30 familles déplacées ont reçu des kits de construction

Dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance, des familles déplacées ont reçu, vendredi dernier, dans la commune de Tankanto Escale, des matériaux de construction pour faciliter leur réinstallation dans leurs localités d’origine.
L’État du Sénégal a offert 45 millions de francs CFA à la commune de Tankanto Escale, dans le département de Kolda) sous forme de kits de construction. Elle est destinée à faciliter la réinstallation et la réinsertion sociale de trente familles déplacées dans leurs localités d’origine, ravagées par les combats et l’implantation de mines. Cet important appui de l’État s’inscrit dans le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma).
Cette initiative fait partie de la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance, qui place au cœur de ses priorités l’accompagnement des populations déplacées du Centre-Sud vers un retour durable et sécurisé dans leurs localités d’origine. Un geste qui redonne espoir et dignité à ces familles éprouvées par des années d’exil.
‘’Cet appui arrive à son heure. Il nous rend notre dignité, après de longues années de souffrances. Cet événement marque un tournant important dans notre vie. Car, depuis plusieurs années, nous avons abandonné nos champs, nos plantations d’anacardes, nos rizières et nous sommes partis sans rien emporter. Le vœu le plus cher, en ce moment, était de sauver nos vies et celles de nos familles’’, a déclaré ému Seydou Diao, porte-parole des familles bénéficiaires.
Le maire de Tankanto Escale, Boun Oumar Dia, a salué cette action du Puma, qu’il a qualifiée de ‘’geste concret et porteur d’espoir’’. Il a également plaidé en faveur du désenclavement de la zone et de son électrification, soulignant la position stratégique de sa commune, située à la frontière avec la Guinée-Bissau. Il a mis l’accent sur la nécessité d’investissements pour dynamiser l’économie rurale, insistant sur les ressources agricoles et humaines qui, bien exploitées, pourraient fortement contribuer à l’atteinte de la souveraineté alimentaire nationale.
Ce geste fort de l’État, au-delà de son aspect matériel, redonne espoir et dignité à des familles éprouvées par des années d’exil. Il témoigne d’une volonté affirmée de tourner la page du conflit en Casamance par des actions concrètes en faveur du développement et de la paix.
Le directeur technique de l’Agence nationale pour la relance des activités économiques et sociales en Casamance (Anrac), Ismaila Diédhiou, n’a pas manqué d’exprimer son soutien à cette dynamique de retour des populations déplacées. Il considère ce geste comme un levier essentiel pour la stabilité et la sécurité durables dans la région.
Par ailleurs, le Programme d’urgence de modernisation des axes et territoires frontaliers (Puma) ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Il prévoit d’autres actions à fort impact dans la zone, notamment la construction d’un poste de santé à Bani Diega et l’agrandissement de l’école de Sare Diamboulou, qui bénéficiera également d’une clôture pour améliorer les conditions d’apprentissage des élèves.
NFALY MANSALY