La France reporte la fin de l'opération Serval, Le Drian annule sa visite
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Le dispositif militaire français devait basculer vers le Sahel. Les affrontements de Kidal poussent à retarder l'opération de quelques semaines.
Le regain de tension dans le nord du Mali, où des affrontements ont fait une quarantaine de morts samedi, a contraint Paris à repousser de plusieurs semaines le basculement de son dispositif militaire de l'opération Serval vers le déploiement de 3 000 soldats dans la zone sahélienne. "Compte tenu des circonstances de ces dernières 48 heures, l'opération de bascule du dispositif Serval vers le dispositif des forces françaises en bande sahélo-saharienne doit être décalée de quelques semaines", a indiqué mardi l'entourage du ministre de la Défense.
La visite de Jean-Yves Le Drian au Mali et au Tchad prévue le week-end prochain a du même coup été annulée. Le ministre de la Défense devait présenter à cette occasion le nouveau dispositif français dans la région. Soit un effectif d'environ 3 000 hommes qui seront répartis notamment au Mali, au Tchad et au Niger.
Outre la détérioration de la situation au Mali, la Défense à justifié cette annulation par l'adoption, lors du sommet sur le Nigeria qui s'est tenu samedi à Paris, "de mesures visant à renforcer la coopération internationale contre le groupe islamiste Boko Haram" et "l'engagement de la France à apporter son soutien à ces mesures, notamment à partir de son dispositif régional en cours de mise en place au Tchad".
Le contingent français à Kidal, théâtre des affrontements meurtriers de samedi entre l'armée malienne et les rebelles touareg du MNLA, devait être légèrement renforcé dans la journée. Selon l'état-major des armées, une trentaine de soldats supplémentaires rejoindront le détachement en place, portant leur effectif total à "un peu moins d'une centaine d'hommes".
"On envoie du monde pour avoir plus de souplesse", a indiqué le porte-parole de l'état-major, le colonel Gilles Jaron. Il s'agit d'«avoir des capacités qui permettent de réagir» en cas de besoin dans cette période de tension.
AFP