Publié le 17 Mar 2025 - 16:45

Youm, vous êtes aux antipodes de la Vérité

 

Comment appelle-t-on quelqu’un qui ne dit pas la vérité ?

Vous et votre pouvoir injuste et brutal aviez arrêté plus de 1 900, des jeunes, des femmes, des vieux, des étudiants, disons des sénégalais engagés, dignes et courageux.

Pour les plus de 80 morts, vous n’avez été à l’enterrement d’aucun d’entre eux.

Lorsque vous étiez encore Président de Groupe parlementaire, nous avions eu opportunément l’occasion de demander une minute de silence en mémoire aux morts et personnes disparues, y compris les cas Fulbert Sambou et Didier BADJI. Vous, Youm, aviez craché sur cette requête pourtant humaine, avant de confirmer votre posture d’indifférence et de mépris en refusant de vous lever.

Vous, Youm, même étant éphémère Ministre des Forces armées (MFA), qu’avez-vous posé comme acte devant le mystère de la disparition tragique de Fulbert et Didier, des hommes de la troupe en service actif ?

Et j’espère que des députés courageux parviendront à vous faire comparaitre et vous entendre sur les raisons qui se cachent derrière cette passivité d’un MFA, devant la disparition trouble de personnel militaire. Une inaction et une indifférence coupables que l’histoire du Sénégal retiendra ! 

Ensuite vient la loi d’amnistie, qu’aucun député Pastef n’a votée à l’inverse des votres qui dans leur intégralité l’ont approuvée, l’ont votée. Pour couvrir qui ? Dans l’intérêt de qui ?

En rappel, vous nous avez jugé, à l’Assemblée nationale. Oumar Youm, vous nous avez traité de criminels. Vous insistez d’ailleurs sur cette accusation contre nous aujourd’hui encore.

Avoir le toupet de nous faire une si belle tirade relève plus encore « de la bêtise et du cynisme », pour vous citer.

Je répète, la loi d’amnistie, aucun député Pastef ne l’a votée car notre position invariable était que les crimes de sang ne devaient être excusés par une loi d’amnistie.

Nous ne l’avons pas votée car nous réclamons la justice pour les victimes et pour la conscience de notre peuple, quand bien même l’auteur du crime serait de notre camp.

ET SURTOUT NOUS NE L’AVONS PAS VOTEE MALGRÉ VOS NÉGOCIATIONS ET VOS MENACES.

Je rappelle qu’en cette circonstance, un de vos responsables m’avait dit que si nous ne votons pas favorablement la loi, vous alliez la retirer. Notre réponse catégorique et ferme a été : reprenez votre loi car nous ne la voterons pas.

L’histoire est trop récente pour être oubliée, pour que vous ne l’effaciez avec votre grossier système de fabrication de contre-vérités et de mensonges.

En votant cette loi, c’est vous, vos députés et le pouvoir que vous avez incarné, qui avez tenté de tirer la couverture de l’impunité au profit des véritables délinquants, auteurs d’actes de violences physiques et morales inouïes.

En agissant, vous avez fini de démontrer votre statut peu glorieux de pourfendeur de la République, pour l’avoir fendue dans la défense et la protection de criminels violents.

Et au mépris des principes et règles de la présomption d’innocence, vous accusez des milliers de personnes.

Un commanditaire, un complice, un criminel, un meurtrier, ce n’est pas à un avocat qui connaît son rôle et qui respecte le sacro-saint principe de la présomption d’innocence qui va urbi et orbi en décider.

Notre logique reste qu’aucun crime de sang ne sera éteint par la loi d’amnistie. Une loi est faite pour protéger une victime et non pour protéger un délinquant des conséquences de son forfait.

Cela l’esprit le plus simple du monde qui l’entend, peut relever sans effort la logique, la cohérence et la constance de notre position jadis défendue et toujours maintenue.

Les criminels de sang doivent faire face à leurs crimes. 

Dans cette attente, Youm, qui êtes-vous vraiment ?

Un si petit texte, un nombre si important de gros mots et d’accusations infondées et ridicules.

Maitre, vous devez mettre de la sagesse dans vos mots. Cela complète l’intelligence.

*Par Birame Souleye DIOP*
*Ministre de l'énergie, du Pétrole et des Mines*

Section: 
CULTURE AU SÉNÉGAL : Une puissance créative entravée par ses propres failles
Les mineurs artisanaux africains méritent le développement, pas l’effacement
LE SÉNÉGAL DEVANT UN DÉTROIT D’ORMUZ FINANCIER : Explication métaphorique des TRS
L’ÉCONOMIE DES SOINS : Une condition d’autonomisation économique des femmes et de prospérité partagée au Sénégal
SÉNÉGAL–FMI Entre souveraineté proclamée et dépendance réelle
SONKO–DIOMAYE : Pourquoi la coopération vaut mieux que la rivalité
UNE DÉCISION JURIDIQUEMENT INDÉFENDABLE Pourquoi le Tribunal Arbitral du Sport annulera le forfait infligé au Sénégal
Qui dirige le Sénégal ?
NOS RESSOURCES NE DOIVENT PLUS ENRICHIR LES AUTRES. “L’Afrique doit servir d’abord les Africains”
DIOMAYE–SONKO ET LA TECTONIQUE DU POUVOIR : Quand les fissures du sommet traversent l’État
LA PAGE DE “L’AFFAIRE SOFTCARE” TOURNÉE : Les consommatrices soulagées
SÉNÉGAL : De nouveau sur la nécessaire et urgente refondation des institutions
(SUR)IMPOSITION DES RAPPELS DES ENSEIGNANTS, ENTRE FANTASMES, AMALGAMES ET COMMUNICATION HASARDEUSE : Des solutions à portée
PAYER LA BOURSE, STABILISER LE CALENDRIER UNIVERSITAIRE La réforme de l’enseignement supérieur et le défi du service public
Pour un Nouveau Modèle Pédagogique des Programmes d’Enseignement dans les Universités et des Instituts Supérieurs de Formation au Sénégal.
Le bruit autour de la fresque de Papa Ibra Tall à Thiès ne valait pas la peine
L’affaire Doudou Wade ou la frontière mouvante entre la parole politique et l’ordre public
La restructuration de la dette publique est-elle une solution face à la crise de l’endettement ?
NÉCROLOGIE : Christian Valantin : mémoire de notre histoire institutionnelle et diplomatique et emblème de l’unité culturelle du Sénégal
DIOM, FOULLA AK FAYDA : L’ADN immuable du sport sénégalais