Publié le 19 May 2025 - 16:42
VOL DE BÉTAIL, DJIHADISME AU MALI…

Le marché du bétail en crise dans les zones centre et nord du pays

 

À un peu moins d'un mois de la fête de Tabaski, les foirails sont peu approvisionnés en bétail, du fait notamment de la crise au Mali et du phénomène de vol de bétail qui affectent. Dans la zone Kaolack, Kaffrine et Linguère, le constat est presque identique.

 

La situation est très tendue sur le marché du mouton. D’après Aliou Sow, secrétaire général de l’association d'éleveurs Hoderé Aynabé, il y a de réelles inquiétudes sur l'approvisionnement en moutons du marché, cette année.

Selon M. Sow, il n'y a pas à se leurrer. Le constat sur le terrain donne plutôt l'impression qu'on est encore bien loin de la Tabaski. “À pareille période de l'année dernière, les troupeaux de moutons et de chèvres avaient envahi les quartiers et les grands marchés de vente de bétail”, témoigne-t-il. 

Mais qu'est-ce qui explique donc cet approvisionnement timide du marché ? À entendre Aliou Sow, il y aurait plusieurs raisons. L'une d'elles, c'est la dégradation de la situation sécuritaire au Mali qui fait partie des principales sources d'approvisionnement. “D'abord, les bergers maliens n’ont plus suffisamment de bêtes à cause de cette crise qui perdure depuis des années. Aussi, les opérateurs sénégalais qui partaient au Mali pour s'approvisionner ont maintenant peur de s'y rendre. Cela impacte globalement le marché du mouton au Sénégal, même en dehors de cette période de Tabaski" renseigne le SG de cette organisation basée au Saloum. Il cite le foirail de Missirah Wadène qui, à pareille date, recevait des milliers de bêtes. 

Pertes daffluence des troupeaux à Dahra Djoloff, Missirah Wadène

Cette crise dans les foirails s’étend au-delà de la zone centre.  Réputé pour son marché généralement bien ravitaillé en moutons, avec des prix assez accessibles pour le Sénégalais moyen, le nord du pays n'est pas épargné par les tensions. Nous avons pu échanger avec Ali Kobar, secrétaire général de la Fédération nationale pour le développement de l'élevage. Il revient sur la situation dans le Djoloff connu comme un bastion de l'élevage sénégalais. “La situation est si tendue. À Linguère, par exemple, à pareille heure, on pouvait se payer un bon bélier avec 70 000 F CFA. Là, il en faut bien plus. La même situation  est vécue à Missirah (frontière Kaffrine-Tambacounda) qui est un autre grand marché", a-t-il justifié.

Il se réjouit toutefois de l'arrivée de quelques vagues en provenance de la Mauritanie. 

Le même constat a aussi été fait, selon lui, au niveau du grand marché de Dahra Djoloff, qui est comme une capitale de l'élevage au Sénégal. Ici, la principale raison invoquée pour expliquer la rareté, c'est le phénomène du vol de bétail. “Chaque année, le marché hebdomadaire de Dahra Djoloff débordait de bêtes et d'acheteurs. Les véhicules en provenance de Dakar  et d’autres grands centres urbains envahissaient les lieux. Mais là, l'activité tourne au ralenti. Les opérateurs et les acheteurs sont aux abonnés absents”, constate M. Kobar pour le regretter. Une situation qui s'explique essentiellement par le vol de bétail. “Beaucoup d'éleveurs ont peur d'élever une grande quantité de bêtes, par crainte de ce fléau”, souligne le responsable. 

Il faut noter que ce marché et celui de Missirah Waden font partie des plus importants, pour ne pas dire les plus importants où allaient se ravitaillaient beaucoup d'opérateurs. Monsieur Kobar plaide pour une prise en main de la situation par les autorités, afin de soustraire le marché sénégalais de la dépendance des autres pays. Mais cela passera par la lutte contre le fléau “dévastateur” du vol de bétail.

Alioune  Badara Diallo Kane

Section: 
CLÔTURE DE LA 4e CONFÉRENCE NTA AFRICA : Le travail de soins non rémunéré au cœur de l’agenda politique africain
MAGAL DE TOUBA 2026 : À Thiès, chauffeurs et autorités misent sur la prévention routière
Patrouille à la frontière sénégalo-gambienne
DROITS DE L'HOMME : Après 25 ans, la CNDH renoue officiellement avec le Palais
COOPÉRATION SÉCURITAIRE : Dakar et Paris renforcent leur coordination en vue des JOJ 2026
GAMOU DE NDIASSANE : Les assurances du gouverneur Saër Ndao
LES MEILLEURS ÉLÈVES DU SENEGAL CELEBRES : Diomaye fait de l'École son premier chantier stratégique
SAINT-LOUIS – RIPOSTE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES : La biodiversité érigée en première ligne de défense
FONDS POLITIQUES : Le Forum du justiciable interpelle le gouvernement
Lutte contre le trafic de stupéfiants
Magal Touba
POLLUTION INDUSTRIELLE À SANDIARA : Le mouvement « Pour l’intérêt de Sandiara » porte plainte contre X
Licenciements dans le secteur public
REMOUS À LA SN HLM : Les coulisses de la réintégration des 9 agents
L’AFRIQUE À L’HEURE DE LA “DRONISATION” : Entre quête de souveraineté et nouvelles dépendances
DROITS HUMAINS : Les victimes de la répression de 2021-2024 saisissent les Nations unies
Kédougou - tuberculose
ESCROQUERIES EN LIGNE : Jusqu'à 114 milliards de dollars perdus en une année
Fonds d'appui et de développement de la presse
CHANGEMENT CLIMATIQUE À THIÈS : Six quartiers misent sur la nature pour mieux faire face aux inondations