Publié le 22 Jul 2025 - 19:42
SORTIE DU LEADER DU SÉNÉGAL BI ÑU BOKK

Barth sans gants

 

Lors de son point de presse tenu ce lundi 21 juillet 2025 à Dakar, le leader du mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk, Barthélemy Dias, a vivement réagi, entre autres, à la récente déclaration du Premier ministre Ousmane Sonko, qui dénonçait un "manque d'autorité dans le pays".

 

Pour   une   opposition   soudée   autour de   l'essentiel,   Barthélemy   Dias prouve qu'il a encore de la ressource. Mais pour l'ex-maire de Dakar, c'est la   dernière   sortie   du   chef   du gouvernement   qu'il   fallait   d'abord passer   à   la   loupe.   Pour   lui,   les propositions   du   Premier   ministre Ousmane   Sonko   traduisent   une certaine   maladresse   ou   plutôt   une méconnaissance   des   "textes fondamentaux"   régissant   une République. "Le Premier ministre ne devait pas dire cela. C'est lui le chef du gouvernement. Donc, il gouverne. Il   ne   comprend   pas   le   français   :   il voulait   dire   présider   ou   c'est   le président   qui   préside",   a-t-il   lancé, avant d'interpeller directement le chef de   l'État   :   "J'invite   le   président Bassirou Diomaye Faye à rappeler à son   Premier   ministre   qu'il   doit   se limiter   à   gouverner.   C'est   lui   le président que le peuple a choisi pour présider aux destinées du Sénégal."Barthélémy   Dias   est   également revenu   sur   l'arrêté   préfectoral annonçant sa révocation de la mairie de Dakar. Il estime que cette dernière est   sans   fondement   juridique,   car n'émanant   pas   d'un   décret présidentiel, comme l'exige pourtant la loi. "Monsieur le Président, je n'ai pas encore vu de décret. Je rappelle que,   sauf   en   cas   de   crime,   aucun maire ne peut être révoqué de cette manière.   Or,   il   n'y   a   eu   ni condamnation ni procédure judiciaire pour crime", a affirmé le maire déchu, interpellant le chef de l'État, Bassirou Diomaye Faye. Il dénonce un excès de   pouvoir   manifeste   de l'administration territoriale et l'invite à garantir   le   fonctionnement   normal des institutions. Barthélémy   Dias   n'a   pas   manqué, lors de sa sortie, de commenter ces interdictions   d'accès   aux   salles d'hôtel. Pour lui, "nous sommes dans le même schéma qu'hier". Dias   fils   a   ainsi  dit   avoir cherché,   en   vain,   un   réceptacle mieux   adapté   pour   tenir   sa conférence   de   presse.   Mais   selon ses   dires,   plusieurs   dirigeants   de l'opposition,   souhaitant   tenir   des rencontres politiques dans des hôtels de   Dakar,   se   heurtent   à   des   refus catégoriques.   L'ancien   maire   de Dakar   évoque   des   pressions invisibles, mais manifestes. "On leur a demandé de ne plus nous louer de salles pour tenir nos rencontres. Je ne   suis   pas   le   seul   dans   cette situation.   Beaucoup   de   dirigeants politiques   de   l'opposition   vivent   la même   chose",   a-t-il   affirmé.   Il dénonce   un   bras   de   fer   silencieux. entre   les   autorités   et   les établissements   hôteliers.   Toutefois, M.   Dias   souligne   comprendre   la position   des  hôteliers.   Il   interpelle directement   le   président   de   la République.   "Je   lui   rappelle   qu'on était ensemble et qu'on était victimes du même traitement. Il ne doit plus l'accepter.   On   ne   doit  pas  nous interdire   l'accès   aux   salles   de plusieurs   hôtels,   simplement   parce que nous sommes dans l'opposition", a   ajouté   le   leader   du   mouvement Sénégal Bi Ñu Bokk.Enfin, il a annoncé la mise en place prochaine   d'une   vaste   coalition regroupant des acteurs politiques de tous   bords   et   des   membres   de   la société civile. Une société civile qu'il a défendue avec fermeté. "Elle n'est pas constituée de 'fumiers'. Ce sont de   dignes   fils   de   ce   pays,   qui   ont largement   contribué   aux   avancées démocratiques du Sénégal. Ceux qui disent   le   contraire   font   preuve d'hypocrisie", a-t-il  martelé,   ajoutant que   certains   politiques   auraient même   besoin   d''accompagnement psychologique ou psychiatrique".

Mamadou Diop

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