

Selon le Ministère des Affaires étrangères, à travers un communiqué parvenu à EnQuête, en agissant ainsi, la Gambie a foulé au pied les principes ''du droit international, les usages internationaux et les obligations découlant notamment de la convention de Vienne de 1963 sur les relations consulaires''. La note dénonce l'attitude du dirigeant gambien qui n'a même pas daigné reculer devant ''l’esprit de bon voisinage devant prévaloir, en toute circonstance, dans les relations entre deux pays frères''. Étant entendu que Yaya Jammeh n'a ''pas jugé nécessaire d’informer, par les voies appropriées, les autorités sénégalaises compétentes'' de l'exécution des ressortissants sénégalais.

 

Par conséquent, ''le gouvernement sénégalais considère un tel fait comme très inamical''. D'ailleurs, le Ministère des Affaires étrangères renseigne que les autorités gambiennes n'en sont pas à leur premier fait d'arme. Puisque l'exécution des deux sénégalais ''s'inscrit dans une longue pratique des autorités gambiennes qui, en marge des principes les plus élémentaires du droit international, n’ont jamais daigné respecter leurs obligations en fournissant régulièrement les informations requises par le droit et la pratique, chaque fois qu’un ressortissant étranger fait l’objet, sur le sol gambien, d’une mesure de privation de liberté ou de condamnation par les voies judiciaires ou a fortiori d’une exécution capitale''.

 

Aussi, le ministre des Affaires étrangères Me Alioune Badara Cissé appelle-t-il Yaya Jammey ''au sens de la mesure et des responsabilités'', ''afin d’épargner la vie de Saliou Niang et, éventuellement, de tout autre ressortissant sénégalais condamné à mort en Gambie''.

 

Gaston COLY

 

 

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