Publié le 29 Nov 2012 - 07:20
RDC

Polémique autour de la page Facebook du M23

 

Les rebelles du M23 ont bien compris qu'en 2012 toute bataille sur le terrain se menait également sur la Toile. Possédant déjà un site internet, les hommes de Sultani Makenga ont désormais investi le réseau social Facebook pour communiquer. Alors que le nombre de leurs abonnés a presque triplé depuis la prise de Goma, dans le camp adverse des voix s'élèvent pour demander à l’équipe de Mark Zuckerberg de supprimer la page du M23.

 

Plus de 10 000 personnes en parlent sur la Toile. Avec le succès militaire sur le terrain matérialisé mardi 20 novembre par la prise de la ville de Goma, la page Facebook du M23 ne cesse de prendre de l’ampleur. Lancée timidement le 8 juillet, elle compte à ce jour plus de 7 000 fans. Les rebelles y diffusent essentiellement, en swahili, les nouvelles du front mais aussi des railleries et messages ciblés à l’attention des autorités congolaises.

 

La stratégie de communication du mouvement rebelle sur le réseau social est simple. Chaque jour, un ou deux « posts », teintés d’une dose de polémique. Un cocktail bien mesuré pour déclencher l’avalanche des commentaires dans tous les sens. Illustration d’un statut de la page traduit du swahili (voir capture d'écran ci-dessous) : « Jean-Marie Runiga, le président [coordonnateur politique, NDLR] du M23, vient de déclarer que nos troupes sont prêtes à se retirer de la ville de Goma mais sous certaines conditions. Il y en deux principalement : l’arrestation de John Numbi et la liberté de mouvement à Tshisekedi. Est-ce que Kabila acceptera ces exigences ? »

 

Si au front, les FARDC ne parviennent pas à résister aux rebelles du M23, certains internautes congolais sont décidés à leur barrer la route sur le terrain virtuel. Des tweets et des groupes se multiplient sur Twitter et Facebook pour « signaler » la page du M23 comme étant « un contenu qui ne devrait pas apparaître » sur le réseau social.

 

« Je ne peux pas comprendre que les rebelles qui ont déplacé des populations et qui se sont rendus responsables de plusieurs exactions sur des civils puissent avoir une page facebook », s’insurge Kambala Musavuli, porte-parole de Friends of Congo, une ONG basée à Washington. Et l’ambassade de la RDC n’hésite pas à relayer le message sur son compte twitter.

 

Ces signalements suffiront-ils pour fermer le compte du M23 sur Facebook. Pas évident, le réseau social américain n'a pas la réputation de se laisser dicter sa politique de gestion des contenus.

 

 

JeuneAfrique

Section: 
FRONTIÈRE GAMBIE-SÉNÉGAL 20 anciens piliers coloniaux retrouvés
RDC : Un incendie dans une école à Bukavu tue au moins 25 enfants
SANCTIONS AMÉRICAINES CONTRE LA COUR PÉNALE INTERNATIONALE : Washington frappe la CPI, Dakar en première ligne
NATIONS UNIES : Les favoris trébuchent, Macky Sall s’accroche
COURSE AU SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE L’ONU : Macky Sall reste à six voix au deuxième vote indicatif
ONU - COURSE À LA SUCCESSION DE GUTERRES : Une 8e candidate entre en lice
GUINÉE - SÉCURITÉ ET POUVOIR : Retour de Doumbouya à Conakry, sur fond de rumeurs dans les casernes
GUINÉE : FACE À LA MENACE TERRORISTE : L’urgence de s’attaquer aux vulnérabilités internes
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL ONU : Comment la campagne de Macky Sall espère rebondir
RÉGIME MILITAIRE ET DÉMOCRATIE : Sale temps pour les libertés en Guinée
Boubacar Seye sur Ceuta
SUCCESSION D'ANTÓNIO GUTERRES À LA TÊTE DE L'ONU : Rebeca Grynspan prend les devants, Macky Sall rate son entrée
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES : Les choses sérieuses démarrent
SUCCESSION AU SOMMET DE L’ONU L’Ouganda lance Olara Otunnu et défie Macky Sall
SUCCESSION D’ANTÓNIO GUTERRES : Macky Sall veut remettre l’ONU au centre du jeu
THOMAS PESQUET À DAKAR : L'envol de la filière spatiale !
LE SÉNÉGAL À LA TÊTE DE LA CEDEAO : Un succès diplomatique sur fond de crise régionale
MALI : Au Mali, au moins 50 militaires tués dans une attaque d’indépendantistes et de djihadistes
AFRIQUE DE L’OUEST ET DU SAHEL : Comment le terrorisme change de visage
MALI – AVENIR SECURITAIRE DE L’AFRIQUE DE L’OUEST : L’épreuve du feu entre les FAMa et l’hydre djihadiste