Publié le 4 Oct 2012 - 11:05
ALLÉGATIONS TENDANCIEUSES CONTRE L'ANCIEN RÉGIME

La famille Wade dépose une plainte

 

 

S'estimant «bafouée, insultée et humiliée», l’ex-famille présidentielle (Me Abdoulaye Wade, son épouse Viviane, son fils Karim et sa fille Syndiély) porte plainte contre le nouveau régime de Macky Sall. Déclenchée depuis Paris par de célèbres « robes noires », la procédure judiciaire est en cours.

 

L'ancien président de la République du Sénégal, Me Abdoulye Wade, est très amer. Depuis sa résidence de Versailles, il s'énerve devant ses visiteurs : "Je ne suis ni Ben Ali, ni Sani Abacha, encore moins Mobutu". Il faut dire que « les accusations sans fondement » du nouveau régime (vol de voitures, d'œuvres d'art, de meubles et de tapis ; détournement d'argent ; pillage des ressources financières du Sénégal ; octroi de terrains et biens mal acquis) lui ont fait très mal. Joignant l’acte à la parole, Me Wade a fini de consulter une vingtaine d'avocats (Amérique du Nord, Europe, Pays Arabes, Asie et Sénégal) pour engager une action contre l'Etat du Sénégal et demander réparation pour le « préjudice grave » qu’il a subi avec sa famille.

 

D'ailleurs, l'ancien Président a jugé utile de prolonger son séjour en France pour finaliser la plainte et lancer la procédure. Pour dire qu’il ne viendra pas de sitôt au Sénégal. Si la faisabilité de cette action en justice est acquise, les avocats étudient maintenant la possibilité de porter plainte à titre personnel contre plusieurs personnalités du nouveau régime comme étant à l'origine de ces accusations. Il s’agit du Premier ministre Abdoul Mbaye ; du Secrétaire général de la Présidence Aminata Tall ; du ministre de la Justice Aminata Mimi Touré ; du Secrétaire général du ministère de la Justice Mansour Tall et du porte-parole de la Présidence Abou Abel Thiam.

 

La liste n’est pas exhaustive. Cette affaire est exclusivement gérée par le patron du Pds. "Ses proches ne sont en rien impliqués afin qu'il n'y ait pas de représailles contre eux au Sénégal", avance-t-on du côté de Paris. Les avocats sont des stars des barreaux dans leurs pays respectifs. Il y a aussi des Sénégalais et des Africains parmi les enrôlés. Mais, « par pure stratégie », notre source, fraîchement rentrée de Paris, refuse d’en dire plus. Non sans faire une précision de taille : "Il n’est vraiment pas question d'une action politique car Macky Sall a été épargné par la procédure. Il s'agit plutôt pour une famille de laver son honneur et de rétablir la vérité au nom de la République, de la démocratie et de la justice".

 

Chose cocasse, le gouvernement du Sénégal, qui piétine avec les audits, éprouve encore de la peine à édifier l’opinion sur le montant de nos francs détournés, volés et pillés dans le budget. En tout cas, cette procédure est une première mondiale. Car, les plaintes seront déposées dans les tribunaux de plusieurs pays « pour permettre au nouveau régime de faire valoir ses preuves qui tardent à sortir depuis six mois ».

Le Pays au Quotidien

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