Les volontaires communautaires se sentent lésés

Après la publication de la liste des candidats présélectionnés dans le cadre du programme de recrutement spécial de 2 000 enseignants pour résorber un gap, les volontaires communautaires des classes préparatoires ont affiché leur déception. Ayant servi dans les classes pendant cinq ans, ces moniteurs espéraient bénéficier d’une discrimination positive en leur faveur.
Le gouvernement du Sénégal a, face au manque criant d'enseignants dans les établissements scolaires publics, annoncé le recrutement de 2 000 enseignants pour combler le déficit. Celui-ci vient d’être effectif, avec la publication, à la fin du mois de mars, d'une liste des candidats présélectionnés dont les dossiers seront examinés avant validation définitive du choix porté sur leurs candidatures. D'ailleurs, un délai qui va du 26 mars au 3 avril prochain leur a été fixé pour le dépôt physique des dossiers des professionnels de l’éducation présélectionnés, après les candidatures enregistrées sur la plateforme mise en ligne par le ministère de l'Éducation nationale.
Seulement, cette publication de la liste des candidats présélectionnés ne fait pas que des heureux.
En effet, un millier d’enseignants ayant gratuitement servi dans les classes préparatoires depuis cinq ans se disent insatisfaits. Et pour cause ! Selon le coordonnateur national des Volontaires des classes communautaires à l'élémentaire (nouvelle dénomination des volontaires des classes préparatoires), Abdou Khadr Sène, malgré tous les efforts de ses collègues, le nombre de recrues provisoires dans leurs rangs ne fait pas 5 % des effectifs. Son inquiétude est qu’au moins 1 000 enseignants risquent de se retrouver au chômage.
Pourtant, dit-il, ‘’ce recrutement spécial devrait être une aubaine pour ceux qui ont encadré tant d’élèves gratuitement pendant des années‘’. Monsieur Sène ajoute que ces volontaires sont mieux habilités à enseigner, au vu de leur parcours et de leurs expériences professionnels pour tenir des classes à l’élémentaire et au préscolaire.
Selon lui «’’tous les volontaires communautaires qui étaient inscrits sur la plateforme n’ont pas été sélectionnés, soit à cause de leur âge qui dépasse les 35 ans requis dans le programme de recrutement soit leur niveau scolaire de Brevet de fin d’études moyennes (Bfem), diplôme avec lequel, ils ont été recrutés dans les classes préparatoires’’.
Le comble, à son avis, c’est de découvrir qu’au moment où les moniteurs volontaires ont été zappés pour la plupart de la liste, même ayant rempli les critères de présélection, ‘’des gens qui n’ont jamais servi y figurent’’.
D' après lui, si l’on en est arrivé-là, c’est parce que les autorités ont fait la sourde oreille face à leur demande de revoir les critères de sélection qui fixent à 35 ans par exemple la limite d’âge. «’’Beaucoup de volontaires des classes préparatoires communautaires ont été rattrapés par leur l'âge’’, puisqu’au moment d’intégrer les classes, ils avaient moins de 35 ans, mais les autorités n’avaient pas, dit-il, donné suite à leur demande d’intégration dans la Fonction publique jusqu’à ce que le dépassement de l’âge les handicape. ‘’Nous invitons au ministre de l'Éducation nationale de bien revoir la situation de ces vaillants ‘soldats de la craie’ qui, depuis plus de cinq ans, ont servi l'école sénégalaise sans rien recevoir en retour. Nous courons derrière trois mois de salaire. Personne ne peut nier l'impact positif de ces enseignants dans l'éducation nationale. Après la sélection finale, je vois clairement que beaucoup parmi nous quitteront les classes à cause du désespoir. Nous appelons également le président de la République et le Premier ministre de bien vouloir nous aider pour un avenir meilleur dans nos carrières’’, a-t-il conclu.
Alioune Badara Diallo Kane